Le nouveau cluster Santenov de Dijon signe avec le Leem et le Génopôle. Elithis, le pionnier des tours à énergie positive, en redressement. L'Alsacien Acea fait entrer Capital Grand Est et annonce une prochaine opération de croissance externe. Droits de douanes : menace sur un quart des exportations aux Etats-Unis du vin de Bourgogne. Le Crédit agricole Alsace-Vosges en baisse « assumée » de résultat. NGE reprend les entités du groupe vosgien de construction Morlot. Redressement judiciaire pour trois établissements du groupe Epicure à la cité de la gastronomie et du vin de Dijon.


Bourgogne

• Le nouveau cluster Santenov de Dijon signe avec le Leem et le Génopôle

Porté sur les fonts baptismaux le 1er janvier 2025, le cluster santé Santenov Dijon Bourgogne a signé, le 3 avril dernier, ses premiers partenariats avec deux organismes nationaux d’envergure, le Leem, syndicat et lobby des entreprises du médicament, et le Génopole, premier biocluster français, installé à Évry-Courcouronnes (Essonne). « L’enjeu pour Santenov est de se démarquer en Europe. Les entreprises de pharmacie sont toutes mondiales, et les investisseurs regardent les pays, pas les régions », estime Pascal Le Guyader, directeur général adjoint du Leem. S’il vise donc à assurer une visibilité internationale aux entreprises de santé bourguignonnes, le partenariat signé avec le syndicat permettra également de bénéficier de la veille réglementaire et des capacités de lobbying de celui-ci. La convention avec le Génopole se veut plus directement opérationnelle : celui-ci va accompagner le programme d’accélération Santenov’Boost et accueillir deux jeunes start-ups dijonnaises, Cellaven, qui développe Nestor, un automate de culture cellulaire orienté vers la R&D, et Ummon Health. Elles bénéficieront de l’expertise d’incubation et d’accélération du Génopole, qui a déjà accompagné près de 300 start-ups depuis sa fondation en 1998.

Né de la fusion de BFCare, réseau fédérant les entreprises de santé bourguignonnes, et de Santenov pour le soutien aux projets innovants, le cluster Santenov Dijon Bourgogne regroupe 150 entreprises régionales, représentant 6.000 salariés et un chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’euros, ainsi que les laboratoires de recherche regroupant près de 900 scientifiques. Le groupe Patriarche lui construit actuellement un bâtiment « totem » de 9 300 m2 dans le quartier Sully à Dijon pour y accueillir des start-ups et animer la filière. A. Morel

 

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Bourgogne-Franche-Comté Grand Est  

• Elithis, le pionnier des tours à énergie positive, en redressement 

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La tour Elithis Arsenal, inaugurée en octobre 2023, se dresse sur 16 étapes dans l'écoquartier du même nom à Dijon. © Traces Ecrites


L’ingénieriste dijonnais du bâtiment Elithis se retrouve en redressement judiciaire. Le tribunal de commerce de Dijon a ouvert mardi dernier 1er avril une telle procédure, assortie une période d’observation de six mois. Les candidats à une reprise disposent d’un premier délai jusqu’au 25 avril pour remettre leur offre à l’administratrice judiciaire dijonnaise Marlène Loiseau. Selon les documents diffusés pour informer de l’ouverture de la procédure, Elithis a réalisé en 2023 un chiffre d’affaires de 32,1 millions d’euros pour un effectif de 59 salariés. La possibilité de cession concerne  les deux filiales opérationnelles représentant l’essentiel de l’activité avec 48 salariés cumulés à l’origine de 94 % du dernier chiffre d’affaires publié : Elithis Solutions pour le métier historique de bureau d’études et « Pole Immobilier », actif dans la promotion.

Fondée et présidée par Thierry Bièvre, Elithis a bâti sa notoriété sur la conception et la construction de tours de bureaux et de logements produisant plus d’énergie qu'elles n'en consomment, soit des bâtiments à énergie positive. Il a commencé à dupliquer son modèle, à Bordeaux, Mulhouse (construction en cours), avec des projets à Brest ou encore Le Havre et Saint-Etienne, à partir des pionnières respectives Dijon en tertiaire en 2023 (dans le quartier de l'Arsenal) et Strasbourg en résidentiel en 2018 (Danube). Dans le but de démultiplier encore davantage le concept, il avait reçu fin 2023 le soutien financier du gestionnaire d'actifs immobilier allemand Catella Residential Investment Management. Contacté ce lundi après-midi, Thierry Bièvre n’a pu être joint. M. Noyer 

