Le sous-traitant électronique Acea basé à Gundershoffen, dans le nord du Bas-Rhin, a consacré près de 2 millions d’euros sur les 20 derniers mois au développement et à la modernisation de son parc d'équipements. Estimant sortir du déficit de composants provoqué par la crise sanitaire, il s’attend à une forte croissance.
La période du Covid n’a pas manqué de donner des sueurs froide à une entreprise comme Acea dont l’activité est suspendue à la disponibilité des composants électroniques, . Mais cette phrase peut commencer à se conjuguer au passé. « La crise sanitaire a incontestablement freiné notre activité, en raison de la pénurie des matériaux et pièces. Mais aujourd’hui, nous sommes revenus à une situation presque normale », observe Thierry Mohr, le directeur général de l’entreprise.
© Stadler / région Grand Est.
Applications et Constructions Electroniques d’Alsace, le nom complet d’Acea, est spécialisée dans la fabrication de cartes électroniques et le montage d’ensembles et sous-ensembles pour l’industrie, la domotique, le secteur médical, la sécurité… Basée à Gundershoffen (Bas-Rhin), elle emploie 62 salariés et a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 11 millions d’€. Les nuages se dissipant, elle vise un chiffre d’affaires de plus de 15 millions d’€ pour son exercice en cours. « Les projets peuvent enfin voir le jour », affirme le dirigeant avec soulagement.
Et pour anticiper cette progression, la PME a investi 1,8 million d’€ dans de nouveaux équipements sur les 20 derniers mois. Des machines de pose de composants ont été remplacées par des équipements plus récents.
En 2021, deux nouvelles lignes de vernissage et une autre de résinage ont été installées, permettant des déposes ultraprécises. L’entreprise s’est également dotée de matériels de contrôle par caméra et rayons X, ainsi que d’un cobot (robot collaboratif) pour le collage de boîtiers. « Ces nouveaux matériels automatisés nous permettent d’augmenter nos volumes et notre productivité. Nous gagnons en économies de coûts et de délais et en qualité », atteste Thierry Mohr.
Pour financer ces investissements, la PME bas-rhinoise s’est tournée vers ses partenaires bancaires habituels. Mais elle a aussi bénéficié du prêt participatif de la Région Grand Est. « Cela montre qu’on est compétitif en France », souligne le directeur général.
Grâce à ses machines d’une capacité de pose de 40.000 composants par heure, Acea est capable de fabriquer des prototypes et des cartes électroniques en petites, moyennes et grandes séries.
Un savoir-faire reconnu en région et à l’international
Thierry Mohr qui a repris la société (ex-Alcatel) en 2011, a réussi son pari : en faire un sous-traitant connu et reconnu dans le Grand Est. Et par le biais de ses clients historiques, Acea a traversé les frontières.
Alors qu’en 2011, elle ne vendait à l’étranger qu’en Allemagne et au Benelux, elle livre également depuis huit ans en Australie, en Malaisie, en Pologne, aux Etats-Unis, au Mexique, ou encore au Brésil. Aujourd’hui, l’export représente 55% du chiffre d’affaires et les Etats-Unis sont devenus le premier client à l’international. Actuellement, Acea livre même en Chine des cartes électroniques équipées de plugins (modules d’extension) fabriqués dans ses ateliers.
La PME alsacienne est aussi engagée dans le label « Industrie du futur 4.0 » et dans un projet interne baptisé DBT (do better together). Initié en 2022, celui-ci se développe jusqu’en 2025 selon trois axes : la digitalisation pour aller vers le zéro papier en remplaçant notamment les fiches imprimées d’instruction pour les opérateurs par des vidéos sur tablettes numériques, la RSE (meilleure gestion des déchets, économies d’énergies), et la qualité de vie au travail (investissements dans le mobilier et le matériel informatique).
Acea poursuit, en outre, la transformation de son organisation industrielle. Dans son projet intitulé « Phoenix 4.0 », elle utilise le lean comme instrument d’amélioration continue, en responsabilisant les opérateurs et en généralisant le management visuel dans l’usine.
Lancé fin 2022, le prêt participatif Grand Est est un dispositif de financement destiné aux entreprises. Initié par le conseil régional, il est géré par le Fonds européen d'investissement, et financé et déployé par les banques partenaires.
En un an, une cinquantaine d'entreprises ont été accompagnées dans le Grand Est, pour un total de 18 millions d'€, selon un montant moyen de 360 000 euros. Il s'agit d'un emprunt à 4,5%, dplafonné à 500.000 € et dont le remboursement peut être différé de 2 à 5 ans. Acea a été l'une des premières sociétés à en bénéficier. Le président de région, Franck Leroy, s’est rendu dans les locaux de Gundershoffen, en octobre dernier, pour en assurer la promotion à l'appui de
cette preuve du terrain.



































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