En créant cet « Établissement Public Expérimental », l’université de Bourgogne entérine son divorce d’avec celle de Franche-Comté, mais elle espère porter des ambitions nationales, voire internationales.
L’université de Bourgogne (uB) mute en s’associant avec neuf autres établissements pour fonder un « Établissement Public Expérimental » (EPE) qui prend le d'nom université Bourgogne Europe (uBE). Portée sur les fonts baptismaux ce lundi 27 novembre, cette structure a vocation à porter des ambitions nationales, voire internationales dans quatre domaines : la santé, l’agroalimentaire, l’ingénierie et l’art-culture. Outre l’université de Bourgogne, l’EPE regroupe l’école de commerce dijonnaise BSB (Burgundy School of Business), les écoles d’ingénieurs CESI, ESEO, ESTP, l’École Supérieure de Musique Bourgogne–Franche-Comté (ESM), le campus de Dijon de SciencesPo Paris, l’École Supérieure des Arts Appliqués de Bourgogne (ESAAB) située à Nevers, le Centre hospitalier universitaire Dijon Bourgogne (CHU) et le Centre de lutte contre le cancer Georges-François Leclerc (CGFL).
Le nouvel ensemble regroupe 40.000 étudiants - environ 10 % de plus que la seule université de Bourgogne - ainsi que 32 laboratoires, et elle représente un effectif cumulé de quelque 13.000 emplois. « Avec la transformation en université de Bourgogne Europe, l'existant de notre établissement demeure, mais son périmètre s’élargit », résume Vincent Thomas, président de l’université de Bourgogne. Création d’une ordonnance de décembre 2018, le statut d’EPE permet à un établissement public à caractère scientifique - comme l'est l'uB - de regrouper ou fusionner des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, publics ou privés, dans le cadre d’un projet partagé d’enseignement et de recherche.
L’EPE demeure en phase d’élaboration. Le projet passe actuellement devant les instances de chaque établissement membre, pour être validé, avant d’être présenté au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. « Nous rendrons notre copie en janvier ou février aux services de l’État », précise Vincent Thomas. La nouvelle structure entend mettre en place un haut degré d’intégration entre ses composantes et se doter d’une gouvernance efficace composée, notamment, d’un conseil des chefs d’établissements et d’un comité d’orientation stratégique. Le nouvel ensemble ne dispose pas encore d’un budget spécifique, mais les établissements rassemblés pèsent 1,15 milliard d’€ de budget à l’année.
Le nouvel établissement compte sur une « convention d’objectifs, de moyens et de performances », actuellement négociée avec l’État, dont 0,8 % du budget pourra être affecté au fonctionnement de la coopération entre les 10 membres de l’uBE, soit un budget potentiel situé entre 1,6 et 1,8 million d’€. « Nous avons également d’autres perspectives de financement », glisse le président.
Montée en puissance de la santé

Stéphan Bourcieu, directeur de Burgundy School of Business (BSB) © Arnaud Morel
L’université Bourgogne Europe va peser dans le domaine de la santé, avec l’intégration du CHU et du centre Georges-François Leclerc. « L’EPE, plus qu’une addition d’établissements, c’est un outil de franchissement de cap à l’international », assure Freddy Serveaux, directeur général du CHU. Le nouvel ensemble réunit 1.600 chercheurs (contre 1.200 au sein de l’uB), « soit 55 % des effectifs de la région Bourgogne Franche-Comté », qui partagent la même signature scientifique. De quoi peser davantage dans les classements internationaux.
Il permettra également de proposer des doubles diplômes, partagés entre ses différents établissements, et de faire bénéficier tous les étudiants des services proposés au sein de l’uB.
Cet EPE représente aussi le dernier pas d’un feuilleton qui agite le milieu universitaire depuis de longs mois : le divorce d’avec l’université de Franche-Comté. Les deux universités, qui font partie des plus petites de France, étaient jusqu’alors regroupées au sein d’une communauté d’universités et établissements (COMUE) qui n’a jamais correctement fonctionné. Celle-ci rassemblait 67.000 étudiants. Les relations se sont envenimées à propos d’un déséquilibre des moyens et des services et de la localisation du siège de l’établissement. Avec, en toile de fond, la sourde rivalité entre les deux métropoles dijonnaise et bisontine.
L’université de Bourgogne a annoncé son retrait de la COMUE courant 2022. Au 31 mars prochaine, c’en sera fini de celle-ci. L’université de Franche-Comté s’engage, elle aussi, dans la voie de l’EPE, en s’associant à l’Université de technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM), SupMicrotech-ENSMM à Besançon, l’Institut Agro Dijon (IAD) et l’ENSAM Campus de Cluny. Le nouvel ensemble disposera ainsi d’un pôle d’ingénierie de très haut niveau.
Vincent Thomas a pu découvrir la toute récente tour de logements Elithis Arsenal lors de la visite du ministre délégué au logement, Patrice Vergriete, à Dijon mi-novembre dernier. Le président de l’université de Bourgogne a été très favorablement impressionné par ce bâtiment à énergie positive, construit à des coûts standards. De quoi lui donner une idée pour pallier - un peu - la pénurie de logement étudiant. « Nous songeons à construire une tour Elithis regroupant 250 à 300 chambres. Nous sommes en contact avec l’entreprise pour étudier cette possibilité », précise-t-il.

























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