L’usine chimique Tronox en Sud-Alsace obtient 4 millions d’euros d’aides pour sa décarbonation. John Cockerill dévoile son premier stack polymère pour l’hydrogène assemblé à Belfort. Un consortium de douze acteurs autour de 2CRSI se place pour une « gigafactory » de l’IA à Strasbourg. Un dernier exercice en recul pour la tonnellerie bourguignonne TFF. Des changements dans les directions de M-Plus et Selectarc en Franche-Comté. Avec Les Gendarmes, Bamboo Edition fait le pont entre la bande dessinée et le cinéma.
Alsace
L’usine chimique Tronox obtient 4 millions d’euros d’aides pour sa décarbonation
Le site chimique Tronox de Thann (Haut-Rhin) a décroché une aide de 4 millions d’euros au titre de France 2030 pour la réalisation de sa prochaine phase d’investissements liés à sa décarbonation. Cette nouvelle étape programmée de 2027 à 2029 porte sur l'intensification du recyclage de l’acide sulfurique dans le processus de production du dioxyde de titane, la spécialité de l’usine produite à la cadence annuelle de 30.000 tonnes. Cette matière chimique première sera récupérée, purifiée et réutilisée « de sorte à augmenter fortement son taux de recyclage par rapport aux performances déjà atteintes dans une première phase » souligne Emmanuel Sibileau, le directeur de l'usine. A lui seul, ce process réduira de 28 % les émissions de gaz à effet de serre de Tronox Thann, soit près de 15.000 tonnes de CO2 économisées chaque année. « Ce financement constitue une marque de confiance envers notre site (de plus de 200 ans d’âge, Ndlr) et cet investissement nous aidera à conforter la position de Thann comme référence en matière d’industrie durable », commente Emmanuel Sibileau. Employant 250 salariés, l'usine sous pavillon américain vient d’achever un programme pluriannuel de modernisation de 30 millions d’euros avant de s’engager dans le suivant, dont le montant doit s’élever à « plus de 10 millions d’euros. » M.Noyer
Franche-Comté
John Cockerill dévoile son premier stack polymère pour l’hydrogène assemblé à Belfort

Un an presque jour pour jour après la reprise des actifs stratégiques de McPhy, John Cockerill Hydrogen a présenté à Belfort, vendredi 10 juillet, son premier stack polymère entièrement assemblé sur son site français installé à l'Aéroparc de Fontaine. Véritable cœur de l'électrolyseur, cet équipement permet de produire de l'hydrogène décarboné à partir d'eau et d'électricité renouvelable. L'innovation réside dans son procédé de fabrication. Développée en trois ans, la nouvelle ligne robotisée assemble les cellules à l'horizontale, une première mondiale selon l'industriel. « Nous avons conçu simultanément le produit et son procédé de fabrication. C'est indispensable pour obtenir une solution industrialisable », explique Benoît Durrier, responsable de l'industrialisation au sein de la société du gruope belge. Cette architecture améliore la précision d'assemblage, limite les manipulations et ouvre la voie à une production en série.
Autre particularité, le stack est réalisé en polymère plutôt qu'en acier. Ce matériau offre une meilleure résistance à la corrosion provoquée par la potasse utilisée dans le procédé d'électrolyse. Il devrait permettre, à terme, de réduire les coûts de fabrication de 10 à 15 %, tout en améliorant la durée de vie des équipements. Le prototype va désormais rejoindre un centre d'essais en Allemagne où il sera testé en conditions réelles pendant plusieurs semaines avant sa commercialisation. À terme, John Cockerill Hydrogen ambitionne d'industrialiser cette technologie pour atteindre une capacité de 200 stacks par an, au rythme du développement du marché de l'hydrogène vert.
Grand Est
Un consortium de douze acteurs autour de 2CRSI se place pour une « gigafactory » de l’IA à Strasbourg

