De Strasbourg à Mulhouse, la recherche s’unit pour concevoir l’après- PFAS. A Nancy, Game in France relocalise la fabrication de jeux de société. L'Alsacienne Cefa Aviation rachetée par OpenAirlines. Laurent Gless, nommé directeur de l’usine Arkema de Carling-Saint-Avold en Moselle. Sesab (bungalows de chantiers et d’événements) rejoint le Nîmois Sebach. Union entre la Banque des territoires et la CCI pour l’économie de la Meuse et de la Haute-Marne.

De Strasbourg à Mulhouse, la recherche s’unit pour l’après- PFAS  

Le développement de revêtements alternatifs aux PFAS, les « polluants persistants », va trouver en Alsace un pôle de recherche de premier plan. Trois laboratoires de la région, du CNRS, associés au centre technique des industries mécaniques Cetim, annoncent unir leurs compétences dans cette quête au sein d’un consortium monté par le Carnot MICA. Le Laboratoire d’Innovation Moléculaire et Applications (LIMA) de Strasbourg procède à la synthèse des molécules contenant le fluor habituellement constitutif des PFAS, mais alternatifs à ceux-ci. L’Institut de Science des Matériaux de Mulhouse (I2SM) prend le relais pour étudier les formulations mises au point et les transformer en revêtements. L’Institut Charles Sadron (ICS) strasbourgeois évaluera les propriétés tribologiques (comportement en surface) et mécaniques des nouveaux matériaux, comme leur stabilité à l’exposition à différentes températures, leur résistance chimique et la qualité des frottements qui est source de perte en efficacité des revêtements et donc de coûts induits. « Dans un premier temps, ces recherches portent d’une part sur la diminution de l’usage du fluor, d’autre part sur les moyens de « casser » la liaison entre lui et le carbone de sorte à concevoir une chaîne polymère avec un autre atome. La nouvelle liaison chimique pourra  ainsi être  dégradée et ne libèrera plus un polluant persistant. Dans un second temps, les travaux visent à concevoir des monomères non fluorés », décrit Christian Gauthier, professeur à l’ICS.

Trois thèses structurent ainsi les travaux, deux lancées depuis novembre « conception de monomères fluorés non-PFAS et étude de leur polymérisation selon différentes méthodologies », et « performance tribologique », puis à partir de fin 2026 sur les monomères non-fluorés. Le Cetim vient apporter ses expertises en matériaux et il assure la relation avec un industriel qu’il a amené dans le programme, APS Coating Solutions en région parisienne. « Les premiers matériaux à tester devraient être disponibles dans six mois, les essais actuels sur les revêtements d’APS Coating Solutions visent à identifier les performances à atteindre pour qu’ils deviennent une solution alternative », complète Christian Gauthier. Le programme mobilise ainsi 15 ingénieurs, chercheurs et doctorants du CNRS. Il est doté de 900.000 euros. Il devrait s’achever en 2028 pour cette première phase.  Les PFAS, dont le Téflon est le revêtement le plus connu qui les contient, font l’objet d’une interdiction progressive à compter de cette année. Or, ils restent d’un usage précieux pour différentes applications (industrie pharmaceutique, mécanique, textile technique) justifiant les travaux pour en trouver des alternatives. M.Noyer

 

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A Nancy, Game in France relocalise la fabrication de jeux de société 

Game in France
L’éditeur lorrain de jeux BlueOrange est un des actionnaires de la nouvelle société Game in France. © Blue Orange

   

Les éditeurs de jeux de société ont désormais la possibilité de faire fabriquer leurs créations ludiques en France, plus précisément à Houdemont (Meurthe-et-Moselle), dans l’agglomération de Nancy. Après avoir mûri pendant trois ans ce projet d’investissement de 5,5 millions d’euros, la jeune société Game in France démarre ses lignes de production ce printemps 2026. L’entreprise fondée en 2024 par l’éditeur de jeux lorrain Blue Orange, son homologue toulousain Abeilles, L’Est Républicain (groupe Ebra) et Hugues Baechel, l’ancien directeur de l’usine nancéienne France Cartes, compte produire 1 million de boites de jeux pour sa première année. Afin de lancer plus rapidement sa production, elle a pris ses quartiers dans l’ancienne halle de stockage des bobines de papier du quotidien régional. « Il s'agit d'un beau projet de relocalisation d’activités qui étaient sous-traitées en Chine ou en Pologne », se félicite Timothée Leroy, président de Blue Orange, une société de 60 personnes. Cet investissement a été rendu possible via une ouverture de capital associant les business angels régionaux de Yeast, le fonds Groupe ILP, ainsi qu’une dizaine de petits investisseurs issus de la filière (éditeurs de jeux, imprimeur, etc.). Le site emploiera au démarrage dix personnes dont plusieurs anciens salariés de France Cartes dont la production a été transférée en Espagne en 2023 par son actionnaire Cartamundi. P. Bohlinger  

