Le Jurassien Bonglet, acteur d’une première mondiale dans le recyclage de plâtre à Cluny. Depuis la Nièvre, Soyez frères « répond » au président américain en créant une paille naturelle. Le travail frontalier se maintient en Suisse malgré la crise. Au Comité des vins de Bourgogne, un nouveau tandem présidentiel sur fond de tensions économiques. Changement de présidence aussi pour les Climats de Bourgogne. L'agglomération de Mulhouse investit 165 millions d’euros pour son eau. L’UIMM et la Banque des Territoires joignent leurs forces pour la transformation et décarbonation de l’industrie en Lorraine.

Franche-Comté

Le Jurassien Bonglet, acteur d’une première mondiale dans le recyclage de plâtre à Cluny

Le groupe de second œuvre du bâtiment Bonglet devient le premier applicateur d’un produit inédit sur le marché : une plaque de plâtre constituée de matière intégralement d’origine recyclée. Le fabricant Siniat (groupe Etex Building) a conçu cette première mondiale, qu'il produit en série à Ottmarsheim (Haut-Rhin). Les solutions jusqu’alors mises au point ont régulièrement fait monter le taux d’incorporation de gypse issu de déchets de chantiers, mais pas encore jusqu’à atteindre les 100 %. Deux entreprises françaises de pose ont accepté de relever le défi de l’application à un projet-test : la PME Sati Cloisons dans les Pays de la Loire, et Bonglet, pour la rénovation de la résidence universitaire de Cluny (Saône-et-Loire) intégrée au campus Arts & Métiers de la cité sud-bourguignonne.

Sa mise en œuvre s’opère jusqu’en septembre 2026. Elle illustre une nouvelle fois la prédisposition de l’entreprise familiale de Lons-le-Saunier (Jura, un millier de salariés et un chiffre d’affaires de 130 millions d’euros en 2025 avec ses filiales) à endosser le rôle de testeur de solutions prototypes des fabricants, en particulier lorsqu’elles répondent à un enjeu environnemental. « Nous avons fait de la capacité de nos fournisseurs à innover dans le développement durable un critère pour augmenter nos volumes d’achats auprès d’eux. Ils en sont stimulés », souligne Hervé Peutot, directeur général des opérations stratégiques du groupe Bonglet. M. Noyer  

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Bourgogne

Depuis la Nièvre, Soyez frères « répond » au président américain en créant une paille naturelle 

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La PME a investi 12 millions d'euros dans l'adaptation de ses ateliers de Donzy (Nièvre) au nouveau cadre réglementaire. © Soyez Frères

   

Soyez Frères lance une paille 100 % d’origine naturelle, développée en partenariat avec le Finlandais Sulapac, fournisseur de matière première de l’entreprise de 80 salariés basée à Donzy (Nièvre). Baptisée « The President Straw », cette innovation se veut une réponse directe aux déclarations de Donald Trump, qui affirmait qu’il n’existait pas d’alternative satisfaisante au plastique. Destinée à un usage unique, cette paille est fabriquée à partir de coproduits de distillerie, sans plastique ni polymères chimiquement modifiés. Les deux partenaires ont travaillé à une solution conciliant exigences environnementales, conformité avec la directive européenne SUP (Single Use Plastic) interdisant les pailles en plastique à usage unique, et attentes des consommateurs.

Frédéric Soyez, président de Soyez Frères, s’interroge toutefois sur une incohérence réglementaire : la directive n’interdit pas la fabrication de pailles en plastique dès lors qu’elles sont présentées comme réutilisables, un critère difficilement vérifiable dans la pratique. « L’autre jour, j’ai demandé une paille dans un bar. On m’en a donné une en bagasse, fabriquée à partir de canne à sucre, mais contenant des polymères chimiquement modifiés », raconte-t-il. Pour le dirigeant qui a investi 12 millions d’euros pour s’adapter aux nouvelles règles, il s’agit d’un faux-semblant : « Les Français ne veulent pas d’un simple symbole écologique, mais d’un produit fonctionnel, fabriqué localement et conforme à la réglementation. The President Straw est née de cette exigence. » La nouveauté sera commercialisée cet été dans les hôtels, bars et restaurants. Dans le même temps, l’entreprise poursuit ses recherches techniques dans le but d'adapter cette paille au secteur industriel des laits et des jus de fruits. Reste à savoir si cette initiative saura convaincre la Maison-Blanche… S.Dolidze  

