Le Bisontin R.Bourgeois en première ligne du cri d’alarme de l'électromécanique européenne. Le laboratoire dijonnais Filab décroche une accréditation clé pour le secteur aéronautique. Porsche cède le copilotage de Bugatti en Alsace. Depuis Strasbourg, Terdepol repousse les limites de la dépollution des sols industriels. La hausse des coûts pèse sur les résultats de l’emballeur franc-comtois Guillin. La chaleur des déchets, une moitié de source pour le réseau de Belfort.
Bourgogne-Franche-Comté
Le Bisontin R.Bourgeois en première ligne du cri d’alarme de l'électromécanique européenne
Ce « débrayage »-là est atypique : ce mardi, 120 usines en Europe cesseront leur production pendant une heure, à l’appel de leurs directions. Elles composent la fédération européenne de l’industrie électromécanique, ESN, qui s’estime fortement menacée dans son existence - et les quelque 100.000 emplois associés dans l’emboutissage, la découpe… - par la concurrence à moindre coût du reste du monde, la Chine en premier lieu. Sauf que cette situation, l’Union européenne se la crée…elle-même, ainsi que l’explique la principale entreprise concernée en Bourgogne-Franche-Comté, R.Bourgeois fabricante à Besançon (Doubs) de circuits magnétiques pour les moteurs électriques et les générateurs d’énergie, qui a été contrainte d’instaurer des mesures de chômage partiel depuis mars. En substance, l’UE n’est pas allée au bout de sa logique, explique le dirigeant Raymond-Nicolas Bourgeois : si l’acier européen décarboné va faire l’objet au 1er juillet d’une « protection légitime et salutaire » par la diminution des quotas autorisés d’importation sans droits de douane et le relèvement de 25 à 50 % de la taxation de leurs dépassements, de telles mesures « ne s’appliquent pas à l’aval, à savoir la transformation des métaux. »
Cette faille laisse la « voie libre aux volumes chinois » et dans le cas des productions de l’ETI bisontine, provoque « un différentiel de coût final de 50 % avec la Chine, transport compris ». Résultat : « nos clients nous disent de transférer les volumes vers notre usine chinoise si nous voulons continuer à travailler avec eux. Nous avons le couteau sous la gorge », poursuit Raymond-Nicolas Bourgeois. L’ « aberration » consiste en le retour de ces volumes au final en Europe chez ces utilisateurs…tant qu'ils maintiendront leurs unités de production en Europe, ce qui n’est pas sûr pour le dirigeant : « Ce qui se passe, avec de surcroît les concessions à l’industrie automobile de l’IAA (*), conduit à la disparition des usines européennes de moteurs électriques », affirme le patron bisontin.
La fédération ESN réclame aux autorités européennes la mise en œuvre des taxations sur les transformateurs de métaux extra-communautaires déjà appliquées aux sidérurgistes qui les fournissent. Et vite : « On ne pourra pas attendre deux ans », assure Raymond-Nicolas Bourgeois, dont le groupe concentre à Besançon 450 emplois sur son total de 1.200 pour un chiffre d’affaires de 375 millions d’euros en 2025. M.Noyer
(*) IAA Industry Accelerator Act qui abaisse à 50 % le « contenu local » (le sourcing européen) pourla chaîne de traction automobile
Bourgogne
Le laboratoire dijonnais Filab décroche une accréditation clé pour le secteur aéronautique

Spécialiste à Dijon de l’analyse chimique pour l’industrie, Filab (140 collaborateurs, chiffre d'affaires de 17,5 millions d’euros en 2025) vient d’obtenir son accréditation Nacap® Material Testing Laboratories, reconnaissance internationale qui lui ouvre les portes des prestations les plus exigeantes dans le secteur aéronautique. Ce « label » est accordé par le Performance Review Institute (PRI), organisation à but non lucratif basée à Pittsburgh aux États-Unis, à des entreprises capables de répondre aux exigences strictes de l’industrie en matière de qualité, de conformité aux spécifications et de satisfaction client. Il est souvent imposé par les grands donneurs d’ordres. Filab se voit ainsi confirmer sa capacité à accompagner les industriels de l’aéronautique dans leurs besoins d’analyse et de caractérisation des matériaux, plus spécifiquement à base d’aluminium, de fer, de nickel et de titane, de spectrométrie et de métallographie. Le laboratoire dijonnais est par ailleurs accrédité Nadcap® (National Aerospace and Defense Contractors Accreditation Program) pour l’analyse des gaz dans les métaux. Implanté depuis 2024 dans un siège neuf de plus de 5.000 m2 à l’Écoparc Dijon Bourgogne, il détient des agréments d’acteurs majeurs que sont Safran et Dassault Aviation. P.Bouillot
Porsche cède le copilotage de Bugatti
Porsche a annoncé, ce 24 avril, son désengagement de Bugatti, la mythique marque de voitures produites dans son berceau de Molsheim (Bas-Rhin). Soumis aux défis de l’électrification de l’industrie automobile et du recul actuel des ventes, le constructeur automobile concrétise par cette décision le « recentrage sur le cœur de métier » dont il avait fait part depuis quelques semaines. Il cède les 45 % qu’il détenait dans Bugatti à un groupement de sociétés de capital-risque et d’investisseurs conduit par la société américaine HOF Capital, soit un scénario qui devrait sceller la prise de contrôle complète sur le plan opérationnel de l’actionnaire de référence, le Croate Rimac. Ce fabricant de véhicules électriques a repris Bugatti en 2021 auprès de Volkswagen la maison-mère de Porsche. L’usine de Molsheim emploie 180 salariés et achève un investissement d’extension de 10 millions d’euros. M.Noyer.
Alsace
Terdepol repousse les limites de la dépollution des sols industriels

