Le pôle Vitagora de Bourgogne-Franche-Comté est partenaire de la quinzaine « Territoire et alimentation : viser des modes de production et de consommation plus durables » qui se déroulera dans le cadre de l’exposition universelle au Japon pendant six mois à partir du 13 avril prochain. Il emmènera avec lui une délégation d’entreprises de la région, dont le liquoriste Lejay Lagoute, le groupe Saint-Aubain et les miels Naturalim. Témoignages.
Direction Osaka au Japon pour Vitagora. Le pôle de compétitivité de Bourgogne-Franche-Comté a signé une convention de partenariat avec Jacques Maire, président du pavillon France, de sorte à participer de la thématique « Territoire et alimentation : viser des modes de production et de consommation plus durables » qui se déploiera dans la première quinzaine de l’exposition universelle débutant le 13 avril prochain dans la grande agglomération nipponne. Dijon métropole et le Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté ont chacun apporté 75.000 euros pour permettre à une délégation d’entreprises de se rendre sur place.
Celle-ci commencera par se faire présenter le marché national et ses modes de fonctionnement bien différents des nôtres, comme le souligne Christophe Breuillet le directeur de Vitagora : « le Japon en affaire, c’est un temps très long. On n’y va pas pour conclure un marché en une seule fois. » La délégation se rendra aussi au centre de recherches de Suntory, la plus ancienne société de fabrication et de distribution d’alcool du Japon. Elle découvrira également les institutions, le Ministère de l’agriculture et la NARO, l’équivalent japonais de l’INRAE (Institut national de recherches pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement). Les deux organismes français et japonais travaillent déjà ensemble sur le phénotype des plantes pour une meilleure sécurité alimentaire.
Les entreprises régionales se rendront évidemment sur le pavillon France de l’exposition universelle. On notera également une visite gourmande vin et alimentation, préparée par Blanche Loiseau, en lien avec le groupement de filières Les Produits gourmands de Bourgogne-Franche-Comté. Focus sur trois de ces entreprises qui s'embarquent dans l'aventure Osaka.
Le groupe Saint-Aubain : « Le Japon comme laboratoire expérimental »

Le groupe Saint-Aubain est une entreprise adaptée (chiffre d’affaire de 30 millions d’euros) située à Paray-Le-Monial en Saône-et-Loire, qui conçoit des produits à façon (pâtisserie, surgelés, snaking…) pour des clients en restauration hors domicile. Comptant 120 salariés, elle existe depuis 140 ans. Elle s’appuie aujourd’hui sur le savoir-faire de cinq chefs qui s’appliquent à concevoir de nouvelles recettes dans une rapidité extrême.
Mais pourquoi cette entreprise qui réalise 92 % de son chiffre d’affaires en France et le reste ailleurs en Europe est-elle attirée par le Japon ? Son directeur commercial Jean-François Torrelle considère ce pays un peu comme un laboratoire vivant. « Je sais que ce marché est le plus difficile et le plus exigeant, c’est pour ça qu’il m’intéresse, il nous permet de passer à la moulinette tous les éléments », expose-t-il. L’exercice sert aussi à s’acculturer aux exigences locales. « L’apprentissage des demandes des consommateurs est quelque chose d’essentiel qui va nous permettre de monter en gamme » explique Jean-François Torrelle. Un croque -monsieur à la truffe fera partie des bagages pour être mis à la moulinette des critiques de goût japonaises. Conscient que la démarche prend du temps, le groupe espère commercialiser ses premiers gâteaux sur place d’ici deux à trois ans.
Naturalim : « s’installer au Japon comme une exception abordable »

Naturalim, filiale de la coopérative Les Compagnons du miel, analyse, sélectionne et conditionne le miel à Port-Lesney dans le Jura. Elle compte 47 salariés et réalise un chiffre d'affaires annuel de 37 millions d'euros. Son miel sert à la fabrication de marques distributeurs, mais aussi à la marque « Compagnons du miel » que les producteurs ont décidé de créer il y a quelques années afin mieux maitriser leur production. C’est pour mettre en avant cette marque que Franck Séguier, le directeur de Naturalim, se rendra au Japon avec la délégation de Vitagora.
Ce pays est un important consommateur de miel au même titre que la France, puisqu’il en importe environ 45.000 tonnes par an. Les Compagnons, certifiés Agri-Ethique France, veulent mettre en avant leur modèle issu du commerce équitable. « Notre produit assez singulier n’a pas d’équivalent sur le marché mondial. Nous avons une grosse capacité de mise en pot, tout en privilégiant un circuit court et sans intermédiaire ». La société qui exporte actuellement très peu veut donc se faire reconnaître comme une « exception abordable » au Japon. « On va apprendre en marchant. L’idée est de faire avec l’alimentation, ce qu’on a fait avec les spiritueux et le vin », souligne le directeur.
« Montrer que Lejay Lagoute fait partie des pépites françaises »

Olivier Melis directeur général de Lejay Lagoute (groupe La Martiniquaise) se rendra également au Japon, pays dans lequel la société est implantée depuis les années 1980. Il y a une dizaine d’années, Suntory, la plus ancienne société de fabrication et de distribution d’alcool du Japon, faisait encore partie de son capital. La démarche du liquoriste de Dijon est donc différente des autres entreprises : « Notre objectif en allant à l’exposition universelle n’est pas de vendre des produits, c’est déjà le cas ! Nous sommes les plus importants spiritueux importés au Japon. Là-bas, il n’est pas rare que l’on demande un Lejay Lagoute pour désigner une crème de Cassis », relate Olivier Melis.
Sur les 15 millions d’euros de chiffre d’affaire de la société, près de la moitié (6,2 millions d’euros) est réalisé en Asie, notamment en Corée, en Chine, à Taïwan et au Japon, contre 25 % en France. En allant à l’exposition universelle, Olivier Melis veut ramener le soleil levant au bercail, en quelque sorte « Nous voulons montrer qu’une PME locale est leader au Japon », explique-t-il. Dès lors, ce passage au Japon s’adresse tout autant au public français et à ses institutions afin de leur dire « nous y étions, nous faisons partie des pépites tricolores. »
Photos fournies par les entreprises.














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