Le modèle porté par Id’ees repose sur la conviction que nul n’est inemployable et que le travail constitue la meilleure voie pour reprendre pied dans sa vie et dans la société. Il repose sur un écosystème original, déployé aujourd’hui dans toute la France par ce groupe dijonnais qui vient de célébrer son quarantième anniversaire.
7 avril 1985. Deux anciens éducateurs, Pierre Choux et Jacques Danière, fondent Id’ees 21 (comme Initiatives d’entreprises et de services – Côte-d’Or), convaincus de l’intérêt de l’insertion par l’activité économique (IAE). Leur activité débute avec une trentaine de salariés, dans les secteurs du déménagement, des travaux de peinture et de l’entretien. « Nous étions persuadés que l’entreprise constitue le lieu idéal pour créer une communauté où règnent partage, respect et engagement, se souvient Pierre Choux. Nous sommes une entreprise extra-ordinaire… qui conduit ses collaborateurs vers les sociétés ordinaires. »
La journée festive organisée au Palais des congrès de Dijon le 25 mars dernier à l’occasion du quarantième anniversaire a permis de mesurer l’exceptionnalité de ce parcours : le désormais groupe Id’ees est devenu un leader français de l’IAE, constitué de 9 filiales et 81 établissements répartis dans 42 départements, qui proposent une large diversité de services, de la sous-traitance industrielle à la propreté en passant par la valorisation des déchets, la menuiserie ou les espaces verts.
Les clients publics et privés ne tarissent pas d’éloges : « La compétence crée la confiance, résume Antonia Höög, directrice RSE et engagement du groupe Keolis. Nous travaillons depuis plus de 25 ans avec Id’ees en raison de la qualité de ses prestations, de sa réactivité et de sa capacité à amener ses salariés vers la formation ou vers un emploi durable. »
Quant aux salariés, ils témoignent volontiers de ce que leur a apporté cet employeur pas comme les autres : « J’ai trouvé ici l’écoute, la compréhension et l’aide dont j’avais besoin dans une période de turbulence, explique Brunelle, 30 ans. Grâce à l’accompagnement d’Id’ees 21, j’ai acquis de l’expérience et je me suis stabilisée. J’ai vraiment le sentiment d’être prise en considération. Ce n’est pas parce qu’on est en insertion qu’on ne compte pas. » Une manière de rappeler qu’Id’ees, ce n’est pas qu’un travail, c’est un parcours, chacun des salariés bénéficiant d’un accompagnement.
Aller plus loin et rester vigilant…

En quatre décennies d’activité, le groupe a employé 140.000 personnes. Chaque année, il fait travailler plus de 4.000 salariés en insertion, avec un taux de sortie positive (vers l’emploi ou la formation) qui dépasse 60 %.
Ces bons résultats sont le fruit d’un combat mené par les deux fondateurs, d’abord auprès de l’État : « Le pari était audacieux, il a convaincu des élus visionnaires, comme Roland Carraz, à l’époque maire de Chenôve, puis Jean-Pierre Soisson, qui sera ministre de la Formation professionnelle et président de la région Bourgogne, se souvient Pierre Choux. Claude Alphandéry, Martine Aubry et François Rebsamen ont conforté le modèle de l’insertion et sanctuarisé son fonctionnement. »
L’introduction des clauses d’insertion dans les marchés publics a représenté une avancée déterminante. « Le recours, dans ce cadre, aux services d’Id’ees pour les prestations de propreté, d’espaces verts, ou pour Divia et Odivea (*), constitue un partenariat gagnant-gagnant, pour les salariés et pour nos concitoyens », souligne la maire de Dijon et première vice-présidente de Dijon métropole, Nathalie Koenders. L’élue annonce que de telles clauses seront intégrées aux appels d’offres pour la construction de la troisième ligne de tramway attendue d’ici 2030.
Il faut poursuivre et amplifier le mouvement, assure Denis Machuel, président du groupe Adecco, partenaire de la première heure : « Ensemble, nous allons démultiplier nos efforts, de manière à augmenter de 40 % le nombre de personnes accompagnées », déclare-t-il. Il reste des avancées à réaliser, en particulier l’accès des salariés en insertion aux dispositifs de formation car « c’est en se formant davantage que ça marchera encore mieux », assène Pierre Choux. Il convient d’être attentif également aux risques de désengagement des pouvoirs publics, prévient Marie-Guite Dufay, présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté : « Nous sommes la seule région à soutenir le fonctionnement (l’aide au poste), mais il faut tenir un discours de vérité : nous allons devoir réduire notre engagement, à mon grand regret, car il faut trouver 40 millions d’euros d’économies sur notre budget pour contribuer au désendettement national », expose la présidente.
Un écosystème et un modèle originaux

Le modèle du groupe Id’ees et sa gouvernance originale n’en restent pas moins exemplaires. « Au sein du groupe, Réalise est la structure associative qui en accompagne le projet social, explique son président, Dominique Ravetto, ancien dirigeant d’une entreprise de bâtiment. Elle est composée de 24 membres, des personnes physiques issues d’univers différents qui partagent le même intérêt pour les gens en difficulté. »
Le duo à l’origine du groupe a d’ailleurs créé une fondation, dont la vocation consiste à appuyer les petites structures du monde de la solidarité. « Notre écosystème associe un actionnariat non-rémunéré, des élus, des partenaires publics et privés [ndlr : dont la Banque des territoires, entrée au capital en 2021], des acteurs de la formation, du travail et du social, souligne Patrick Choux, directeur général du groupe. Les idées utopiques des deux fondateurs sont devenues réalité grâce à l’engagement indéfectible de nos équipes. Nous continuerons, pendant les 40 prochaines années, à faire plus et mieux. »
(*) les exploitants respectifs des transports en commun-groupe Keolis) et du service d’eau-assainissement de l’agglomération dijonnaise (Sem à opération unique entre Dijon métropole et le groupe Suez).






















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