Le procédé de dépollution des sols industriels contaminés de la start-up strasbourgeoise Terdepol (8 salariés) franchit une étape vers son entrée sur le marché, par la signature avec la Satt Conectus Alsace d’une licence technologique exclusive. L’innovation propose un procédé d’éco-lessivage des sols pollués aux hydrocarbures, permettant des réhabilitations rapides. Après excavation des terres, une unité de traitement contenant le procédé innovant est installée directement sur le site concerné pour agir en trois phases successives : le lessivage (séparation entre les hydrocarbures et la terre), puis la récupération des polluants, et enfin la remise en place de la terre propre. Le lessivage utilise une solution écologique contenant un tensioactif original, biodégradable et réutilisable. Les développements scientifiques et technologiques de Terdepol ont été opérés grâce aux laboratoires strasbourgeois ICube et ITES. La start-up incubée chez Quest for Change, a été lauréate 2025 du concours d'innovation i-Lab de Bpifrance. M.Noyer
Franche-Comté
La hausse des coûts pèse sur les résultats de l’emballeur Guillin
Le groupe d’emballages alimentaires Guillin basé à Ornans (Doubs) a conclu son exercice 2025 par une légère croissance d’1,7 % de son chiffre d’affaires qui atteint un total de 884,5 millions d’euros. Ses résultats s’affichent en revanche en recul, de 19 % pour le bénéfice net (48,6 millions d’euros) et de 13,6 % pour le résultat opérationnel. Situé à 67,5 millions d’euros, celui-ci a été impacté par la « hausse des coûts de production liée à l’inflation », observe la direction du groupe de 3.200 salariés. Celle-ci pointe une augmentation « structurelle » des coûts en Europe, qu’elle qualifie d’ « enjeu majeur de productivité et de compétitivité face à une concurrence grandissante de pays à main d’œuvre bon marché : Turquie, Chine... » Ce contexte a amené Guillin à fermer des lignes de production au Royaume-Uni et en Allemagne l’an dernier. L’emballeur familial n’exclut pas des « effets indirects » du conflit au Moyen-Orient, sur ses approvisionnements et ses coûts. L’an dernier, il a procédé à cinq acquisitions en France puis en Belgique qui contribuent au développement prioritaire de son pôle papier-carton. M.Noyer
Franche-Comté
La chaleur des déchets, une moitié de source pour le réseau de Belfort

Le mode d’alimentation du futur réseau de chaleur du Grand Belfort se précise, à travers la convention signée le 23 avril entre l’exploitant Dallkia et le syndicat départemental de traitement des déchets le Sertrid. La chaleur de l’incinération des déchets ménagers de l’unité du syndicat à Bourogne procurera 47 % des 165 Gwh annuels de besoins, devenant ainsi la source principale, devant la chaudière à biomasse prévue à Andelnans dans le cadre du contrat de délégation de service public conclu en début d’année. Avec d’autres ressources, la part des « énergies renouvelables et décarbonées atteindra 91 % », précise Dalkia. La société, filiale d’EDF, construira les 55 km du réseau, elle investit au total 125 millions d’euros. Le Sertrid, quant à lui, va consacrer 5 millions d’euros à l’optimisation-adaptation d’équipements pour le projet, comme des pompes à chaleur à absorption et un éco-condenseur. Les premières livraisons de chaleur sont prévues en octobre 2029, pour un déploiement complet en 2032 qui permettra de chauffer 18.000 logements et équivalents, dont 3.600 logements sociaux. M.Noyer











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