L'entité de la Caisse des Dépôts investit plus de 2 millions d’euros pour accompagner le développement de l’entreprise née en Haute-Saône, dont les cabanes en bois suscitent un engouement croissant : six sites déjà installés en France, avant trois autres dans les deux ans.

Dissimulée au milieu des arbres, près d’un lac, la cabane « Brume » offre à ses occupants une vue à 360° depuis son bain nordique. Elle est l’une des dernières maisonnettes construites sur le domaine des Grands Lacs, le premier site ouvert par la société Coucoo Cabanes, en 2009, à Chassey-lès-Montbozon (Haute-Sâone).

En plus de 15 ans, l’entreprise a essaimé ses hébergements touristiques perchés dans les arbres, flottants, et sur pilotis, y compris en dehors des limites franc-comtoises : Coucoo Cabanes compte désormais six sites. Outre la Haute-Saône et le Territoire de Belfort, des cabanes en bois ont émergé sur deux sites dans l’Oise, ainsi que dans le Vaucluse et en Corrèze. Trois nouveaux lieux devraient compléter ce panorama : Moret-sur-Loing (Seine-et-Marne) et Dhuizon (Loir-et-Cher) d’ici avril 2026, avant Etival-lès-Le Mans (Sarthe) en 2027.

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Pour financer ce nouveau développement, la société franc-comtoise s’est associée à la Banque des Territoires. Les deux entités viennent en effet de créer une foncière : « C’est cette structure qui investira désormais dans les nouveaux projets, pour tout ce qui est "en dur"», résume Gaspard de Moustier, co-fondateur de Coucoo Cabanes, lui-même originaire de la région. Sur les 14,6 millions d’euros mobilisés dans cette société conjointe, la Banque des Territoires apporte 2,1 millions d’euros en obligations convertibles, une forme d’investissement lui permettantde transformer ses fonds en actions, si elle le souhaite, au bout de douze ans.

De son côté, Coucoo Cabanes investit 2,2 millions d’euros en fonds propres, complétés par des emprunts bancaires. « Il faut compter entre 5 et 6 millions d’euros d’investissement par site », calcule Gaspard de Moustier. Le dirigeant observe la hausse des coûts au fil des années : de 25.000 euros par cabane au début de l’aventure, la facture est passée aujourd’hui à environ 120.000 euros.  

Une foncière pour doper le projet à impact territorial 

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La société privilégie des tailles limitées pour ses lieux, avec une trentaine d'hébergements. © Laurent Cheviet

 « L’objectif de la Banque des Territoires est de faire émerger des projets à fort impact territorial », rappelle son directeur régional Bourgogne Franche-Comté (*) Mathieu Aufauvre, citant « le tourisme » comme une « activité prépondérante. »

Cette logique a présidé à l’éclosion du partenariat. L’entreprise d’hébergements cherche en effet à inscrire ses différents sites dans le tissu local, d’abord en créant des emplois directs – une quarantaine de CDI, complétés par près de cent contrats saisonniers sur les six implantations actuelles – mais aussi en travaillant avec les acteurs économiques locaux. Coucoo Cabanes privilégie en effet les circuits courts, tant dans la construction et l’aménagement de ses cabanes  - l’entreprise jurassienne MCF Bois a ainsi été sollicitée sur plusieurs projets - que dans leur fonctionnement, notamment pour les repas.

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La société cherche également à réduire au maximum son impact écologique
. La posture rejoint là encore les axes directeurs de l’établissement de soutien local de la Caisse des dépôts : « Nous voulons prouver qu’un projet touristique peut permettre de prendre soin des lieux sur lequel il est implanté, et de leur environnement », affirme Gaspard De Moustier.

L’engagement au sein d’une foncière est un outil utilisé régulièrement par la Banque des Territoires, « notamment dans le cadre de la redynamisation de centres-villes, mais aussi à quelques reprises dans des foncières touristiques, note Mathieu Aufauvre. Mais c’est une première pour nous pour ce type d’hébergements. » Le directeur régional précise que ce partenariat n’est pas uniquement financier : « La Banque des Territoires sera administratrice de cette société, donc nous essaierons d’y apporter notre connaissance des territoires, et notre expertise sur le développement de tels projets. »   

Un modèle économique en passe de faire ses preuves 

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Dépaysement garanti... © Laurent Cheviet
coucoo cabane gros plan
... au milieu des bois. © Laurent Cheviet


Coucoo Cabanes choisit la localisation de chacun de ses sites selon les demandes de collectivités locales ou de particuliers. Des études d’impact, de recensement de la faune et de la flore, ou encore des plans de gestion environnementaux sont déployés en amont de l’ouverture des sites : « Il s’écoule en général entre trois et quatre ans entre le moment où l’on identifie un lieu, et son ouverture, le temps que nous obtenions tous les permis et autorisations », souligne Gaspard De Moustier.    

Avec un chiffre d’affaires cumulé de 8 millions d’euros en 2024, Coucoo Cabanes semble avoir trouvé un modèle économique qui fonctionne, en mode « croissance raisonnée » et à partir de sites de taille réduite  - une trentaine d’hébergements au maximum sur plusieurs dizaines d’hectares. « Nous enregistrons des forts taux d’occupation », justifie Gaspard De Moustier : 82 % en 2023, 78 % en 2024, et certains domaines avoisinent les 90 %.

L’année passée, 24.127 nuitées ont été réservées, malgré une saison perturbée par les Jeux Olympiques et le contexte politique. « En 2025 encore, l’incertitude prédomine : nous enregistrons beaucoup de réservations de dernière minute », observateur le cofondateur. Cette situation ne l’empêche pas de conserver l’état d’esprit qui a guidé le début de l’aventure il y a plus de quinze ans : construire des cabanes en pleine nature pour offrir des séjours dans des « lieux hallucinants. » 

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Gaspard De Moustier, le cofondateur de Coucoo Cabanes, annonce des taux d'occupation de 78 % en moyenne sur les six sites, à l'origine d'un chiffre d'affaires de 8 millions d'euros en 2024. © Laurent Cheviet

 

(*) jusqu'au 1er septembre prochain. Charles du Dresnay lui succédera alors

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