Avant son job dating des 5 et 6 avril prochains destiné à trouver 500 nouveaux profils sur ses quatre sites bourguignons, Framatome a organisé, ce jeudi 21 mars, une visite de celui du Creusot, en Saône-et-Loire. Campus, atelier mécanique, futur atelier inox et extension du centre technique composent une petite ville dans la ville. Où l’infiniment grand et la précision sont intimement liés.

 

Framatome au Creusot est le site de tous les superlatifs : démesurément grand, immensément lourd. Ce sont aussi des investissements colossaux - 100 millions d’euros - pour créer le plus important centre d’usinage de France destiné à répondre au nouveau programme nucléaire annoncé par Emmanuel Macron il y a deux ans à Belfort : le lancement de la fabrication de huit nouveaux réacteurs EPR2 puis de six autres.

La plongée mène au cœur de l’une des seules forges au monde capables de réaliser les pièces de grande taille indispensables à la fabrication des réacteurs nucléaires. « Nous souhaitons que le grand public se rende compte de ce qui se passe sur notre territoire : c’est ici au Creusot, grâce à Framatome, que nous allons garantir la souveraineté nationale en matière d’énergie nucléaire, sans en exclure d’autres. Le nucléaire est la grande force de la transition. Être autonome est primordial », a exposé en préambule David Marti, président de la communauté urbaine Creusot Montceau.

 


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Laurent Gless, le directeur de Framatome Le Creusot, prend le relais. Pour signifier l’importance du soutien de l’Etat (plan France Relance) à ses projets d’envergure. « Nous travaillons sur de nouveaux dossiers en permanence. Nous comptons un effectif d’un peu plus de 3.500 personnes (*) sur nos différents sites en Saône-et-Loire (Saint-Marcel, Chalon-sur-Saône et Le Creusot). C’était 1.000 personnes de moins il y a encore quelques années. Nous savons attirer, recruter, développer et garder : la preuve par le résultat ! » 

Les 500 personnes supplémentaires embauchées prochainement - l'objectif de recrutement en Bourgogne pour l’année 2024 - poursuivent cette dynamique. « Nous cherchons des opérateurs et des techniciens d’usinage afin de travailler notamment sur nos machines d’usinage à commande numérique », explique Sébastien Guinot, chef de projet investissement, à l’entrée du nouvel atelier inox en construction sur la zone d’activité Harfleur.

 

Un EPR2 tous les 18 mois

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Le bâtiment aux mensurations immenses - 40 mètres de haut pour 200 mètres de long - de l’ancienne société de tunneliers NFM débute une nouvelle vie. © Jérémy Bagnato


Ce bâtiment aux mensurations XXL - 40 mètres de haut pour 200 mètres de long - de l’ancienne société de tunneliers NFM débute une nouvelle vie. « Nous allons y fabriquer certaines pièces des EPR2 à partir de mai 2026. Les premiers essais devraient débuter courant 2025 », poursuit Sébastien Guinot. Tous les 18 mois, de nouveaux éléments internes de cuve seront lancés en fabrication. Usinage, soudage, contrôle, manutention, assemblage : 23 grosses pièces forgées et 8.000 différentes au total seront nécessaires pour ces opérations.

Les parties externes des composants - cuve, couvercle de cuve, générateurs vapeur - sont assemblées à Saint-Marcel à partir de pièces unitaires fournies notamment par la forge du Creusot ou l’usine du groupe à Montbard (Côte-d'Or). Les composants finis pèsent plus de 500 tonnes.

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Dans les 13.000 m2 du bâtiment, une fraiseuse de 50 mètres de long, 25 mètres de large et 16 mètres de haut va par exemple être installée. « Nous allons couler 2.250 m3 de béton dans ce but », précise Sébastien Guinot. « Nous nous sommes démarqués au niveau mondial car nous savons travailler en série de façon standardisée. Dans l'un de ses discours, Barack Obama nous avait même cités ! », se félicite le chef de projet investissement. 

A la sortie de l'atelier, Framatome investit dans l’optique de décarboner ses activités, dans un système de géothermie. 70 sondes enfoncées dans le sol à 185 mètres de profondeur vont participer à la régulation en température du bâtiment et ainsi procurer des économies d’énergie. « Nous oscillerons entre 18°C et 30°C, ce qui consistue un écart de température très faible dans un si immense atelier », insiste Sébastien Guinot. 

 

Boucle Kopra et petitesse de l’Homme !

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De gauche à droite sur la photo : Robert Poggi, directeur de l’action régionale d’EDF en Bourgogne-Franche-Comté, Laurent Gless, directeur Framatome Le Creusot, David Marti, président de la communauté urbaine Creusot Montceau, Christian Bonneau, directeur du centre technique France de Framatome. © Déborah Levy


Second bâtiment visité, au pas de course, l’atelier mécanique, se développe avec la présentation d’une nouvelle fraiseuse portique de dernière génération. Cette machine d’usinage fixe les pièces et les sculpte aux cotes souhaitées. Dernière étape, le centre technique est en cours d’extension grâce à plus de 20 millions d’euros d’investissements spécifiques, se rajoutant aux 100 millions d’euros principaux. La grande dimension est là encore de mise : le bâtiment présente une hauteur de 26 mètres. Un trou de 8 mètres de profondeur y est creusé afin d’implanter la future boucle d’essai Kopra. « Ce système permet de tester le mécanisme de commande de grappe qui assure le pilotage et la mise en sécurité du réacteur, en moins de 2 secondes », explique Christian Bonneau, directeur du centre technique France de Framatome.

A côté du dessin qui reproduit cette boucle, un homme est représenté à l’échelle 1 : il apparaît minuscule. On se sent tout petit face à la puissance et à l’immensité de cette industrie de pointe !

(*) soit 1.432 à Chalon-sur-Saône, 1.315 salariés à Saint-Marcel, 500 au Creusot, et 280 à Montbard.

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