Le consortium dénommé Aether a annoncé, la semaine dernière, son intention de construire deux unités de « production de calcul d’intelligence artificielle dans la région de Strasbourg. » Il répond par là même à un appel d’offres « AI Gigafactory » de la Commission européenne. Le groupement indique viser l’ouverture dès 2027 d’un premier centre de calcul qui serait suivi du second « quelques mois plus tard », pour une capacité électrique cumulée de 82 mégawatts au bout d’une année de fonctionnement et de 400 MW à terme en vue de produire « plusieurs dizaines de milliers de processeurs. » Aether réunit douze acteurs autour de quatre « engagements » : l’opérateur immobilier Nhood, le constructeur régional Demathieu Bard et le groupe de services d'énergie Equans au titre du zéro artificialisation nette (les projets entendent réutiliser des terrains existants), le Strasbourgeois 2CRSI, pilote, Axelera AI et SiPearl pour la réindustrialisation européenne dans cette spécialité, l’énergéticien alsacien ES (groupe EDF), l’équipementier alsacien Socomec, l’ingénieriste Projex et Haffner Energy pour la décarbonation, Viridien (exploitation d’infrastructures de calcul haute performance) et Dassault Systèmes sur la souveraineté des données. M.Noyer
Un dernier exercice en recul pour la tonnellerie TFF
TFF Group (Tonnellerie François Frères) a clôturé son exercice 2025-26, le 30 avril dernier, par un chiffre d’affaires en baisse de 23 % sur un an, à 312,75 millions d’euros. Le recul est particulièrement marqué pour le pôle alcools (- 32 %), celui du pôle vins étant contenu à - 12,5 %. La tendance est également baissière au niveau des résultats, le bénéfice opérationnel courant diminue de moitié, à 28,5 millions d’euros et le résultat net des deux-tiers, à 9,2 millions d’euros. Le groupe coté, basé à Saint-Romain (Côte-d'Or), invoque « les effets de la sous-activité et les droits de douane américains. » Il souligne toutefois avoir fait preuve « de résistance et d’une résilience notable » dans ce contexte « difficile. » La situation financière « est solide avec des capitaux propres qui s’établissent à 491 millions d’euros », ajoute-t-il. M.Noyer
Franche-Comté
Des changements dans les directions de M-Plus et Selectarc

Deux des fleurons industriels du Territoire de Belfort connaissent des changements de gouvernance en ce début d’été. A Lachapelle-sous-Rougemont, le groupe de mécanique/métallurgie M-Plus (430 salariés, chiffre d’affaires de 65 millions d’euros) porte à sa présidence Pierre Petitjean, jusqu’alors directeur général et associé. François Cortinovis cède cette fonction mais garde la tête de la structure coiffant le groupe, Oreade Venture. « Je concentrerai désormais mon action sur la gouvernance, la stratégie et les opérations de développement », précise-t-il, le dernier point faisant référence notamment à la politique de croissance externe de M-Plus concrétisée encore ce printemps avec le Franc-Comtois Rubis Precis. L’évolution s’opère dans une totale continuité, Pierre Petitjean désormais pilote opérationnel occupait son précédent poste depuis son arrivée chez M-Plus il y a six ans. Par ailleurs, pour le site en Hongrie, Csaba Filip cède les rênes à son adjoint Zoltan Toth, qui devient directeur général de la filiale M-Plus Central Europe.

A Grandvillars, Selectarc change de directeur général. Silvino Caetano (ci-contre) succède à Jean-Pierre Gebhart à la tête de la PME de 140 salariés, l’unique fabricant français de métaux d’apport de soudage et de brasage dont l’origine remonte à 1796. Il a exercé des fonctions de direction dans plusieurs groupes industriels, en dernier lieu chez Framatome. Selectarc met en exergue sa « solide expérience » dans des « environnements exigeants alliant excellence opérationnelle, développement stratégique et management d’équipes multiculturelles. » M.Noyer
Bourgogne
Avec Les Gendarmes, Bamboo Edition fait le pont entre la bande dessinée et le cinéma
Les Gendarmes sortira au cinéma le 5 août. Pas un remake du fameux Gendarme de Saint-Tropez, mais un film tout contemporain avec, entre autres, Arnaud Ducret et Fred Testot. Réalisé par Stephan Archinard et François Prévôt-Leygonie, il a été tourné tout près de Mâcon (Saône-et-Loire), comme adaptation sur grand écran de la série de bandes dessinées éponymes qui a, depuis son premier numéro en 1998, fait le succès de la maison d’édition locale Bamboo. L’auteur de la BD n’est autre qu’Olivier Sulpice, fondateur et président de Bamboo Édition, qui a sorti depuis bien des albums à succès (parmi lesquels Les Fonctionnaires), dont Traces Ecrites publie des extraits chaque mois
La société de Charnay-lès-Mâcon devenue groupe tire son épingle du jeu dans un secteur en difficulté, avec 80 salariés, un chiffre d'affaires supérieur à 30 millions d’euros, une bonne dizaine de milliers de titres à son catalogue et 300 auteurs. Plutôt que de se contenter de vendre les droits à des sociétés de production comme ce fut le cas pour Les Profs en 2013, elle s'est diversifiée à partir de 2017 en se lançant dans le cinéma, via la filiale Bamboo Films. Basée à Paris, celle-ci a aussitôt coproduit aussitôt la série animée Sisters, diffusée sur Gulli. La nouvelle coproduction s'opère avec TF1 Studios. Elle a présentée en avant-première le 2 juillet, naturellement, à Mâcon. Et un autre long métrage est annoncé, L’Adoption, un film d’Ivan Calbérac coproduit avec Artémis, dont André Dussolier et François Damiens joueront les rôles principaux. Sortie en salles prévue en janvier prochain. P.Bouillot









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