Tetra Pak sous la menace d’une fermeture à Dijon. Antsway, optimisateur des transports à Nancy, rejoint Sinari. F2J (ex-Peugeot Japy) va supprimer 40 de sa centaine d’emplois à Valentigney. Vers un corridor autoroutier 5G transfrontalier entre Metz et Sarrebruck. Un nouveau village d’entreprises à Héricourt dans le Nord Franche-Comté. Un regard franco-suisse sur la filière forêt-bois du massif du Jura.


Bourgogne

• Tetra Pak sous la menace d’une fermeture à Dijon

L’annonce a pris tout le monde par surprise : ce mardi 21 janvier, le groupe d’emballages suédois et suisse Tetra Pak a annoncé, à ses salariés lors d’un comité économique et social extraordinaire puis par voie de communiqué de presse, qu’il comptait fermer son usine de production dijonnaise, située dans la zone industrielle de Longvic. Les 207 salariés sont concernés. La négociation du plan de sauvegarde de l'emploi va démarrer début février, la fermeture devenant effective en septembre prochain.

Installées à Dijon Longvic depuis 1971, les « Papeteries de Dijon SAS » ont employé jusqu’à 1.000 personnes. Le groupe met en avant un double facteur pour expliquer cette probable issue  : « Entre 2019 et 2023, les volumes vendus par Papeteries de Dijon ont diminué de 15 %. Cette baisse est principalement due à la diminution des volumes destinés au marché intérieur, qui ont chuté de 24 % durant cette période. Les coûts des matières premières et de l'énergie ont augmenté de manière significative au cours des dernières années, aggravant encore la situation. L'ensemble de ces facteurs a entraîné une augmentation significative de 24,4 % des coûts de production de l’usine de Dijon entre 2019 et 2023 », expose la direction de Tetra Pak à Traces Ecrites.

Confronté à la baisse de production, le groupe rappelle certes avoir consacré des moyens financiers à la modernisation du site ces dernières années, dont « l’augmentation des volumes destinés à l’export et des investissements de 33 millions d'euros dans de nouvelles technologies et capacités opérationnelles, afin d'améliorer l'efficacité globale. » Mais selon sa direction, « malgré ces efforts, la situation n'est plus viable. » Au niveau mondial, Tetra Pak a réalisé, en 2023,  un chiffre d'affaires de 12,7 milliards d’euros pour un total de 179 milliards d’emballages vendus. A.Morel

 

G construction

 

Lorraine

• Antsway, optimisateur des transports à Nancy, rejoint Sinari

antsroute
La solution d’Antsway est issue de travaux au sein de l'Institut national de recherche en informatique (Inria) de Nancy.  © Antsway


Sinari, leader européen des solutions digitales pour la supply-chain, annonce ce 21 janvier l’acquisition du Nancéien Antsway, spécialiste de l’optimisation des livraisons du dernier kilomètre. A l’image du comportement des colonies de fourmis (« Ants » en anglais), le logiciel AntsRoute de la PME lorraine de 15 salariés améliore l'efficience des déplacements des flottes de véhicules : planification des rendez-vous, construction de l’itinéraire, optimisation des tournées en temps réel, etc. Issue des travaux conduits à Nancy à l’Institut national de recherche en informatique (Inria), cette solution est commercialisée depuis 2017 par Antsway et utilisée par 500 clients PME et TPE.

Grâce à son analyse, la société estime être susceptible de réduire les temps de parcours de 20 %. Son acquisition permet au Breton Sinari d’élargir son offre auprès de ses 6.000 clients en France et au Benelux. Fort de 300 salariés et d'un chiffre d'affaires de 47 millions d'euros en 2024, le groupe Sinari renforce ainsi sa position de leader et son ambition de répondre aux défis logistiques de demain tout en optimisant les coûts et les émissions de CO2. P. Bohlinger

 

Franche-Comté
F2J (ex-Peugeot Japy) va supprimer 40 de sa centaine d’emplois à Valentigney

Le fournisseur automobile F2J a entamé, ce 20 janvier, la procédure de déclenchement d’un plan social qui doit porter sur 40 de ses 102 emplois à Valentigney (Doubs). Selon les syndicats, la réduction d’effectifs devrait intervenir en avril, l’échéance que la direction s’est fixée comme objectif de bouclage de ce PSE (plan de sauvegarde de l’emploi). Les représentants du personnel pointent la perte d’un contrat auprès de Stellantis « représentant 30 % du chiffre d’affaires » comme l’origine directe de la restructuration. Mais celle-ci s’inscrit dans un contexte plus généralement défavorable à la PME : l’électrification du marché automobile et l’essor des boîtes de vitesse automatiques, alors qu’elle-même produit des composants de boîtes manuelles.

