Les écologistes qui perdent la mairie des capitales comtoise et alsacienne malgré (ou en raison de ?) leur alliance d’entre-deux-tours avec LFI, un indépendant qui se propulse à la tête de Mulhouse, des basculements au Creusot, à Montceau-les-Mines, Auxerre ou encore Lons-le-Saunier : les élections municipales ont fait souffler un vent du changement relativement fort en Bourgogne-Franche-Comté et dans le Grand Est. La prime au sortant a joué dans de nombreux cas, avec plus ou moins de facilité.
Il y a six ans, la conquête par les écologistes des mairies de Strasbourg et Besançon avait constitué le fait le plus marquant des élections municipales dans le Grand Est et en Bourgogne-Franche-Comté. Cette fois-ci, ce sont leurs défaites qui attirent l’attention. Dans la capitale alsacienne, Jeanne Barseghian doit se contenter de la seconde place, à peine devant le candidat LR Jean-Phippe Vetter et à distance respectable de Catherine Trautmann, qui va reprendre le fauteuil de maire qu’elle avait quitté il y a… 26 ans. Dans la cité comtoise, Anne Vignot est devancée par son éternel rival le LR Ludovic Fagaut qui ramène ainsi Besançon dans le giron de la droite après 73 ans de mandats de gauche.
Pour l’une comme pour l’autre des maires battues, la stratégie controversée de fusion dite « technique » avec LFI aura échoué. Les écarts constatés au soir du premier tour, de l’ordre de six points à chaque fois, n’ont pas bougé (*). A noter qu’une motion appelant à l’élection de Ludovic Fagaut avait recueilli la signature de plus de 100 chefs d’entreprise entre les deux tours, au motif de la défense de « l'économie, moteur qui finance les services publics et n'est pas une force opposée aux citoyens. » De quelle couleur est la victoire à Strasbourg ? C’est la question-piège du jour. La socialiste Catherine Trautmann s’était vue retirer l’investiture du PS dans la foulée du ralliement à elle du candidat Horizons éliminé (Pierre Jakubowicz). Elle semblait promise à l’exclusion, mais après le verdict des urnes, le premier secrétaire du parti Olivier Faure a assuré que la prochaine maire « était toujours socialiste »…

Frédéric Marquet, l’homme nouveau à Mulhouse
Parmi les villes que nous avions retenues comme à suivre avant le premier tour, quelques autres sortants ont pris la porte. A Mulhouse (Haut-Rhin), la bouteille à l’encre du 15 mars sous la forme de la qualification au second tour de pas moins de six listes, n’a été débouchée qu’à la marge en nombre de postulants, puisque cinq se sont présentés au vote des électeurs. Mais c'était assez pour faire basculer la ville : la fusion des listes de Frédéric Marquet et Lara Million a sans doute été décisive dans la victoire du premier, candidat indépendant qui avait bien percé dans la campagne pour la ville dont il fut le manager du commerce., Quatre candidats se tiennent en un plus de quatre points, de 24 à 20 %, du vainqueur à la maire sortante Michèle Lutz (divers droite).
Balancier dans les deux sens à Creusot-Montceau
A Beaune (Cöte-d’Or) le désaveu pressenti d’Alain Suguenot est devenu réalité dès le premier tour. Le premier magistrat depuis 1995 a été largement battu par son premier adjoint, Pierre Bolze. En Saône-et-Loire, Le Creusot change aussi de visage. Le socialiste David Marti doit céder sa place après 49 ans de « règne » de son parti sur la ville industrielle, il a été devancé assez nettement (57 % contre 53 %) par le divers droite Charles Landre. Le balancier s’est toutefois mis en mouvement dans les deux sens dans l’agglomération commune avec Montceau-les-Mines, où Marie-Christine Jarrot (LR) est battue de justesse, d’une soixantaine de voix, par Isabelle Louis (PS et Alliés).
Continuités en Bourgogne, hormis Auxerre

