Les cinq caisses couvrant la Bourgogne-Franche-Comté et le Grand Est s'associent à Amundi, filiale d'investissement du groupe bancaire, pour lancer un fonds de soutien en haut de bilan à des projets d'envergure, de transition énergétique des industries et de création d'infrastructures d'énergies renouvelables. Il est doté de 75 millions d'€ dans le but de financer une dizaine de dossiers dans les deux régions.


Le Crédit Agricole unit ses forces dans l’Est au service du financement de la transition énergétique. Cinq caisses du groupe bancaire - les Crédits Agricole de Champagne-Bourgogne, Franche-Comté, Alsace-Vosges, de Lorraine et du Nord-Est - couvrant au total les deux régions de Bourgogne-Franche-Comté et du Grand Est, lancent en ce début d’année un fonds, CAREst TE pour Crédit Agricole Région Est Transition Energétique, qui leur est commun et les associe à Amundi, la filiale de gestion d’actifs du groupe.

Ce nouveau « véhicule » financier, inédit au sein du groupe Crédit Agricole, entend croiser sur sa route les projets d’envergure. Il a en effet vocation à financer des dossiers d’un montant à partir de 30 millions d’€, jusqu’à 100 millions environ. Soit la dimension dans laquelle chaque caisse prise individuellement n’évolue pas.

« De 1 à quelques millions d’€, nous savons faire. Ici, il s’agit de se positionner sur des dossiers plus importants en taille, portés par des acteurs d’envergure nationale, basés hors de notre territoire régional, mais qui veulent y investir. C’est la captation chez nous de tels projets que nous visons grâce à CAREst TE », expose Eric Martin, directeur général adjoint du Crédit Agricole Franche-Comté.

 

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Les « parents » du nouveau fonds estiment avoir trouvé le périmètre géographique le plus pertinent possible en réunissant la Bourgogne-Franche-Comté et le Grand Est. « Il fallait viser ni trop petit, ni trop grand, afin de pouvoir prendre les décisions à une certaine échelle de proximité, de façon rapide. Nous pensons réunir ainsi les atouts de la réactivité, de l’homogénéité territoriale et de l’effet taille nécessaire, en nous appuyant sur la force de frappe financière et l’expertise technologique d’Amundi Transition Energétique (*), qui sera le gestionnaire du fonds », poursuit Tristan Lamy, directeur du développement et des transitions au Crédit Agricole de Champagne-Bourgogne.

Le fonds est doté d’une enveloppe de 75 millions d’€, qui n’est pas conçue pour s’éparpiller : elle vise à financer « 10 à 15 projets », jusqu’à hauteur unitaire de quelques millions d’€. « La règle prudentielle requiert d’éviter d’injecter plus de 10 % d’un tel instrument financier dans un seul projet », confirme Tristan Lamy. Les fondateurs de CAREst TE évaluent à environ cinq ans le temps de décaissement de la somme totale.

 

Décarbonation dans l'industrie et énergies renouvelables

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Tristan Lamy, directeur du développement et des transitions au Crédit Agricole de Champagne-Bourgogne est l'une des chevilles ouvrières de la constitution du nouveau fonds, à l'instar d'Eric Martin, directeur général adjoint de la caisse de Franche-Comté. © Olivier Douard


Cinq axes d’investissements ont été dévolus au nouvel outil de financement : la décarbonation industrielle (les projets de conversion énergétique d’entreprises), les réseaux de chaleur et de froid, l’agrivoltaïsme (installation de centrales photovoltaïques sur les exploitations agricoles), la méthanisation et l’hydrogène, et enfin, « le développement des énergies renouvelables (éolien, solaire, hydroélectricité) ».

Le champ est donc vaste…et bien assumé ainsi : « Nous avons cherché à prospecter le plus large possible, de sorte à ne se fermer aucune porte vers l’avenir qu’il est bien difficile de cerner, tant les technologies et les environnements de marché évoluent vite : il y a cinq ou sept ans en arrière, qui aurait pu prédire que tous ces axes-là puissent être prioritaires ? », soulève Tristan Lamy. 

Cette diversité induit aussi celle des bénéficiaires : industriels, mais aussi collectivités. Quant au temps d’investissement dans les projets, il se veut être long, au moins cinq ans, et plutôt dix ans de fait. L’intervention sera de « haut de bilan » : apport de fonds propres, dont potentiellement la prise de participation minoritaire au capital de la société de portage du projet. Le financement complémentaire, sous forme de prêts, pourra s’opérer dans le cadre de pools en collaboration avec d’autres établissements bancaires. 

 

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Chaque caisse régionale de la banque verte a constitué ou est en train de constituer une équipe dédiée de quelques personnes (quatre à chaque fois pour Champagne-Bourgogne et Franche-Comté, par exemple) afin de conseiller les clients entreprises au mieux sur le sujet de la transition énergétique et détecter les projets, en association avec les chargés de clientèle de proximité. Les concrétisations ne devraient pas tarder.

Un premier comité d’engagement s’est tenu en février. Il a examiné cinq dossiers et donné son accord à un premier projet, dont la teneur reste encore confidentielle, pour un financement de 5 millions d’€.

(*) Filiale d’Amundi qui gère 360 actifs dans la transition énergétique représentant une puissance cumulée de 1.700 mégawatts, soit l’équivalent de la fourniture en électricité d’1 million d’habitants.

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