Le nouveau bâtiment du Centre calculs Bourgogne du groupe d’équipement nucléaire a été inauguré ce lundi matin 6 mars. Cent cinquante ingénieurs et techniciens y seront affectés d’ici à 2025. Framatome conforte ainsi l’un de ses quatre sites industriels bourguignons en lui adossant un pôle fort de recherche-développement. Il consolide plus généralement toutes ses implantations dans la région.
L’actualité de l’industrie nucléaire est intense ces derniers jours en Saône-et-Loire. Vendredi 3 mars, la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a annoncé lors d’une visite au Creusot un effort financier massif – 100 millions d'€ – de Framatome en faveur de son site dans cette ville, afin de relocaliser en France la production de pièces internes des réacteurs. Le 24 février, la plateforme de contrôle non destructif, CND Lab', avait été inaugurée à Chalon-sur-Saône pour la formation de spécialistes du sujet, représentant 2 millions d’€ d’investissement sur trois ans.
Ce lundi matin, un autre rendez-vous était fixé, cette fois sur le site Framatome de Saint-Marcel, dans la banlieue de Chalon-sur-Saône : l’inauguration du nouveau bâtiment du Centre calculs Bourgogne, installé au cœur d’un complexe industriel de 1.200 personnes assurant la fabrication des composants lourds des réacteurs de centrales.
Le bâtiment de 2.400 m2 sur trois niveaux – dont le coût n’a pas été communiqué – accueille l’équipe dédiée au calcul mécanique, c’est-à-dire à l’évaluation de la fiabilité des pièces entrant dans la composition des réacteurs. Ces pièces sont soumises à des contraintes extrêmes dont il faut valider avec certitude la capacité de résistance à la pression ou aux températures très élevées.
Jadis intégré au centre technique de Saint-Marcel, le centre de calcul (dirigé depuis 2012 par Fabien Ducrozet), est devenu une entité à part entière en 2021. Ses effectifs n’ont cessé de progresser depuis, passant de 36 personnes à 91 aujourd’hui. Et une vingtaine de recrutements est prévue en 2023, avant d'autres les années prochaines qui doivent porter l’effectif à 150 ingénieurs et techniciens.
« Nous travaillons ici sur le calcul mécanique avec des outils et des infrastructures modernes, résume Alexis Marincic, senior executive vice-président à la direction technique et ingénierie de Framatome. Mais nous sommes également un centre de formation interne et externe, nous menons une action importante de recherche et développement adossée à un centre d’essais et mettons au point des méthodes et des outils. Ce site s’intègre dans une organisation globale des compétences en mécanique du groupe Framatome, au sein duquel 430 personnes font du calcul. »
Le développement du Centre calculs Bourgogne s’inscrit dans un contexte très favorable à l’industrie nucléaire, repartie de l’avant sous l’impulsion gouvernementale. Plus largement, il bénéficie du mouvement de réindustrialisation engagé par l’État à travers le plan France Relance, relayé aujourd’hui par France 2030. « Nous devons construire un nouveau récit national de réindustrialisation du pays », appuie Sébastien Martin, président du Grand Chalon. Notre nouveau modèle industriel bénéficie à la cohésion et à l’aménagement du territoire, et bien sûr à l’emploi. » Ce que confirment les chiffres : sur ses quatre sites bourguignons d'implantation (Chalon-sur-Saône, Le Creusot, Montbard en Côre-d'Or et Saint-Marcel) où il emploie à date plus de 3.000 collaborateurs, Framatome recrute 400 personnes chaque année.
200 millions d’euros d’investissement

Dans cet environnement porteur, Framatome conforte à la fois sa position d’expert et d’industriel. « Nous sommes engagés dans un programme ambitieux, Excell in Quality, qui garantit la qualité de notre production et vise à réduire de 25 % le taux de fréquence des écarts qualité, rappelle Bernard Fontana, le président du groupe. Nous nous appuyons sur quatre centres d’expertise en France et renforçons nos efforts en recherche et développement. Notre ambition est internationale – nous réalisons les deux-tiers de nos ventes à l’étranger – mais nous nous appuyons plus que jamais sur nos sites français, notamment sur ceux de la région, dans lesquels nous allons engager 200 millions d'€ d’investissement d’ici à 2026. »
La construction du Centre calculs Bourgogne intervient dans ce cadre : « La stratégie consiste à rapprocher la conception de la production, un investissement judicieux qui contribue à renforcer l’activité et l’attractivité du site et du territoire », se réjouit Yves Séguy, le préfet de Saône-et-Loire. Les formations qui seront proposées au sein du centre, en partenariat avec l’Université de technologie de Compiègne, concerneront des publics issus de toutes les entreprises de la filière.
Ce choix de positionner à Saint-Marcel la force de frappe de Framatome en matière de calcul mécanique ne peut que réjouir le parrain du bâtiment : Yannick d’Escatha, grande figure de l’industrie nucléaire puisqu’avant d’être l’actuel président non exécutif d’Areva, il fut administrateur général du CEA (le commissariat à l'énergie atomique qui a rajouté les énergies alternatives dans sa dénomination), président de CEA Industrie, directeur général délégué d’EDF… et l’un des pères de la mécanique de rupture. Il donne son nom à l'immeuble du Centre calculs Bourgogne. Alors même qu’il n’est pas encore décédé, souligne-t-il non sans humour.

Les invités de l’inauguration n’ont même pas pu apercevoir les panneaux photovoltaïques qui coiffent désormais l’un des bâtiments du site Framatome de Saint-Marcel. Ces 3.000 m2 solaires couvrent environ 5 % des besoins en électricité du site. La production peut atteindre 500 kilowatts crête. Engagée depuis octobre dernier, elle s’inscrit dans la stratégie RSE (responsabilité sociétale et environnementale) de l’entreprise, qui a déjà, par exemple, basculé son éclairage en leds.













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