Insertion par l’économique. Pour l’agence icaunaise de C3B, filiale bourguignonne de Vinci Construction, une entreprise d’insertion est une entreprise comme les autres.

Seuls compte aux yeux de ce donneur d’ordres, le prix proposé, la qualité du travail effectué et le respect des délais.

D’ailleurs sur un chantier où tout le monde est en bleu, personne ne fait attention à la situation sociale de l’autre.

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Pour Victorien Lefort, directeur de l’agence icaunaise de C3B, implantée à Auxerre (Yonne), recourir à des entreprises d’insertion fait partie d’un quotidien des plus banals.

Parmi les sous-traitants habituels de cette filiale spécialisée dans le gros oeuvre du groupe Vinci Construction, il y a des entreprises d’insertion comme ID’ÉES 89.

«Elle est pour moi un interlocuteur comme un autre à qui je demande un prix, le respect d’un planning et une qualité d’exécution», explique cet ingénieur en génie civil de 32 ans, entré il y a neuf ans chez C3B (55 millions d’€ de chiffre d’affaires, 240 salariés, dont 55 dans l’Yonne).

«Il n’achète pas de l’insertion, mais des compétences», ponctue de son côté François Avrillault, le directeur d’ID’EES 89, filiale du groupe dijonnais ID’ÉES, créée en 1991 sur Auxerre et dédiée à certains métiers du second œuvre du bâtiment : carrelage, peinture, placo et menuiserie bois.

Comme tous les interlocuteurs que nous avons rencontrés pour publier cette série d’articles sur l’insertion (*), il défend le même discours :

«Non l’insertion n’est pas de l’assistanat. Oui, c’est une seconde chance à saisir et qui se mérite. Et enfin, oui elle rend des services inappréciables aux employeurs en quête d’une main d’œuvre».

50% de réussite

Car un salarié en CDD pendant deux ans chez ID’ÉES 89 devient rentable au bout de dix-huit mois.

Alors les entreprises à la recherche, là d’un plaquiste, ailleurs d’un peintre ou encore d’un carreleur, les débauchent avec plaisir.

«Nous en embauchons régulièrement, à condition qu’elles aient fait leurs preuves», confirme Victorien Lefort qui, en dépit d’une conjoncture plus terne pour le bâtiment, achève l’extension de la maternité d’Auxerre et réalise 36 pavillons pour la Foncière Logement.

Pour François Avrillault, les échecs liés à l’insertion découlent essentiellement du mauvais choix d’un nouveau métier ou d’un manque de motivation. Rien de bien différent somme toute que pour un parcours professionnel plus classique.

«Je revendique 50% de réussite et j’en suis fier», avoue François Avrillault, véritable personnage au franc parler et au regard lucide sur toute la petite classe dirigeante qui nous entoure.

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Crédit photos : Mathieu Gauthier, métreur chez ID’ÉES 89

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