Croissance externe vers le Sud en vue pour l’emballeur franc-comtois Guillin. Le raccordement ferroviaire de l’EuroAirport confirmé en justice, sous conditions. La fermeture de Tetra Pak à Dijon, un dossier qui s’enlise à bas bruit. Coup de froid sur l’emploi des cadres en Bourgogne-Franche-Comté. MEF 68 : l’affirmation haut-rhinoise de la maison de l’emploi et de la formation de Mulhouse. La région Bourgogne-Franche-Comté raffermit son partenariat avec l’État américain du Wisconsin.

 
Franche-Comté

• Croissance externe vers le Sud en vue pour l’emballeur Guillin

Le groupe familial franc-comtois d’emballages alimentaires Guillin s’apprête à concrétiser une nouvelle croissance externe, en Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Fin mars, il a annoncé son entrée en négociation exclusive pour l’acquisition de trois sociétés totalisant un chiffre d’affaires de 13 millions d’euros pour un effectif d’environ 30 salariés : Cartonnerie Moderne à Entraigues-sur-la-Sorgue dans le Vaucluse, Alpes Emballages à Lardier-et-Valenca (Hautes-Alpes) et Défi Imprimerie à Saint-Cyprien (Loire). « L’activité de ces trois entités porte essentiellement sur la fabrication et la distribution d’emballages alimentaires en carton tels que les boîtes pâtissières, celles de snacking, de salade ou encore de traiteur, en majorité à destination des métiers de bouche », précise Guillin dans un communiqué. Le rachat se situerait ainsi dans le cœur d’activité de l’entreprise d’Ornans (Doubs), leader européen de la barquette plastique. Il devrait se concrétiser d’ici la fin de ce semestre. Avec son effectif de 3.000 personnes, Guillin a réalisé en 2023 un chiffre d’affaires de 884,6 millions d’euros. M.Noyer

 

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Alsace

• Le raccordement ferroviaire de l’EuroAirport confirmé en justice, sous conditions

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L'accès direct au réseau ferré pour accompagner la croissance du trafic de l'aéroport de Bâle-Mulhouse n'est pas attendu avant le milieu de la prochaine décennie.


Avant de raccorder au chemin de fer l’aéroport de Bâle-MulhouseSNCF Réseau devra mieux calculer son impact sur des surfaces naturelles. Saisi par l’association Alsace Nature d’un recours contre la déclaration d’utilité publique du projet, le tribunal administratif de Strasbourg n’a pas remis celui-ci fondamentalement en cause comme l’avait fait son homologue de Toulouse pour l’A 69 dans le Tarn fin février, en relevant la « finalité d’intérêt général » que revêt l’amélioration de l’accès à la plateforme franco-suisse. Elle rejette les arguments d’ « insuffisance » de prise en compte de l’étude d’impact relativement à la pollution de l’air, aux émissions de C02 et au bruit. Elle retient en revanche celui d’un calcul erroné de la superficie des zones humides concernées, représentant, selon l’avocat d’Alsace Nature François Zind, une « omission de 5,88 ha soit 42 % de plus » que la mesure effectuée dans l’étude.

Le tribunal se contente cependant de demander la régularisation de ce point sous 12 mois, « délai dans lequel il ré-étudiera également les autres arguments sur lesquels il n’a pu se prononcer (occasionnant un sursis à statuer, Ndlr) : insuffisante évaluation des enjeux des milieux Natura 2000, trames verte et bleue, défrichements… » poursuit Me Zind. Les juges strasbourgeois ont par contre rejeté les arguments de l’autre requérante, la commune suisse riveraine d’Allschwil qui ciblait notamment l’envolée des coûts du projet, portés désormais à une estimation de 353 millions d’euros valeur 2023, particulièrement élevée pour la longueur de 6 km du tronçon prévu. La mise en service de celui-ci n’est pas attendue avant 2034. M. Noyer

 

