En 2025, la biotech fondée par un ancien chercheur de l’Inserm espère tester un candidat médicament sur des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde. Et démontrer ainsi la pertinence de sa solution innovante de traitement des maladies inflammatoires chroniques, issue de cellules humaines.
C’est une étape importante pour les sept salariés de Med’Inn’Pharma : cette start-up de Besançon (Doubs) vient d’adresser une demande d’autorisation d’essai clinique à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) pour un candidat médicament baptisé MRT® (comme My Resolution Therapy). En janvier 2025, les premières injections de cet anti-inflammatoire de nouvelle génération devraient être pratiquées, à titre expérimental, sur des malades souffrant de polyarthrite rhumatoïde dans quatre centres hospitaliers universitaires (CHU) français, dont ceux de Besançon et Strasbourg.
Sylvain Perruche, le dirigeant et fondateur en 2017 de la biotech, espère ainsi prouver l’efficacité de la solution de résolution de l’inflammation qu’il a découverte il y a plus de dix ans, en 2013. Alors chercheur à l’Inserm, dans l’unité mixte de recherche « Interactions hôte-greffon-tumeur & ingénierie cellulaire et génique », il a identifié les cellules chargées de stopper la réponse inflammatoire du système immunitaire et de régénérer les tissus abîmés. « À partir des facteurs produits par ces cellules vivantes, on peut créer un médicament qui va rééduquer le système immunitaire des patients atteints d’une maladie inflammatoire chronique, au lieu de l’inhiber comme le pratiquent les anti-inflammatoires », résume le docteur en biologie.
Une première approche trop novatrice pour les investisseurs


Dans son laboratoire du centre Bio-Innovation de la technopole Temis Santé, Med’Inn’Pharma exploite donc la seule puissance des cellules humaines, alors que les biothérapies sont généralement issues de bactéries ou de cellules animales génétiquement transformées.
L’approche s’avère tellement novatrice que l’entreprise n’est pas parvenue à financer, en 2023, le premier essai clinique qu’elle projetait de conduire sur le Resolvix®, un candidat médicament pour le traitement d’une maladie rare, la sclérodermie systémique. Une levée de fonds de plus de 3 millions d’euros était nécessaire et la jeune pousse, lauréate du concours d’innovation i-Nov de Bpifrance, avait reçu une aide d’1,5 million d’euros du plan France 2030. « Je pensais que ce soutien public suffirait à ‘’dérisquer’’ le projet auprès des investisseurs privés, mais tel n’a pas été le cas, relève le dirigeant, avec une pointe de dépit. Notre technologie n’ayant pas d’équivalent, personne ne veut investir tant que son innocuité n’a pas été démontrée. »
Deux médicaments à développer en parallèle
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En conséquence, à l’été dernier, la start-up a « pivoté » vers le MRT® dont le développement clinique va « coûter bien moins cher », souligne l’entrepreneur-chercheur. Notamment du fait que sa matière première sera prélevée sur les patients participant aux essais et non sur des volontaires sains comme il était prévu pour le Resolvix®.
Cette phase expérimentale devrait permettre de « lever le risque qui empêche le développement de notre premier produit. Nous espérons recueillir suffisamment de données cliniques pour convaincre cette fois-ci les investisseurs d’emmener, en parallèle, les deux médicaments jusqu’au lit des malades », escompte Sylvain Perruche.
D’après ses projections, les premières doses de Resolvix®, contre la sclérodermie systémique, pourraient être commercialisées en France, Belgique, Allemagne et Italie dès 2028 ou 2029 car cette pathologie, orpheline de solutions thérapeutiques, bénéficie de processus règlementaires accélérés. Quant au MRT®, il pourrait être prescrit à partir de 2031 ou 2032 pour les cas de polyarthrite rhumatoïde résistants aux traitements existants. Med’Inn’Pharma aura alors atteint son but : « guérir l’Homme par l’Homme. »


































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Bonjour. Comment est il possible d'obtenir plus de documentation relative à ce nouveau traitement de la Polyarthrite Rhumatoide et des conditions requises pour bénéficier de cette innovation : Age, association possible avec méthotrexate etc... Merci à l'avance. Fabienne MOLARD