A moins de trois semaines de l’édition 2025 du salon Be 5.0 – Industries du futur les 25 et 26 novembre, nous vous proposons un nouveau rendez-vous de focus sur les initiatives régionales dans cette thématique, en association avec le Parc Expo de Mulhouse, hôte de la manifestation. Aujourd’hui : Cetim. Le centre technique des industries mécaniques s'est imposé comme référence de la recherche appliqués pour les matériaux de type variés et désormais pour le recyclage. Aux PME, il donne accès à des équipements de tests dignes de groupes, qu'elles ne peuvent s'offrir seules. Et ce, à leur porte. Mulhouse, relayé par les antennes de Strasbourg et Châlons-en-Champagne, forme le centre névralgique régional du Cetim dans le Grand Est.

Pour fiabiliser leur déploiement dans l’industrie du futur, les entreprises de l’Est disposent à leur voisinage d’un outil particulièrement précieux : le Cetim (Centre technique des industries mécaniques). L’institut technologique emploie à Mulhouse (Haut-Rhin) une centaine d’experts, relayés par une équipe à Strasbourg de 25 personnes, et depuis l’an dernier, par une antenne de cinq collaborateurs à Châlons-en-Champagne (Marne).

Labellisé Carnot, le Cetim accompagne les mutations technologiques depuis sa création en 1966. Il s’est imposé comme une référence à l’échelle nationale et internationale dans le domaine de la recherche appliquée. Il dispose en particulier dans le Grand Est d’une forte expertise dans le domaine des matériaux ou encore du recyclage.

indu fut

Son appui concerne une palette de variée de matériaux, comprenant les métaux et alliages, mais aussi les polymères et composites, la céramique ou encore le verre. Tous peuvent faire l’objet, à Mulhouse en particulier, d’essais de caractérisation mécanique et physico-chimique selon des environnements divers (température, vibrations, corrosion, etc.). Les entreprises peuvent également bénéficier d’accompagnements pour la mise en place de procédés avancés de contrôle non-destructif.. « Nous concevons et fabriquons nos propres bancs d’essai, qui peuvent ainsi répondre également en mode sur-mesure à des demandes complémentaires bien spécifiques », complète Laurent Minnig, directeur de l’activité stratégique Performance des systèmes au Cetim et responsable du site mulhousien.

Ces prestations poursuivent l’objectif de détecter les défaillances sur les matériaux et d’assurer la maîtrise de la qualité de la production tout au long d’un process de fabrication. « Nous nous adressons en premier lieu aux PME, qui ne disposent pas forcément des ressources matérielles nécessaires pour garantir leur production et ainsi répondre à leurs clients », poursuit Laurent Minnig. L’aéronautique, l’industrie automobile, la construction ferroviaire forment quelques domaines d’application historiquement importants, que viennent rejoindre de nouveaux horizons comme l’industrie de la défense.

cetim essais vibratoires
Les essais vibratoires forment une spécialité de l'implantation mulhousienne.

Les thématiques évoluent bien sûr en fonction des nouveaux enjeux, par exemple le refroidissement des batteries fait partie de celles plus récemment prises en main par les experts du Grand Est. En outre, la digitalisation a été pleinement intégrée à la palette des prestations, afin de guider notamment les industries dans la confection des jumeaux numériques de leurs installations physiques. L’objectif final est clairement affiché par Laurent Minnig : « accompagner autant que faire se peut les entreprises vers la transformation numérique et les aider à dérisquer leur projet d’investissement sur le plan technologique. »

Société privée sous statut de « centre technique industriel (CTI) et Organisme de recherche et de diffusion de connaissances (ORDC) », Cetim tire ses revenus de contrats industriels. Son chiffre d’affaires national annuel s'établit à 180 millions d’euros pour un effectif d’un millier de personnes.

Contrôle en flux de production 

cetim simulation
Le Cetim accompagne la digitalisation de l'industrie.

La tradition d’accompagnement prend une nouvelle dimension à un double titre depuis ces dernières années grâce aux platesformes d’accélération Quatrium. En novembre 2021, le gouvernement annonçait les lauréats de l’appel à projets « Plateformes d’accélération vers l’industrie du futur ». Pour soutenir l’innovation nationale, ce programme a permis à plusieurs initiatives structurantes de voir le jour. Le Cetim figure parmi les lauréats, avec quatre plateformes d’accélération labellisées, déployées sur cinq sites physiques : Senlis, Saint-Étienne, Cluses, Nantes et Mulhouse. Objectif : créer un maillage opérationnel capable d’amener les PME industrielles vers des solutions concrètes, sur leur territoire. « Quatrium est un écosystème. Chacune des plateformes déploie des démonstrateurs industriels en conditions réelles, autour de briques technologiques clés : fabrication additive, robotique, usinage, métrologie, jumeaux numériques, maintenance prédictive… Le tout est accessible physiquement sur site, et également à travers les « Fenêtres sur » afin de découvrir et d’approfondir une technologie à distance », relève Laurent Minnig.

Au sein de cette organisation, le site mulhousien affirme ou consolide quelques spécialisations distinguantes : le « contrôle en flux de production », garantissant la fiabilité des produits et process à tout instant, et le recyclage de polymères. Ce thème s’inscrit dans la montée en puissance de l’analyse du cycle de vie des produits et de la recyclabilité de matériaux. « Outre la Performance des systèmes que je dirige, la transformation durable et les matériaux, produits et process forment les deux autres axes structurants de notre expertise pour assurer la montée en gamme de l'industrie », résume Laurent Minnig.

cetim locaux mulhouse
Il est lauréat de l’appel à projets gouvernemental « Plateformes d’accélération vers l’industrie du futur. »

Par ailleurs, l’implantation du Cetim renferme une dimension immobilière : le regroupement prochain des installations de Mulhouse, aujourd’hui surtout situées au Technopôle de la zone de la Mer Rouge, vers un nouveau site dans le quartier de la Fonderie, déjà devenu un pôle de l’industrie du futur, autour du Km0. Les équipes du Cetim vont l’avoisiner dans un peu plus de deux ans, dans une surface de 7.000 m2, grâce à l’investissement que pilote Mulhouse Alsace Agglomération (M2A). La communauté d’agglomération annonce un démarrage début 2026 pour une durée de l’ordre de 24 mois, des travaux d’un montant de 20,8 millions d’euros HT, cofinancés à près de 50 % par l’Etat et la région Grand Est. L’institut technologique ajoutera sa propre contribution en équipements et process. 

 Photos fournies par le Cetim

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