 

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Alsace

• Acea fait entrer Capital Grand Est et annonce une prochaine opération de croissance externe

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Le sous-traitant électronique de Gundershoffen (Bas-Rhin) qui emploie 80 salariés a fait passer son chiffre d’affaires de 11 à 18 millions d’euros en deux ans. © Julie Giorgi


Capital Grand Est, via son fonds ReBest, annonce un investissement d'1,5 million d’euros pour accompagner la société Acea dans une nouvelle phase de croissance. Le spécialiste de la sous-traitance électronique de 80 salariés, basé à Gundershoffen (Bas-Rhin), a vu son chiffre d’affaires passer de 11 millions d’euros en 2022 à plus de 18 millions d’euros en 2024. L’arrivée du nouvel actionnaire, minoritaire, va lui permettre de renforcer son outil industriel, développer son équipe commerciale et optimiser ses outils de pilotage. ALa PME prévoit également de réaliser une opération de croissance externe à brève échéance. Des opportunités sont à l’étude. « Cette nouvelle phase est essentielle pour Acea : nous avons connu une forte croissance et devons aujourd’hui structurer nos opérations pour garantir une rentabilité pérenne », explique Thierry Mohr, le président de la société. « La volonté de renforcer la souveraineté industrielle aux niveaux européen et national ouvre des perspectives favorables à long terme pour le secteur. Alors que la filière avait été profondément affaiblie par les vagues de délocalisations massives vers l’Asie dès les années 2000, nous constatons aujourd’hui une dynamique de relocalisation et de réindustrialisation, qui bénéficie à des acteurs comme Acea », souligne Amir Elias, directeur de participations chez Capital Grand Est. J. Giorgi

 

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Bourgogne

• Droits de douanes : menace sur un quart des exportations aux Etats-Unis du vin de Bourgogne

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En 2024, la Bourgogne a exporté 21 millions de bouteilles vers les Etats-Unis, son premier marché international. © BIVB


L’annonce, mercredi 2 avril, par Donald Trump d’une taxation des exportations européennes à destination des USA à hauteur de 20 %, sème le trouble dans le Vieux Continent. En Bourgogne, le secteur viticole oscille entre la stupeur et un certain soulagement, considérant que le président américain a, un temps, menacé ses productions d’une taxation de 200 %. « L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis et ses déclarations depuis cette date ont fait planer de nombreuses incertitudes. L’annonce de nouveaux droits de douanes de 20 % pour toute l’Europe inquiète la filière qui craint de perdre jusqu’à un quart de ses exportations vers son premier marché », a commenté le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (BIVB).

Le coup de froid intervient sur un marché florissant. En 2024, la Bourgogne a exporté 21 millions de bouteilles vers ce qui constitue son premier débouché international (+15,9 % par rapport à 2023), représentant près de 370 millions d’euros de chiffre d’affaires (+26,2 %). En 2019, le même Donald Trump avait déjà taxé les importations viticoles françaises à hauteur de 25 %. Celles-ci avaient alors chuté, l’année suivante, de 15 % en volume et de 22 % en valeur. Cette fois, ce sont près de 100 millions d’euros de manque à gagner qui sont programmés… A. Morel

 

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Grand Est

• Le Crédit agricole Alsace-Vosges en baisse « assumée » de résultat

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Très active dans le financement de la transition énergétique, la caisse régionale a permis par exemple la réalisation de la centrale photovoltaïque au sol de Liffol-le-Grand (Vosges). © Générale du Solaire


Le Crédit agricole Alsace-Vosges a présenté la semaine dernière un bénéfice net de 41,7 millions d’euros, en recul de près de 7 millions d’euros par rapport à 2023 et situé assez loin « de notre niveau de référence de 75 millions d’euros », relève le directeur général Thierry Cornille. Celui-ci n’en retire pas pour autant un « motif d’inquiétude », soulignant que la caisse régionale « assume » cette évolution et dispose de 2,4 milliards d’euros de fonds propres. « Dans le contexte économique difficile du moment, nous faisons le choix de continuer à accompagner nos clients en les finançant, même si la marge d’intermédiation est plus faible. Nous ne sommes pas une banque qui pratique le stop & go », déclare-t-il. Si le produit net bancaire diminue également (- 3,5 % à 245,4 millions d’euros), cette stratégie est payante selon la caisse en terme de progression commerciale : elle fait état de 25.000 nouveaux clients qui lui font viser « à court terme » le seuil des 500.000 sur son territoire (491.000 à fin 2024) et d’un gain de 0,5 de part de marchés, pour revendique une part de 13 %.