Est
Le travail frontalier se maintient en Suisse malgré la crise

Le nombre de travailleurs frontaliers franc-comtois et alsaciens en Suisse a poursuivi sa progression en 2024, certes de façon modérée, selon l’étude annuelle de l’Urssaf dévoilée ce 3 février. Dans les départements les plus significatifs, la croissance atteint 3 % dans le Haut-Rhin (total de 40.165 travailleurs à fin 2024) ainsi que dans le Jura (7.960) et 1 % dans le Doubs (34.150). Ces taux sont inférieurs à la moyenne de + 4,5 % mesurée en 2024 pour l’ensemble  des résidents en France employés dans le pays voisin, qui sont au nombre de 234.000. Leur croissance est davantage tirée par les territoires limitrophes de Genève où elle atteint 6 % pour les départements de l’Ain et de la Haute-Savoie. Celui-ci augmente sa part prépondérante, à 43 %, avec 102.000 frontaliers à lui tout seul. Toujours plus « masculin » que dans l’effectif salarié de France (59 % d’hommes), le travailleur frontalier reste également surreprésenté dans l’industrie manufacturière en comparaison du poids de celle-ci dans l’Hexagone, avec 20 % de personnel en poste dans ce secteur, qui est le premier en importance, devançant les services et les commerces (13 % chacun) ainsi que la santé (11 %). « Les proportions n’ont pas bougé d’une année à l’autre, ce qui refléterait une résilience de l’industrie en Suisse », observe Romain Gibert, directeur des statistiques à l'Urssaf Franche-Comté. Du moins pour 2024 avant les chocs géopolitiques les plus récents. M. Noyer    

Bourgogne

Au Comité des vins de Bourgogne, un nouveau tandem présidentiel sur fond de tensions économiques... 

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Michel Barraud, nouveau co-président du Comité Bourgogne. © Arnaud Morel

 

 

L’assemblée générale du Comité des vins de Bourgogne, réunie le 29 janvier à Beaune (Côte-d'Or), a marqué un tournant dans la gouvernance de l’interprofession. Laurent Delaunay a été reconduit pour un second mandat côté négoce, tandis que François Labet a cédé la présidence du collège viticole à Michel Barraud, viticulteur dans le Mâconnais et jusqu’alors président de la commission marketing et communication. Ce changement de visage intervient dans un contexte économique particulièrement contraint qui pèse sur les comptes de l’organisation.  Élu à l’unanimité, le nouveau tandem devra en effet rapidement faire face à un déficit d'1,9 million d’euros sur l’exercice 2025. « Les chiffres sont clairs, la situation nous oblige à prendre les choses très au sérieux », a déclaré Laurent Delaunay, évoquant la nécessité de mieux piloter les dépenses et, le cas échéant, de retravailler les cotisations professionnelles.

Les Cités des Climats et des vins à Beaune, Mâcon et Chablis concentrent une partie des inquiétudes. Leur fréquentation inférieures aux objectifs ont conduit l’interprofession à contracter un nouvel emprunt de 3 millions d’euros pour en redéployer le contenu. « La filière ne peut pas échouer sur ce projet », a rappelé François Labet lors de son dernier rapport moral. Quant au marché, « la Bourgogne est sur un îlot, mais l’eau monte », a résumé Michel Barraud, pour illustrer une conjoncture moins favorable. Pour Laurent Delaunay, la fin d’un « âge d’or » de près de trente ans est intervenue pour une filière désormais fragilisée par le dérèglement climatique, la volatilité des marchés et un contexte sociétal moins porteur pour le vin. A.Morel

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... et changement de présidence aussi pour les Climats de Bourgogne 

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De gauche à droite : Cyprien Arlaud, Lauriane André et leur prédécesseur Gilles de Larouzière © Michel Joly

L’Association des Climats du vignoble de Bourgogne – Patrimoine mondial ouvre elle aussi un nouveau chapitre de son histoire. À l’issue du conseil d’administration du 27 janvier, Cyprien Arlaud a été élu président à l’unanimité, succédant à Gilles de Larouzière, en poste depuis cinq ans. À ses côtés, Lauriane André devient présidente déléguée. Ce passage de relais intervient au sortir de l’année 2025 de dixième anniversaire de l’inscription des Climats au patrimoine mondial de l’Unesco. « Aubert de Villaine, Guillaume d’Angerville et Gilles de Larouzière ont construit un projet profondément humain et fondé un socle solide pour notre mission », a salué Cyprien Arlaud, vigneron à Morey-Saint-Denis, en hommage à ses prédécesseurs.

