Le spécialiste des tissus techniques établi près de Mulhouse innove dans le but de sortir des matériaux pétro sourcés. L’entreprise cherche également à se diversifier vers d’autres marchés que les bandes transporteuses pour les machines du textile et de la tannerie.


Une course à la vertu environnementale est engagée dans la spécialité de Dollfus & Muller : les tapis à mailles ouvertes et les feutres pour les machines de l’industrie textile et du cuir. « Nous comptons deux ou trois concurrents au niveau européen. Le premier d’entre nous qui sortira un tapis à base de fibres naturelles obtiendra un avantage sur les autres », affirme Hugues Schellenberg, le directeur général de l’entreprise basée à Heimsbrunn, en périphérie de Mulhouse (Haut-Rhin). 
 

Dollfus Muller Usine
La société est installée dans des locaux chargés d'histoire à Heimsbrunn (Haut-Rhin).


Dollfus & Muller entend devenir ce pionnier. Depuis quelques années, l'équipementier cherche à réduire sa consommation d’énergie et à introduire des fibres naturelles dans son processus de production. Mais il n’avait pas encore réellement quantifié ces économies d’énergie, ni ces évolutions de process.

Grâce à sa participation au projet EuroBoosTEX, il va pouvoir affiner sa démarche. Depuis janvier dernier, la société alsacienne (effectif de 32 salariés pour un chiffre d’affaires annuel de 7 millions d’€) est en effet engagée dans cette initiative de l’Union européenne. Celle-ci vise à faire travailler une PME ou start-up innovante dans le domaine du textile avec une PME spécialiste de l’instrumentation, afin de réduire l’impact environnemental des produits fabriqués. EuroBoosTEX finance 15 projets par an à hauteur de 60.000 € chacun.

 

bpop_BFC _106 art vivre et partager

 

Pour son dossier, Dollfus & Muller est associée à Energiency,  un développeur breton de solutions numériques d'optimisation énerégtiques et la PME Kalliopê de Colmar, spécialisée dans la supervision industrielle. Dans un premier temps, certaines machines vont être équipées de capteurs, puis en mars ou avril prochains, le logiciel de supervision pourra récupérer et analyser les données de la production. « L’objectif est de nous appuyer sur des résultats chiffrés afin d'affiner les prototypes que nous avons déjà produits », poursuit Pierre Pélerin, directeur technique de Dollfus & Muller. Grâce à ces outils, la PME pourra mettre au point l’analyse de cycle de vie de ses produits.

 

Des essais sur le lin

Dollfus Muller dirigeant
Hugues Schellenberg, directeur général de Dollfus & Muller, entend faire gagner à l'entreprise la course à la conversion aux matières naturelles de son secteur, les tapis et feutres pour les machines textiles.


Dans les prochains jours, elle va également tisser du lin et analyser le comportement des machines sur cette nouvelle fibre. « En cas de bons résultats, nous allons réfléchir à la façon d’intégrer ces fibres naturelles dans notre procédé de production », expose le directeur technique. Les prototypes passeront d’abord au sein du laboratoire de R&D qui testera leur résistance mécanique et thermique. Puis, ils seront envoyés chez un client en vue d'y mener des essais pendant une année.

« Il s’agit de développements longs, sur deux ou trois ans, alors que les modifications de process pour réduire la consommation énergétique sont plus simples à réaliser », souligne Hugues Schellenberg. Car il faut veiller à ce que ces nouveaux tapis « plus verts » soient compétitifs aussi au niveau du tarif. « Pour la grande majorité de nos clients, le critère prix reste essentiel », observe non sans regrets le directeur général.

 

 cci2171collectivites

 

En dehors du projet EuroBoosTEX, Dollfus & Muller porte l’objectif de diversifier ses marchés. Il a engagé deux projets dans ce cadre avec deux partenaires différents, toujours dans le tissu technique. La phase des prototypes étant achevée, celle pré-industrielle démarre, dans le but d’une mise sur le marché en 2025 ou 2026. « Nous souhaiterions sortir des seules bandes transporteuses », annonce le directeur général.

La quête de diversification vaut aussi pour Dynajet, la marque de l’entreprise qui développe et commercialise des tissus de grande largeur pour l’événementiel. Depuis la crise du Covid, le chiffre d’affaires de Dynajet est tombé à un million d’€ alors qu’il avait atteint les six millions certaines années. Les clients se sont tournés vers les tissus fabriqués en Chine, vendus moins chers. Sempiternel poids du prix…

Photos fournies par l'entreprise

Commentez !

Combien font "6 plus 10" ?