Cessions aquisitions

 

Bourgogne

• La fermeture de Tetra Pak à Dijon, un dossier qui s’enlise à bas bruit

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L'usine de Longvic aux portes de Dijon emploie 207 salariés. © Tetra Pak


Les salariés de l’usine Tetra Pak de Longvic aux portes de Dijon iront manifester ce vendredi devant le siège du groupe d’emballage en Suisse à Lausanne, pour essayer de se faire entendre sur le dossier de la fermeture programmée de leur site, synonyme de la suppression de 207 emplois d'ici septembre prochain. Depuis l’annonce de cette décision en janvier, ils multiplient assemblées générales et initiatives pour une alternative, sans rencontrer un grand écho, ou du moins qui soit suffisant pour faire infléchir le groupe. Ceci au grand regret de leur avocat Ralph Blindauer, qui estime que « la puissance publique doit jouer son rôle dans le dossier, sauf qu’elle est parfaitement absente », en pointant « la passivité » des ministres de l’Industrie, de l’Aménagement du territoire et du Travail (*). Pour interpeller, l'Etat les prochaines manifestations devraient avoir pour théâtre la préfecture de région à Dijon. « On exige d’être reçus à Matignon », ajoute Ralph Blindauer. M.Noyer

(*) respectivement Marc Ferracci, le Dijonnais François Rebsamen et Astrid Panosyan-Bouvet.

 

 Bourgogne-Franche-Comté
Coup de froid sur l’emploi des cadres

2024 n’a pas été une bonne année pour l’emploi des cadres en Bourgogne-Franche-Comté, et 2025 ne le sera pas non plus. L'Association pour l’emploi des cadres (Apec) dresse en substance ce bilan. Dans un contexte économique national et international incertain, le nombre de recrutements des personnels d'encadrement a fléchi de 5 % entre 2023 et 2024 dans la région. Une baisse moindre qu’au plan national (- 8 %) car les secteurs les plus impactés, les services à forte valeur ajoutée (informatique, banque, assurance, audit…) sont moins représentés. Les chiffres 2024 mettent fin à la progression constante depuis 2020. « C’est un coup d’arrêt », appuie Hervé Reynier, délégué régional de l’Apec. Pour autant, le solde d’emplois cadres créés reste positif, à + 1.740, avec des recrutements qui restent importants en volume dans le commercial et le marketing, la production industrielle et l’exploitation tertiaire – secteurs plus fortement présents en Bourgogne-Franche-Comté. Cette année, les effectifs de cadres devraient baisser de 5 % dans la région (- 4 % France entière). Il est prévu un peu plus de 5 500 embauches, avec là encore une part prépondérante pour l’industrie (39 % contre 14 % au national).
L’enquête de l'Apec révèle par ailleurs une profonde crise morale chez les cadres qui, pour la moitié d’entre eux, ont éprouvé l’envie de démissionner en 2024. Les choses risquent de ne pas s’arranger car la conjoncture va provoquer un « retournement du marché de l’emploi cadre », analyse Hervé Reynier : les marges de négociation salariale vont se rétracter, et les opportunités se réduire, pour les juniors comme pour les seniors. Les publics les plus sensibles (jeunes diplômés, plus de 55 ans, handicapés…) en seront les premières victimes. P. Bouillot


Alsace

• MEF 68 : l’affirmation haut-rhinoise de la maison de l’emploi et de la formation de Mulhouse

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L'organisme organise le MonatsTreff, rendez-vous mensuel de l'emploi en Allemagne frontalière. © MEF 68

 