L'Alsacienne Cefa Aviation rachetée par OpenAirlines 

Cefa Aviation, société de Colmar (Haut-Rhin) spécialisée dans l’animation 3D des données de vol (20 salariés, chiffre d'affaires de 2,8 millions d'euros) vient d'être reprise par OpenAirlines. Cette entreprise toulousaine qui emploie 112 salariés et réalise  un chiffre d'affaires de 12 millions d'euros, s’affirme comme le leader mondial des solutions logicielles dédiées à l’éco-pilotage aérien. Son logiciel SkyBreathe a été adopté par plus de 80 compagnies aériennes dans le monde, dont easyJet, DHL, Air France et Korean Air. En réunissant sa solution digitale et celle de Cefa Aviation, OpenAirlines veut répondre à trois défis majeurs pour les compagnies aériennes : améliorer la sécurité des vols via la formation et l’auto-apprentissage, réduire la consommation de carburant et les émissions de CO₂, et harmoniser les outils et les données pour le dialogue entre les équipes. Désormais, le groupe représente un revenu récurrent combiné d’environ 15 millions d’euros.  J.Giorgi

Laurent Gless, nommé directeur de l’usine Arkema de Carling-Saint-Avold en Moselle 

Arkema Gless
Laurent Gless a été en fonctions chez ArcelorMittal en Lorraine et Framatome en Saône-et-Loire. © DR

Laurent Gless est, depuis le début de l'année, le nouveau directeur du site Arkema sur la plateforme chimique de Carling-Saint-Avold (Moselle). Ingénieur diplômé de l’École des Mines de Nancy, âgé de 59 ans, il a débuté sa carrière industrielle en 1991 chez ArcelorMittal pour y occuper des fonctions de responsabilité, dans le laminage à froid et à chaud, le finissage et les ressources humaines. Il a dirigé successivement les usines de Bettembourg (Luxembourg) et de Gandrange (Moselle). Entre 2015 et 2020, il a également conduit l'usine Ascometal d’Hagondange (Moselle), aujourd'hui fermée. Dernièrement, il travaillait chez Framatome, en tant que directeur des unités du Creusot puis de Saint-Marcel (Saône-et-Loire).  Le site de Carling-Saint-Avold emploie 380 personnes dans la production d’acides acryliques et de monomères acryliques, des substances employées dans l’élaboration de peintures, vernis, adhésifs, le traitement des eaux, ou encore la synthèse de polymères de spécialité. P. Bohlinger

 
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Sesab (bungalows de chantiers et d’événements) rejoint le Nîmois Sebach

La société Sesab qui assure la location, l’installation et l’entretien de bungalows, de sanitaires et de barrières sur les chantiers et lieux d’événements intègre sa consoeur Sebach, spécialiste des solutions sanitaires mobiles. Créée en 2005, elle emploie 10 salariés répartis entre ses deux agences de Strasbourg et Belfort-Danjoutin. La gamme d’équipements qu’elle propose comprend des installations sanitaires autonomes et raccordables, des vestiaires, des réfectoires, des constructions modulaires ainsi que des roulottes événementielles, pour une clientèle privée ou publique. La PME qu’elle rejoint est basée à Nîmes (Gard) et compte une centaine de collaborateurs, pour un chiffre d’affaires établi à 22 millions d’euros en 2024. Elle-même appartient depuis quatre ans au groupe Toi Toi & Dixi. Le rachat de Sesab permet à Sebach de consolider sa présence dans l’Est de la France, après des déploiements dans le sud du pays l’an dernier par la création de nouvelles agences à Nice, Agen (Lot-et-Garonne) et Toulouse. « L’acquisition s’inscrit aussi dans notre volonté d’élever nos standards de service », précise Bruno Diss, directeur général de Sebach France.  M.Noyer

 

 

Union Banque des territoires et CCI pour l’économie de la Meuse et de la Haute-Marne 

Convention CCI Meuse
La convention a été signée par Mélanie Villiers (3ème à gauche) directrice Grand Est de la Banque des Territoires et Richard Papazoglou (à ses côtés), le président de la CCI Meuse Haute-Marne. © CCI Meuse Haute-Marne

L’action conjointe pour le développement économique de la Meuse et de la Haute-Marne motive la convention signée début mars par la CCI commune aux deux départements avec la Banque des Territoires. Une priorité ira à la constitution d’une foncière « de redynamisation territoriale », sur le modèle des 90 impliquant l’entité de la Caisse des dépôts en France, dans l’objectif de lutter contre la vacance des commerces et de remettre sur le marché des bâtiments inoccupés. Les deux partenaires soutiendront également les projets immobiliers et d’activité artisanale et travailleront à l’anticipation des besoins en logements des salariés. Le territoire de la Meuse et de la Haute-Marne est appelé à une profonde mutation avec la préparation, le chantier puis la mise en service du centre souterrain de déchets nucléaires de longue durée Cigeo à Bure, à l’intersection des deux départements.  M.Noyer    

 

   

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