L’usine lorraine Indorama Ventures en cours de fermeture va supprimer 162 emplois. Albizzati refait une beauté au Lion de Belfort. Besançon et le Nord-Franche-Comté deviennent des communautés French Tech. Le laveur de bouteilles en consigne Uzaje jette l’éponge à Strasbourg. La Société Bourguignonne des Cires 1827, désormais entreprise du patrimoine vivant. Des trains Regiolis à la frontière allemande.

Lorraine

L’usine Indorama Ventures en fermeture va supprimer 162 emplois à Longlaville

Les représentants du personnel et de la direction du site Indorama Ventures de Longlaville (Meurthe-et-Moselle) ont trouvé, ce 14 mai, un accord sur les termes du plan social qui prévoit la suppression de 162 emplois au sein de la future ex-usine de production de fils de polyester pour pneumatiques. Faute de repreneur, celle-ci devrait en effet s’arrêter définitivement le 22 juin prochain. Premier embauché sur le site, en 1993, Marc Sicre, président de la filiale française Indorama Ventures Mobility, évoque « un crève-cœur » tout en saluant le « professionnalisme » des personnels dont un tiers affiche plus de trente ans d’ancienneté. « Nous avons mené des négociations sans perturbations sociales. Le site s’arrête de la manière dont il a fonctionné pendant trois décennies, grâce à la force d’une communauté soudée », déclare-t-il. 

Indorama Ventures évoque une montée en puissance de la concurrence asiatique dans les textiles techniques. Les ateliers de Longlaville qui étaient dimensionnés pour produire 35.000 tonnes annuelles de fil de polyester n’auraient atteint que la moitié de leurs capacités en 2024 et 2025. Les perspectives pour cette année s’annonçaient particulièrement faibles, avec un carnet de commandes réduit à 9.000 tonnes. Le site lorrain subit également les turbulences de sa maison-mère thaïlandaise qui doit faire face à des difficultés sur son principal marché, la fabrication de polymères PET pour les bouteilles en plastiques. Le groupe de plus de 25.000 salariés, côté à la bourse de Bangkok, a annoncé un chiffre d’affaires de 12,3 milliards d’euros pour 2025, en baisse de 17 % sur un an. P. Bohlinger

 

BF

 

Franche-Comté

Albizzati refait une beauté au Lion de Belfort  

albizzati lion
Les équipes de la PME belfortaine appliquent au célèbre monument un produit naturel à base d’huiles essentielles. © Albizzati Père et Fils

L’entreprise Albizzati Père et Fils de Danjoutin (Territoire de Belfort) va achever, ce 20 mai, le nettoyage du Lion de Belfort auquel elle a procédé depuis fin mars pour le compte de la Ville, sous la supervision de l’architecte en chef des monuments historiques Richard Duplat et de la Drac (direction régionale des affaires culturelles). Cette intervention d’un montant de 60.000 euros, destinée surtout à débarrasser le monument de mousses et lichens qui l’envahissent, s’avère insolite pour le produit appliqué : un « biocide », ou, plus communément « une solution à base d’huiles essentielles », telle que celles bienfaitrices pour le corps humain. Comme l’expose le directeur général Jean-Louis Albizati, « elle a été préconisée par la Drac comme étant la moins agressive pour le grès  » constitutif de la célèbre sculpture de Bartholdi, par rapport à « l’hydrogommage » au jet d’eau effectué par la PME lors de sa dernière intervention en 2019. Autre aspect étonnant, les équipes d’Albizzati manipulent des brosses identiques à celle d’un ménage domestique. Plus technique  est l’accrochage à la sculpture : l’entreprise familiale (120 salariés, chiffre d’affaires de 23 millions d’euros) a conçu un échafaudage spécifique pour épouser les formes du Lion et le nettoyage de la tête culminant à 13 m du sol s’est opéré en s’attachant à des harnais. M.Noyer

 

Bourgogne-Franche-Comté
Besançon et le Nord-Franche-Comté deviennent des communautés French Tech

L’opération de la labellisation de pôles locaux innovants du 6 mai dernier du gouvernement, dans le cadre de son programme French Tech, aboutit à accueillir deux « communautés » en Bourgogne-Franche-Comté. Besançon et le Nord-Franche-Comté accèdent à ce statut, parmi 28 retenues portant le total à 106 en France et à l’étranger. Elles sont reconnues pour organiser des événements et plus généralement stimuler les échanges entre les institutions et les entreprises. Selon la préfecture de région, « faciliter l’accès des start-ups à la commande publique et à l’achat privé, mettre en avant les secteurs tech structurants de chaque territoire pour renforcer leur attractivité auprès des fonds d’investissement » ou encore « accompagner les entreprises sur les enjeux de compétitivité de demain : IA, lien avec la recherche… » composent le rôle de ces communautés French Tech qui reposent sur la mobilisation de bénévoles recrutés en particulier parmi les dirigeants d’entreprise et les investisseurs. Les échelles géographiques plus larges (métropoles, régions) peuvent prétendre quant à elles à la labellisation « Capitale French Tech» La Bourgogne-Franche-Comté en jouit déjà ainsi que le Grand Est, parmi les 17 pré-existantes qui ont été rejointes début mai par la Normandie et la Nouvelle-Calédonie. M. Noyer