« Nos difficultés proviennent de l’absence de diversification. Notre actionnaire (l’industriel français F2J, Ndlr) dit y travailler, mais nous n’en voyons pas la concrétisation significative pour l'instant. Pour nous, la seule voie de salut est la sortie de l’automobile », commente Marc Sivric, délégué FO. La société tire son nom F2J Japy, d'une part de sa reprise en 2020 au groupe Farinia après un redressement judiciaire – à l’époque avec 144 emplois préservés sur 243 – et d'autre part de son origine en 1830 dans les pièces pour machines textiles. Celle-ci a abouti à la rendre propriété de la famille Peugeot jusqu’au début de ce siècle. M.Noyer

 

Lorraine

• Vers un corridor autoroutier 5G transfrontalier entre Metz et Sarrebruck

autoroute
Le projet vise à favoriser la mobilité connectée et à tester les véhicules autonomes sur les autoroutes française A4 et A320 et l'A6 allemande. © Totem


Un corridor autoroutier 5G transfrontalier inédit est en passe de voir le jour entre Metz (Moselle) et Sarrebruck (Allemagne), sur un trajet de 60 km. Ce 15 janvier, les spécialistes des pylônes connectés Vantage Towers et Totem (groupe Orange), les opérateurs de télécommunications Orange et O2 Telefónica, ainsi que l'Université des sciences appliquées de la Sarre ont annoncé le lancement du projet « 5G Autobahn to Autoroute » (5G A2A).

Cette infrastructure de pointe doit favoriser la mobilité connectée et sécurisée, en permettant des services innovants tels que le changement de voie coopératif, la prévention des collisions, les alertes de circulation et le développement des véhicules autonomes. Le déploiement, soutenu par l’Union européenne, devrait être achevé fin 2027. Il améliorera la connectivité 5G pour les voyageurs transfrontaliers et soutiendra des essais industriels sur l'ensemble du parcours. Dans le détail, il comprend une section de 55 km en France le long des autoroutes A4 et A320, et 5 km en Allemagne sur l’A6. L’infrastructure s’intègre dans le réseau de transport transeuropéen Atlantic, garantissant une connectivité continue. Côté français, Totem installera huit nouveaux pylônes et Orange modernisera jusqu’à huit sites existants pour assurer la couverture 5G à la fréquence de 3,5 GHz. P. Bohlinger

 

BP

 

Franche-Comté

• Un nouveau village d’entreprises à Héricourt

Un village d’entreprises de 1.000 m2 va sortir de terre au milieu de cette année à Héricourt (Haute-Saône) sur une friche du centre-ville. Initié par la communauté de communes du Pays d’Héricourt, il est aménagé par la société d’économie mixte départementale Action 70, dont le pilotage opérationnel est assuré par les équipes du groupement d’entreprises publiques locales Territoire 25-Sedia BFC-Aktya.

Ce « Village d’entreprises des Tuileries » se composera de deux bâtiments de même taille, constitués eux-mêmes en deux cellules de 200 et 300 m2 (celle-ci étant divisible à partir de 100 m2). Les surfaces seront proposées à un loyer « minoré », soit 75 euros HT par m2 et par an pour les jeunes entreprises et 93 euros pour les plus matures. La communauté de communes et le conseil départemental cofinancent le projet d’1,5 million d’euros HT prendra la suite de l’offre analogue en périphérie dans la Zac des Guinnottes, qui affiche complet. M.Noyer

 

BF

 

Franche-Comté

• Un regard franco-suisse sur la filière forêt-bois du massif du Jura

foret jura bois
La ressource totalise 270 millions de mètres cubes en 2022, à part pratiquement égale entre les deux pays, avec une majorité de résineux (69 %) en Suisse et de feuillus (59 %) en France. © Fibois BFC


Une étude sur la filière forêt-bois à la lisière de la France et de la Suisse vient d'être réalisée par l’Office statistique transfrontalier de l’Arc jurassien (Ostaj). Elle permet ainsi d’appréhender le poids du secteur à l’échelle du massif jurassien, sans considération de frontières administratives. La forêt couvre 40 % de la superficie de l’Arc jurassien franco-suisse, un territoire étendu sur 230 km de zone frontalière (de Belfort aux Rousses côté franc-comtois) pour une population de 780.000 habitants. Cette ressource totalise 270 millions de mètres cubes en 2022, à part pratiquement égale entre les deux pays, avec une majorité de résineux (69 %) en Suisse et de feuillus (59 %) en France. La récolte, exprimant la production, a atteint 3,8 millions de m3 la même année soit 1,4 % de la ressource disponible, très majoritairement (86 %) des résineux pour le bois d’œuvre. La filière représente un effectif de 10.200 emplois (45 % en France) dont 4.500 dans la seconde transformation, 1.600 dans la construction et 1.200 en amont, dans les scieries. M.Noyer

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