Le biogaz monte en régime dans les bus de l’agglomération de Mulhouse. Mathieu investit 32 millions d’euros dans l’électrification de ses balayeuses en Meurthe-et-Moselle. Netalis repart avec de discrets nouveaux propriétaires à Besançon. Le secteur alimentaire du Grand Est se lève contre l’écotaxe régionale. Avec ReUniTes, la recherche en santé s’organise loin des grands centres en Bourgogne-Franche-Comté. Le sidérurgiste Riva contraint au chômage partiel suite à l’incendie de son aciérie lorraine.
Alsace
Le biogaz monte en régime dans les bus de l’agglomération de Mulhouse
La communauté d’agglomération m2A (Mulhouse Alsace Agglomération) donne un coup d’accélérateur au verdissement de sa flotte de bus urbains. Durant ce mois de septembre, 11 nouveaux véhicules alimentés au biogaz entrent en circulation : des modèles du constructeur Iveco (sept standards de 12 mètres de long et quatre articulés de 18 mètres) acquis pour un montant cumulé de 6 millions d’euros TTC. Dotés d’équipements améliorés (accessibilité renforcée pour les usagers en fauteuil roulant, sièges de nouvelle génération, éclairage intérieur Led…), ils rejoignent les 38 véhicules roulant déjà avec cette énergie dans le réseau communautaire Solea (groupe Transdev) et ils précèdent 25 modèles (13,5 millions d’euros) devant aboutir à un premier palier de 74 bus biogaz en 2030, soit près des deux-tiers du parc. « Nous comptons parvenir en 2035 à 100 % de véhicules au biogaz ou électriques », complète Lara Million, vice-présidentede m2A aux transports et aux mobilités, soulignant « un investissement d’abord centré sur la santé des populations » grâce à la réduction « de 95 % » des émissions de gaz à effet de serre ainsi générée.
« Nous exploitons un atout précieux : la disponibilité locale de la ressource biogaz, à partir de l’unité de méthanisation de la station d’épuration », ajoute l’élue. Par ailleurs, une nouvelle application « m2A mobilités » est lancée depuis le 17 août par l’intercommunalité avec la société Omea ID (achat de titres et d’abonnement, gestion du compte client…) succédant au « compte mobilité » stoppé par la cessation d’activité de son prestataire, tandis que le paiement à bord par carte bancaire est désormais possible. M.Noyer
Lorraine
Mathieu investit 32 millions d’euros dans l’électrification de ses balayeuses en Meurthe-et-Moselle

Installée depuis 1923 à Toul (Meurthe-et-Moselle), l’usine Mathieu, filiale du groupe Fayat, balaye les discours de Cassandre sur la désindustrialisation du territoire lorrain. Le 23 juillet, à l’occasion de la venue de Sébastien Martin, ministre délégué à l'Industrie, ce constructeur français de balayeuses et laveuses de voirie a annoncé un investissement de 32 millions d’euros dans le renforcement de ses capacités industrielles locales. Le site de 150 personnes (chiffre d’affaires de 70 millions d’euros) va construire un bâtiment de 10.000 m2 à proximité de son usine. A leur mise en service en 2028, ces locaux accueilleront la fabrication de machines électriques ainsi qu’un magasin de pièces détachées, dans le cadre du rapatriement de deux centres européens de stockage. Le groupe familial Fayat est le leader européen des balayeuses, fort d'un chiffre d'affaires de 350 millions d'euros en 2025.
Sébastien Martin a salué cet investissement soutenu par l’Etat à hauteur de 2 millions d’euros dans le cadre du plan France 2030, ainsi que « l’engagement des acteurs pour l’électrification de l’économie. » « Chaque machine électrique fabriquée en France renforce notre souveraineté », a-t-il insisté. A l’heure actuelle, 50 % des véhicules de propreté urbaine produits à Toul fonctionnent sur ce mode, une proportion qui devrait être portée à 100 % à l’horizon 2030. P. Bohlinger
Netalis repart avec de discrets nouveaux propriétaires à Besançon
Placé en redressement judiciaire fin avril dernier, l’opérateur de télécommunications de Besançon Netalis a été repris début juillet par une société nouvellement constituée : NetR SAS. Dans un message sur Linkedin, le précédent dirigeant Nicolas Guillaume explique l’entrée en procédure collective par l’effet d’un litige fournisseur. « Tous les emplois sont repris », y précise-t-il. Peu avant sa mise en redressement, Netalis comptait encore 10 salariés, l’effectif s’étant réduit après la vente de son réseau de fibre optique, fin 2024, au Franco-Suisse Prizz Telecom, dans le but d'un recentrage sur les services.
Basée également à Besançon, NetR compte à sa tête Jean-Luc Balfroid. Cet acteur des télécommunications apparaît comme la face immergée d’un « trio d’investisseurs. » Celui-ci comprendrait Xavier Niel, la figure de proue du numérique français, fondateur de Free. Le média spécialisé alloforfait.com a déniché dans les documents liés à la constitution de NetR le fait que le holding NJJ Capital de Xavier Niel figure sur la liste des souscripteurs en numéraire au capital de la nouvelle société. M.Noyer
Grand Est
Le secteur alimentaire se lève contre l’écotaxe régionale