Cette progression concerne aussi le segment  des entreprises, que le Crédit agricole Alsace-Vosges a alimenté à hauteur de 414 millions d’euros de crédits l’an dernier (environ un cinquième du total des financements nouveaux). La focalisation sur la transition énergétique se confirme, dans le cadre du fonds dédié CAREst avec les caisses de Champagne-Bourgogne, Franche-Comté, Lorraine et Nord-Est. Elle a abouti par exemple à financer la récente centrale au sol de 5 MWc (mégawatts crête) de Générale du Solaire à Liffol-le-Grand (Vosges). M. Noyer 

 

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Lorraine

• NGE reprend les entités du groupe vosgien de construction Morlot

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Morlot s’était distingué en fabriquant le spectaculaire dôme en structure bois de l’établissement Nancy Thermal. © NGE / Morlot


Le tribunal de commerce de Dijon a validé ce 4 avril l’offre de reprise déposée par NGE pour les sociétés du groupe vosgien Morlot sous le coup de procédures collectives. Le groupe français de BTP annonce qu’il reprend 110 salariés et 21 apprentis représentant 58 % des effectifs des sept filiales placées en redressement judiciaire ou procédure de sauvegarde le 30 janvier dernier. Cette opération dans mla foulée de la liquidation de la filiale Weisrock Vosges le 11 mars dernier signe la fin du groupe fondé par Laurent Morlot en novembre 2022 à Contrexéville (Vosges). Pour Jean-Baptiste Gonnet, directeur général adjoint de NGE en charge de la décarbonation, l’acquisition de compétences en charpente, construction bois, CVC -chauffage-ventilationclimatisation)-plomberie et enveloppe du bâtiment « s’inscrit pleinement dans la trajectoire de croissance de NGE et de son business plan 2024-2028 orienté transition écologique. » Cette acquisition ancre l’entité NGE Bâtiment (410 salariés, chiffre d’affaires de 200 millions d’euros en 2024) dans le quart nord-est de l’Hexagone dont elle était jusqu’alors absente. Sa priorité consiste désormais « à consolider les activités autour de 20 millions d’euros cette année, les trois-quarts dans la charpente bois et l’enveloppe du bâtiment et le quart restant en CVC-plomberie » précise Alain Tayar, directeur général de NGE Bâtiment. L’entreprise compte profiter par la suite de synergies au sein du groupe NGE, un géant de 23.000 salariés (chiffre d’affaires de 4 milliards d’euros en 2024) pour renouer avec un montant annuel de 50 millions d’euros. P. Bohlinger

 

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Bourgogne

• Redressement judiciaire pour trois établissements du groupe Epicure à la cité de la gastronomie et du vin de Dijon

Ce mardi 1er avril, le tribunal de commerce a placé en redressement judiciaire trois établissements du groupe Épicure Investissement hébergés au sein de la Cité internationale de la gastronomie et du vin de Dijon : la Table des climats, le Comptoir de la cité et la Cave de la cité. La décision a été prise suite à de lourdes dettes d’impayés de loyers. Pour donner un nouvel élan et l’aider à se sortir de ses difficultés, la Table des climats avait opéré un virage en ce début d’année en accueillant dans ses fourneaux Alexandre Clochet-Rousselet, qui a travaillé dans des restaurants étoilés notamment au relais Bernard Loiseau à Saulieu. Cette opération de séduction n’a pas suffi, malgré une bonne fréquentation. Epicure a affiché un exercice déficitaire en 2022 de 1,89 millions d’euros.

Pour François Desseille, adjoint délégué aux finances à la mairie de Dijon « le groupe rencontre des difficultés qui ne concernent pas uniquement Dijon. Nous avons 800.000 visiteurs par an, nous organisons des activités, des événements pour créer du flux, nous ne pouvons pas faire plus, c’est du privé, c’est à eux de faire les bons choix commerciaux. »  Toutefois, si les établissements étaient placés en liquidation judiciaire, on peut imaginer le coup dur qu'il induirait pour la cité de la gastronomie qui a mis du temps avant de trouver un public. Dans une hypothèse pessimiste, l’adjoint précise que les investisseurs travaillent déjà sur d’autres scénarios pour ces trois établissements. S. Dolidze

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