La maison de l’emploi et de la formation (MEF) de Mulhouse Sud-Alsace devient « MEF 68. » Le changement de nom traduit l’élargissement à l’ensemble du département du Haut-Rhin de ses missions et activités. Celles-ci portent principalement sur l’accompagnement et aide à l’insertion sur le marché de travail de personnes qui en sont éloignées à travers l’animation du PLIE (Programme local d'insertion et d'emploi), la mise en œuvre des clauses d’insertion sociale dans les chantiers de travaux publics, la gestion prévisionnelle des emplois et compétences (GPEC) à échelle territoriale et la coopération transfrontalière avec les agences allemandes pour l’emploi de Fribourg-en-Brisgau et Lörrach (salon de l’emploi-formation Warum Nicht, rendez-vous mensuel MonatsTreff…). « Nous agissions déjà de fait pour partie au niveau départemental, le nouveau cadre vient compléter cette réalité et marquer la volonté d’apporter un service homogène sur tout le Haut-Rhin », commente Alexandra Walonislow, directrice de MEF 68.

L’élargissement résulte de partenariats renforcés avec la Collectivité européenne d’Alsace, qui a succédé au département du Haut-Rhin. Il s’opèrera sur demande, en fonction des marques d’intérêt des collectivités. En leur sein, M2A (Mulhouse Alsace Agglomération) demeure l’interlocuteur privilégié, compte tenu de l’historique et de la concentration sur son territoire de la plupart des enjeux que couvre MEF 68. Celle-ci compte 14 salariés pour un budget annuel de 2,6 millions d’euros apporté à 55 % par le Fonds social européen (FSE). M.Noyer

 

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Bourgogne-Franche-Comté

• La région raffermit son partenariat avec l’État américain du Wisconsin

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Marie-Guite Dufay, présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté a accueilli à Besançon Tony Evers, gouverneur du Wisconsin (au centre de la photo au premier plan) et Missy Hughes, directrice de l’agence du développement de cet État américain (à gauche). © Région Bourgogne-Franche-Comté


Les 3 et 4 avril, le déplacement à Dijon et Besançon d’une délégation de BioForward, le cluster en biosanté du Wisconsin, a pris un tour politique avec la présence à sa tête de Tony Evers, gouverneur démocrate de cet Etat américain du Midwest. Cette visite répondait à celle effectuée fin 2024 outre-Atlantique par Nicolas Soret, vice-président de la région Bourgogne-Franche-Comté chargé de l’économie, Martine Abrahame-Pleux, alors directrice générale de l’Agence économique régionale (AER BFC), et Nicolas Paris, PDG franco-américain du fabricant d’instruments de laboratoire Gilson dont le siège se situe à Middleton, dans le Wisconsin. Originaire de Haute-Saône, ce dirigeant se trouve à l’initiative de l’accord de partenariat entre l’AER BFC et le cluster BioForward qu’il préside. « Nos deux écosystèmes dans le domaine de la santé se ressemblent, nous pouvons travailler ensemble sur l’imagerie médicale, les biothérapies, les dispositifs médicaux », justifie Nicolas Paris.

Ce partenariat était destiné à l’origine à aider à structurer la filière régionale des biothérapies autour de la nouvelle marque Biovaliance. Il pourrait s’élargir rapidement au secteur agrolimentaire qui constitue un autre point commun entre les territoires, le Wisconsin assumant à lui seul 25 % de la production de fromage des Etats-Unis. Ainsi, à Dijon, la délégation américaine a visité l’usine de Tippagral, fabricant de produits laitiers et fromagers, adhérent du pôle de compétitivité Vitagora et participé au lancement du cluster Santenov Dijon Bourgogne. A Besançon, elle a découvert le pôle d’innovation Temis, le pôle de compétitivité des microtechniques (PMT) et des entreprises en lien avec les biothérapies et la bioproduction (Cellquest, Med’Inn’Pharma, RD Biotech…). « Dans le contexte actuel, ce partenariat revêt beaucoup de sens, souligne Arnaud Marthey, conseiller régional et vice-président de l’AER BFC. Les responsables du Wisconsin ont envie de montrer que le gouvernement fédéral qui se replie ne représente pas tous les Etats-Unis. » E. Prompt

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