Alsace

Le laveur de bouteilles en consigne Uzaje jette l’éponge à Strasbourg 

Uzaje
Le site au port de Strasbourg avait ouvert en septembre 2024 moyennant un investissement de 3,5 millions d’euros. © Traces Ecrites

L’aventure s’arrête au bout de moins de deux ans pour Uzaje à Strasbourg (Bas-Rhin). Cette start-up de lavage d’emballages alimentaires en vue de leur réemploi a été placée en liquidation judiciaire le 11 mai, en l’absence de perspective de reprise après sa mise en redressement fin mars. Le port de Strasbourg constituait l’une de ses quatre implantations qui totalisaient 50 salariés. L'entreprise ambitionnait d’en faire son site principal par son investissement de 3,5 millions d’euros sur place pour une ligne de 10.000 bouteilles et 3.000 contenants alimentaires par jour et un positionnement transfrontalier vers l’Allemagne et la Suisse.

Mais le concept n’a pas résisté à la stagnation de la consigne sur lequel il reposait en bonne partie, malgré les dispositions législatives et règlementaires en sa faveur  comme la loi anti-gaspillage (Agec) de 2020.  De plus, de grands « producteurs » de tels volumes comme les brasseries industrielles disposent de leur propre équipement. « Entreprise de l’économie sociale et solidaire engagée en faveur de l’impact environnemental et social, Uzaje avait également fait de l’insertion professionnelle et de la création d’emplois industriels locaux un axe fort de son développement. Malgré cette dynamique et l’engagement de ses équipes, l’entreprise n’a pas réussi à atteindre un modèle économique pérenne dans un marché dont le développement est resté plus lent qu’anticipé », a commenté la start-up dans un communiqué. M.Noyer 

 

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Bourgogne  

La Société Bourguignonne des Cires 1827, désormais entreprise du patrimoine vivant  

Cires 1827
L'entreprise de Châtenoy-le-Royal (Saône-et-Loire) créé sa propre marque "1827" pour se diversifier dans les bougies à senteur. © Quentin Danel

La Société Bourguignonne des Cires et Dérivés, rebaptisée Société Bourguignonne des Cires 1827, vient de décrocher le label « entreprise du patrimoine vivant » (EPV) qui distingue les manufactures artisanales et industrielles françaises aux compétences d’exception. Cette récompense « marque le caractère officiel de confiance entre nos clients et notre entreprise pour mettre en avant les savoir-faire rares et anciens », se réjouit le directeur, Laurent Labadie. La petite entreprise de 12 salariés a su développer et adapter ses techniques de fabrication depuis près de deux siècles. Installée à Châtenoy-le-Royal (Saône-et-Loire), elle affiche un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros pour l’exercice clos en juin 2025. « C’est aussi une forte marque de reconnaissance pour nos salariés », appuie son dirigeant. La société s’était déjà distinguée en octobre 2024 comme lauréate de la grande exposition du Fabriqué en France au Palais de l’Elysée pour ses cierges de dévotion. Traditionnellement orientée vers les articles religieux, elle souhaite développer dans les prochains mois un nouveau marché dans le domaine des bougies senteur, avec la création de sa marque «1827», une gamme de bougies avec différents parfums. Dans le cadre de la refonte de son site internet, elle prévoit aussi de mettre en place d’ici à la fin de l’année un système de vente en ligne dans le but d'attirer une clientèle élargie. S.Dolidze  

 

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Grand Est

Des trains Regiolis à la frontière allemande 

Regiolis
Les modèles TFA ont requis un investissement de 40 millions d’euros spécifiques pour leur adaptation simultanée aux exigences des deux réseaux français et allemand. © Région Grand Est

L’objectif du conseil régional du Grand Est de développer les liaisons ferroviaires transfrontalières de proximité franchit une étape en ce mois de mai, avec la mise en circulation des nouveaux modèles Regiolis entre Strasbourg et la ville allemande limitrophe d’Offenbourg. Ces trains présentent une capacité de 203 places assises (315 avec celles debout) plus que doublée par rapport à leurs prédécesseurs. Mais de longues études techniques puis procédures d’homologation ont dû précéder la mise en service des versions « TFA » conçues pour se conformer aux spécifications des deux réseaux français et allemand (signalisations, tensions électriques, normes de sécurité). La Région souhaite étendre l’usage de ces modèles qui ont requis un investissement de 40 millions d’euros (50 % de financement des Länder allemands, et une subvention européenne au développement et à l’homologation) dans son enveloppe de 388 millions d’euros d’acquisition des nouveaux Regiolis, construits par l’usine CAF de Reichshoffen (Bas-Rhin) ayant succédé à Alstom sur place. Les capacités sont également renforcées jusqu’au Luxembourg depuis la Lorraine, avec l’entrée en service, ce 4 mai, de 16 rames supplémentaires à deux niveaux s’ajoutant aux 25 déjà en circulation. La région Grand Est les a acquises pour 118 millions d’euros auprès de son homologue de Normandie. M.Noyer 

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