L’Etat débloque 144 millions d'euros pour le projet d’hydrogène industriel le long du Rhin. Le bief de Chagny revient à la circulation en Saône-et-Loire. Face à la flambée durable des prix, le BTP de Bourgogne-Franche-Comté monte au créneau. L’Alsace se rapproche un peu de la sortie du Grand Est. Benoît Heubert, directeur des opérations du groupe Lisi. Matthieu Fulleringer, président de l’Urssaf Alsace.

Alsace

L’Etat débloque 144 millions d'euros pour le projet d’hydrogène industriel le long du Rhin  

Une aide de 144 millions d’euros a été attribuée par l’Etat au projet « ABC » de production d’hydrogène à usage industriel dans la zone portuaire d’Ottmarsheim (Haut-Rhin) annonce son porteur, Hynamics la filiale hydrogène d’EDF. Le concours public national et son montant ont été approuvés par la Commission européenne, précise la société. Le projet consiste à installer une unité de production d’ « hydrogène renouvelable et bas carbone » sur le site du fabricant d’engrais LAT Nitrogen (anciennement Pec-Rhin puis Borealis) de sorte à fournir 15 % de ses besoins en substitution aux énergies fossiles et ainsi réduire de 70 % ses émissions de gaz à effet de serre (46.000 tonnes de CO2 évitées chaque année). D’une puissance de 50 mégawatts, l’électrolyseur permettra de produire 6.600 tonnes d’énergie pour alimenter la fabrication de 36.000 tonnes annuelles d’ammoniac. L’énergéticien et l’industriel visent le début de la décennie prochaine comme échéance de mise en service. ABC prendra place dans la zone portuaire labellisée Zibac (Zone industrielle bas carbone) qui concentre des usines parmi les plus grosses émettrices de CO2 de France, en premier lieu la plateforme chimique We Europe à Chalampé.  

 

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Bourgogne

Le bief de Chagny revient à la circulation 

Bief Chagny
Les travaux ont réparé une brèche qui a requis l'interruption de la navigation à partir d'avril 2025. © VNF

Maillon essentiel de la navigation fluviale sur le Canal du Centre, le bief de Chagny (Saône-et-Loire) a été rouvert à celle-ci le 3 avril, après plusieurs mois de travaux. D’un montant d’1,3 million d’euros, ceux-ci ont été engagés afin de réparer l’ « importante brèche » constatée sur le site, qui avait « nécessité l’arrêt immédiat » de la circulation en avril 2025 et représenté ainsi une coupure de 22 km, expose Voies navigables de France (VNF). Le reste de l’itinéraire, entre Crissey et Fragnes-La-Loyère d’une part, et Saint-Gilles et Digoin d’autre part, était resté préservé des perturbations. Le chantier a compris le renforcement de la digue par la pose d’une paroi végétalisée clouée, ainsi que l’étanchéification du bief. Il a été réalisé par Géotec pour les sondages géotechniques et Est Ouvrages avec ses sous-traitants.   

Bourgogne-Franche-Comté
Face à la flambée durable des prix, le BTP régional monte au créneau

La persistance des conséquences sur les coûts des entreprises de la guerre en Iran, malgré la trève décrétée dans la nuit de mardi dernier, suscite la réaction des fédérations du bâtiment et des travaux publics de Bourgogne-Franche-Comté. Elles manifestent leur impatience quant à un retour à une situation un peu plus proche de la normale. Pour le bâtiment, la flambée des tarifs d’achats des matériaux focalise le mécontentement. La FFB Bourgogne-Franche-Comté déclare « s’étonner de la multiplication des annonces de hausses des prix de vente des matériaux. Elle comprend que quelques produits se trouvent directement touchés par la crise, mais de manière limitée. » Rappelant que cette situation pénalise ses entreprises adhérentes au nombre de 1.720, la fédération régionale « demande aux pouvoirs publics une réaction immédiate pour limiter cette inflation non justifiée ! »
Dans les travaux publics de la région, l’inquiétude des syndicats d’entrepreneurs indépendants, l’ETPB en Bourgogne et le SRTP en Franche-Comté, représentant les PME, s’exprime en premier lieu envers la hausse des prix du carburant. La profession est en effet une grosse consommatrice de GNR (gazole non routier) pour ces engins et d’essence pour la circulation. Vincent Ducroux, président de l’ETPB, a fait les comptes auprès des adhérents : « pour nos PME ayant leur flotte de transport, le surcoût d’exploitation représente 3 % du chiffre d’affaires chaque mois. Autrement dit, compte tenu des faibles marges, il dépasse le bénéfice. Nous ne pourrons pas tenir longtemps ainsi », déclare-t-il à Traces Ecrites.
La filière a dès lors besoin du « soutien bienveillant » de ses partenaires : les clients privés quant à l’acceptation de la répercussion et les donneurs d’ordre publics sur les délais de paiement. Les marchés publics sont plus contraints pour les répercussions, mais des solutions de souplesse existent quand même, relève l’ETPB, via les règles de fixation des indices de prix et les délais d’actualisation qui pourraient être plus rapides.    