Administrateur depuis 2018 et président délégué depuis 2020, notamment sur les questions de développement durable, il incarne une continuité assumée et tournée vers l’avenir. « La Bourgogne est une terre de transmission et d’adaptation. Il est important de prendre part à cette histoire afin qu’elle se poursuive pour les générations à venir », souligne-t-il. Vigneronne à Beaune, Lauriane André, 45 ans, apporte un profil complémentaire, à la croisée du management, de la viticulture biologique et de la médiation culturelle. « Les Climats sont une belle et noble cause. Je suis honorée de pouvoir aujourd’hui rendre à la Bourgogne ce qu’elle m’a donnée », confie-t-elle. Le duo entend s’appuyer sur la force du collectif pour engager l’association dans un nouveau cycle, marqué notamment par l’installation dans de nouveaux locaux à la Cité des Climats de Beaune. Les prochains défis sont identifiés : élaboration d’un nouveau plan de gestion à cinq ans, protection du terme « Climats », renforcement du lien avec le jeune public, rayonnement environnemental et coopération accrue avec les autres sites Unesco. A. Morel

 

Alsace

L'agglomération de Mulhouse investit 165 millions d’euros pour son eau

Voté ce 2 février par le conseil de la communauté d’agglomération, le schéma directeur d’alimentation en eau potable de M2A (Mulhouse Alsace Agglomération) programme un ensemble d’investissements d’un montant de 165 millions d’euros jusqu’en 2034 pour la préservation de la ressource et la modernisation de ses infrastructures de distribution. L’équilibre « entre harmonisation et prise en compte des spécificités à l’échelle infra-territoriale » rappelé par Loïc Richard, le vice-président à la transition environnementale en charge du dossier, aboutit à définir six secteurs au sein de l’agglomération de 39 communes, dont la somme des travaux créera une « solidarité renforcée », par des interconnexions et des alimentations spécifiques. Par exemple, le champ captant de Hombourg (Haut-Rhin) le long de la « bande rhénane » à l’est de M2A  encore dotée d’une ressource abondante puisée dans la nappe phréatique d'Alsace, desservira le secteur plus déficitaire de Heimsbrunn au sud, porte d’entrée vers le Sundgau plus rural. L’objectif consiste aussi à concevoir des alternatives de secours pour Mulhouse même qui dépend aujourd’hui des seules capacités de la rivière sous-vosgienne Doller, sans nécessairement envisager un second barrage le long du cours d’eau à Michelbach. Sur l’enveloppe totale, 41 millions d’euros vont ainsi aux travaux de sécurisation, tandis que 120 millions d’euros renouvelleront chaque année 14 km de conduites (soit un taux de 1 % supérieur à la moyenne nationale de 0,65 %) et en construiront 25 km supplémentaires sur la durée du schéma. M. Noyer  

PE Mulhouse

Lorraine

L’UIMM et la Banque des Territoires joignent leurs forces pour la transformation et décarbonation de l’industrie 

UIMM BDT
Nathalie Vaxelaire, présidente de l’UIMM Lorraine (à gauche) et Mélanie Villiers, directrice régionale Grand Est de la Banque des Territoires veulent renforcer la compétitivité de l’industrie lorraine. © UIMM Lorraine

Transformer les objectifs de croissance en projets industriels tangibles. Ainsi s’exprime l’esprit de la convention signée le 12 janvier par Nathalie Vaxelaire, présidente de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) de Lorraine et Mélanie Villiers, directrice régionale Grand Est de la Banque des territoires. Le texte entend faciliter l’accès des industriels lorrains aux solutions de financement et d’ingénierie existantes pour leurs projets de transformation et de décarbonation. Afin de changer d’échelle en Lorraine ou de venir s’y implanter, les industriels ont besoin d’investir lourdement, sur le temps long, insiste-t-on à l’UIMM Lorraine.

La banque publique, bras armé de la Caisse des dépôts, explique que son « rôle n’est pas celui d’un opérateur commercial classique, mais d’un partenaire public de long terme, intervenant là où les besoins d’investissement sont importants, structurants pour les territoires, et parfois insuffisamment couverts par le marché privé seul. ». L’accompagnement de la Banque des territoires porte plus spécifiquement sur cinq champs en adéquation avec les besoins des industriels : l’immobilier, les friches, les infrastructures numériques, la transition énergétique et environnementale et les mobilités décarbonées. Sur le plan de l’immobilier, un outil de portage financier est en cours de montage avec la Région et l’Établissement public foncier de Grand Est. Enfin, La Banque des territoires va accompagner régionalement, comme partout en France, les entreprises souhaitant étendre leurs activités au champ de la défense. P. Bohlinger     

 

 

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