La « prime au sortant » a toutefois joué dans un grand nombre de villes. A commencer par Dijon où Nathalie Koenders (PS) a assumé son rôle de favorite sans difficulté majeure, elle a recueilli plus de 58 % des suffrages dans la triangulaire avec Emmanuel Bichot (LR, 30,7 %) et le RN Thierry Coudert. Elle entame ainsi son premier mandat complet de maire, fonction à laquelle elle a succédé à François Rebsamen il y a un peu plus d'un an. De suspense, il y en a eu encore moins à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) où le LR Gilles Platret a laminé la concurrence dès le premier tour. A Mâcon, Jean-Patrick Courtois (LR) a dû passer par le second tour face à la bonne percée à gauche d’Emile Blondet qui a créé un début d'incertitude, finalement levé. Scruté de près, le macroniste Denis Thuriot conserve la mairie de Nevers (Nièvre) au second tour. En revanche, l’Horizons Crescent Marault est battu dans une quadrangulaire à Auxerre (Yonne) qui voit le divers centre Mathieu Debain lui ravir le fauteuil.
D’autres édiles ont conservé leur mandat non sans avoir été plus bousculés que prévu. C’est le cas à Colmar d’Eric Straumann (LR) qui devance finalement de six points la candidature à droite de l’ancien député Yves Hemedinger.
Le troisième larron engrange à Pontarlier

En Franche-Comté, la stabilité attendue a été presque de mise. Damien Meslot (LR) a simplement dû attendre le second tour à Belfort pour rejoindre ses collègues Marie-Noëlle Biguinet à Montbéliard, Alain Chrétien à Vesoul et Jean-Baptiste Gagnoux à Dole vainqueurs dès le soir du 15 mars. En revanche, à Lons-le-Saunier, Cyrille Brero détrône avec une avance de près de quatre points le maire Jean-Yves Ravier. A Pontarlier (Doubs), la bataille « fratricide » entre les adjoints de Patrick Genre, Bénédicte Hérard et Bertrand Guinchard, a tourné à l’avantage d’un troisième candidat, comme la tendance du premier tour le dessinait : Patrick Comte, encore récemment dirigeant d’une entreprise de travaux publics, est élu. .
Klein et Grosdidier solides à Nancy et Metz
En Lorraine, le PS Mathieu Klein à Nancy et le divers droite François Grosdidier n’ont pas tremblé. Ils ont été aisément élus ce dimanche après avoir frôle la victoire dès dimanche dernier. La continuité domine, avec également Pierre Cuny reconduit à Thionville. Mais aussi Fabien Engelmann à Hayange qui fut l’un des premiers maires frontistes de France en 2014. Dès le premier tour, les électeurs lui ont confié un troisième mandat à la tête de la commune ouvrière de Moselle
.Si elle a été contenue dans les agglomérations, la percée du RN a été perceptible dans des communes de plus petite taille, il s’empare ainsi d’Amnéville (Moselle) malgré une coalition hétéroclite contre son candidat Grégoire Laloux, ainsi que de Wittelsheim (Haut-Rhin) l’ancien bastion des mines de potasse, avec la victoire de Raphaële Schober.

Nos plus chaleureuses félicitations vont à Christiane Perruchot, la cofondatrice de Traces Ecrites et sa rédactrice en chef jusqu’en 2022. La liste qu’elle conduisait dans la petite commune de Trochères (Côte-d’Or) l’a emporté le 15 mars. Auparavant déjà adjointe, Christiane va poursuivre ainsi avec le talent qu’on lui connaît son investissement dans le développement local qui s’était exprimé sous une autre forme durant sa carrière professionnelle de journaliste.
(*) les résultats à Strasbourg : Catherine Trautmann 37,0 % Jeanne Barseghian, 31,7 % Jean-Philiippe Vetter (31,3 %)
à Besançon : Ludovic Fagaut (53,3 %) Anne Vignot (47,7 %)




















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