Grand Est

L’Alsace se rapproche un peu de la sortie de la grande région

Le dossier de la sortie de l’Alsace de la région Grand Est semblait rangé aux oubliettes, or il ressurgit de façon assez inattendue, à quelques mois seulement de la présidentielle. Il n’a jamais été aussi proche de se concrétiser…mais il reste encore éloigné de celle-ci. Un premier pas sans précédent a été accompli cette semaine : une proposition de loi a été votée par l’Assemblée nationale. Le texte, déposé par des députés du parti macroniste Renaissance sous la houlette du président du groupe et ex-Premier ministre Gabriel Attal, prévoit la création d’une collectivité Alsace « unique », dotée de l’ensemble des compétences actuelles d’un conseil régional, dont le développement économique. Aujourd’hui, la Collectivité européenne d’Alsace née en 2021 a le statut juridique d’un département, comme produit de la fusion des conseils départementaux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, avec des attributions complémentaires.
Son président, Frédéric Bierry, ardent défenseur de la sortie du Grand Est, salue « une étape majeure » ainsi franchie. A l’opposé, le président du Grand Est Franck Leroy fustige « un objet de communication politique, porté dans la confusion (en l’absence de consultation citoyenne spécifique, Ndlr) et en l’état, largement inconstitutionnel et inapplicable. » Il faudra à la proposition de loi passer les caps du vote au Sénat – Frédéric Bierry le vise avant l’été - et de l’examen du Conseil  d’Etat et/ou du Conseil constitutionnel, que le Grand Est ne devrait pas manquer de solliciter. Mais ses défenseurs manifestent une nervosité inédite traduisant une inquiétude. On pouvait s’attendre à ce que le gouvernement siffle la fin de la partie rapidement or tel n’est pas le cas pour l’instant.

 

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Mouvements

Benoît Heubert, directeur des opérations du groupe Lisi 

Lisi heubert
© Lisi Group

Le groupe Lisi a décidé la création d’une direction générale des opérations, dont il confie la responsabilité à Benoît Heubert à compter de fin mars. A l’industriel nord-franc-comtois de l’automobile et de l’aéronautique, il apporte les 28 ans de son parcours professionnel au sein du groupe Michelin, dont la direction générale d'Euromaster (chiffre d’affaires annuel d’environ 3 milliards d’euros) qu’il exerçait depuis six ans. Rejoignant le comite exécutif de Lisi Group ( 9.634 salariés à fin 2025 pour un chiffre d’affaires d’1,8 milliards d’euros), Benoît Heubert « contribuera à la mise en œuvre de la feuille de route sur les plans industriels, des achats, de la transformation, de l’organisation et de la RSE, et il sera pleinement associé à la conduite de notre plan stratégique à long terme », commente dans un communiqué Emmanuel Viellard, le directeur général du groupe Lisi.

 

Mathieu Fulleringer, président de l’Urssaf Alsace 

Urssaf Mathieu-FULLERINGER
© CPME 68

L’installation du nouveau conseil d’administration de l’Urssaf Alsace, opérée le 27 mars, a débouché sur l’élection de son président. Mathieu Fulleringer prend ainsi la tête de l’instance. Assureur MMA à Riedisheim (Haut-Rhin), il est notamment mandataire (membre représentant) de la CPME du Haut-Rhin. Il est entouré des vice-présidents Serge Morice, Olivier Boule et Christophe Stempffer.     

 

 

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