Le chiffre d’affaires des vins de Bourgogne à l’export a atteint 752,7 millions d’€ sur la première moitié de 2023. Leur niveau record traduit cependant un bilan en demi-teinte, car ils marquent le pas sur le marché national, notamment dans la grande distribution. Le point annuel de rentrée du Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (BIVB) dresse ces constats.


Les vignerons et négociants bourguignons affichent « une mine réjouie devant la belle récolte 2023, en quantité et en qualité », a fait savoir François Labet, président du Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne, lors de la traditionnelle conférence de presse de rentrée du BIVB.

 

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Ce moment de bilan, consacré aux chiffres, encore incomplets, de la campagne 2023, met en exergue deux tendances opposées : les vins de Bourgogne se portent toujours très bien à l’export, atteignant même un niveau record sur les six premiers mois de 2023, tandis qu’en France leurs ventes baissent en grande distribution, du fait de l’inflation et du manque de disponibilité des vins.

« En grandes surfaces, nous observons un recul global de la vente de produits de grande consommation (-3,3 % sur les 8 premiers mois de l’année), qui impacte fortement celle de vins, particulièrement des Bourgognes en recul de 14,6 % en volume et de 5,2 % en chiffre d’affaires sur la même période », analyse Laurent Delaunay, président délégué du BIVB.

Pas question pourtant d'émettre l'hypothèse que cette évolution résulterait aussi du renchérissement du prix des vins de Bourgogne, observé suite à la mauvaise récolte 2021 et au manque de volumes afférent : l’interprofession la balaye d’un revers de main. « Nous observons les catalogues de vente des vins dans la grande distribution où l’on peut acheter des Bourgognes à des prix compétitifs. Les opérateurs font des efforts pour s’adapter au marché et l’on trouve des appellations régionales, qui représentent plus de 50 % de la production, à moins de dix euros. Qui peut dire dans ce contexte que les vins de Bourgogne sont chers ? », interroge le président délégué. Même tonalité du côté de François Labet qui estime qu’il « n’existe pas de meilleur rapport qualité - prix que les appellations régionales de Bourgogne blanc et rouge. » 

 

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François Labet (à gauche), président du BIVB, et le président délégué Laurent Delaunay (à droite) ont dressé un bilan encore provisoire
des ventes pour la première partie de 2023, mais aux tendances bien affirmées.  © Arnaud Morel

 

Les chiffres de l’année prochaine permettront de vérifier les analyses de la profession. En tout cas, la récolte 2023 s’annonce abondante, comme l’a été 2022. La disponibilité des vins de Bourgogne va donc logiquement s’améliorer. « Nous avons partiellement reconstitué les stocks avec la récolte 2022, à 1,75 million d’hectolitres soit environ 233 millions de bouteilles. Cette année s’annonce également exceptionnelle même si nous n’avons pas encore les chiffres précis de sa volumétrie. Nous pouvons à nouveau partir à la conquête de parts de marché », détaille Laurent Delaunay.

Si le marché français reste atone, les performances des vins de Bourgogne à l’exportation battent des records, avec, pour la première fois, le dépassement du seuil des 750 millions de chiffre d’affaires (752,7 millions d’€) au premier semestre 2023, en croissance de 5,5 % par rapport à la même période en 2022.

 

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Fait remarquable, cette augmentation en valeur se conjugue avec une baisse de 7 % en volume. En effet, 43,2 millions de bouteilles ont été exportées sur le premier semestre 2023, contre 46,5 millions en 2022. Les Etats-Unis demeurent le premier débouché, en hausse de 6,7 % en valeur mais en diminution de 5,2 % en volume, suivis du Royaume-Uni, du Japon, du Canada et de la Belgique. « Nous observons, sur la seconde partie du premier semestre 2023, une croissance des volumes exportés dans ce que nous appelons “le club des cinq”, ces cinq principaux marchés à l’export », dévoile Laurent Delaunay.

 

Démarrage inférieur aux attentes pour les Cités des Climats et vins

Les trois Cités des Climats et vins de Bourgogne, ouvertes à l’été à Beaune, Mâcon et Chablis, ont attiré 33.000 visiteurs, dont 28.000 payants, durant leur premier trimestre d’ouverture. La plus importante, celle de Beaune, capte 70 % de cette fréquentation, constituée à 80 % de visiteurs français. Parmi les 20 % d’étrangers, les Belges et les Allemands sont les plus nombreux.
La fréquentation reste pour l’heure inférieure aux attentes. Beaune a reçu environ 20.000 entrées payantes sur le trimestre, ce qui la met sur une base annuelle de 80.000, là où ses promoteurs en prévoyaient 120.000. «  Nous espérons faire venir un tiers des visiteurs des Hospices, nous sommes donc un peu en deçà. Nous allons entreprendre un vrai effort de communication dans les prochains mois afin de faire mieux connaître nos Cités », commente Benoît de Charette, président de la Cité des Climats et vins de Bourgogne, qui assure en revanche que les visiteurs sont «  ravis de leur expérience. »

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