A sept mois de la mise en application prévue par la région Grand Est d’une « écocontribution » des poids lourds sur les 525 km de réseau routier qu’elle gère, l’opposition du monde économique s’organise. Elle s’incarne dans le secteur agricole et agroalimentaire. Selon les calculs de ses représentations professionnelles, les 15 centimes d’euro par kilomètre parcouru à acquitter se traduiront par un coût annuel de 1.500 à 3.000 euros pour les exploitants agricoles, de 140.000 euros environ pour une coopérative et de plusieurs centaines de milliers d’euros pour les entreprises agroalimentaires. « Cette taxe est injuste, car payée dans une seule région. De plus, elle pénalise particulièrement les filières locales, dans la mesure où celles-ci multiplient les flux, donc les kilomètres parcourus, pour aller d’une étape de transformation à l’autre à l’intérieur de la région », expose Fabrice Couturier, président de la FRSEA (Fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles). Les conséquences économiques sont craintes dans « un secteur aux marges faibles, voire négatives aujourd’hui pour certains », ajoute le représentant des agriculteurs.
Rappelant sa détermination à concrétiser le projet - le groupement de mise en œuvre entre l’Allemand T-Systems Road User Services et la société Grenobloise d’Electronique et d’Automatismes a décroché le marché en janvier 2026 – et son objectif premier de ne plus rendre ses routes gratuites pour le transit international, la région Grand Est indique prévoir un « accompagnement des filières économiques les plus exposées » par une aide pouvant aller jusqu’à 300.000 euros sur trois ans pour une entreprise (50.000 euros pour un exploitant agricole). Si le droit européen interdit une exonération catégorielle (en l’occurrence aux transporteurs et acteurs locaux), « un abattement de 13 %, le plafond autorisé, est prévu pour les utilisateurs fréquents du réseau, à partir de 20 trajets par mois », souligne la collectivité Elle souhaite aussi soutenir les acquisitions de camions électriques qui, eux, pourront être exonérés, « mais leur surcoût est dissuasif », répond Fabrice Couturier. M.Noyer
Bourgogne-Franche-Comté
ReUniTes, la recherche en santé s’organise loin des grands centres

Sous l’acronyme ReUniTes, cinq partenaires de Bourgogne-Franche-Comté portent le Groupement de recherche universitaire et territorial en santé présenté ce 1er septembre à Chalon-sur-Saône. Le centre hospitalier (CH) William Morey de la cité de Saône-et-Loire, ses homologues de Mâcon et Auxerre, le CHU Dijon Bourgogne et l’Université Bourgogne Europe unissent leurs compétences dans le but de développer leurs coopérations de recherche, selon la conviction que « l’innovation dans la santé ne doit pas se concentrer uniquement dans les grands centres universitaires, mais aussi se développer au plus près des professionnels, des patients et des réalités territoriales. » ReUniTes s’incarne en particulier dans un nouveau laboratoire. Affilié à l’Inserm et installé au CH Morey chalonnais, il se consacre à deux thèmes : les infections associées aux soins, causées par exemple par la pose de cathéters ou encore de sondes ; l’analyse de biopsies et échantillons biologiques grâce aux technologies de la microscopie optique dynamique, permettant des diagnostics plus précoces à partir de prélèvement de tissus et de cellules. M.Noyer
Lorraine
Le sidérurgiste Riva contraint au chômage partiel suite à l’incendie de son aciérie près de Nancy

A Neuves-Maisons (Meurthe-et-Moselle), près de Nancy, la production de l’aciérie Sam (Société des aciers d’armature), filiale de l’Italien Riva, est partiellement suspendue suite à l’incendie qui s’est déclaré dans la nuit du 29 au 30 août sur un transformateur de 63.000 volts. La cause du sinistre, qui a détruit cette installation nécessaire au fonctionnement du four électrique de 150 tonnes, reste indéterminée. Aucune victime n’a heureusement été déplorée et l’outil de production du site, où travaillent 420 personnes, a pu être préservé. Le pire a été évité, car le transformateur est alimenté par une ligne très haute tension (400.000 volts), fait assez rare dans une usine. Ce mardi 1er septembre, à la sortie d’un échange avec la direction générale de l’usine, le préfet de Meurthe-et-Moselle, Yves Séguy, a précisé que « l’activité d’aciérie allait être suspendue pour quatre semaines et que 150 personnes seraient être mises au chômage partiel dans cet intervalle. » En revanche, le laminoir va continuer de tourner. « Selon l’évolution de la situation, d’autres salariés pourraient être mis momentanément au chômage partiel », a ajouté le préfet. Le groupe Riva emploie 1.300 personnes en France, pour un effectif total de 5.400. Il a racheté en 2000 la Sam pour la fabrication d'armatures de béton à partir de ferrailles recyclées. P. Bohlinger















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