Siniat a investi près de 3 millions d’€ cet été dans son usine d’Ottmarsheim.
Siniat a investi près de 3 millions d’€ cet été dans son usine d’Ottmarsheim.

BATIMENT. Les plâtres dernier cri sont made in Ottmarsheim. La zone d’activité portuaire proche de Mulhouse abrite la pépite de Siniat.

Ce groupe du sud de la France, l’un des poids lourds du secteur, a fait de son usine haut-rhinoise le relais industriel de toutes les innovations issues de sa R&D.

Aux trois millions d'€ investis cet été dans l'outil de production alsacien, s'ajoute, avec le soutien de la région Alsace,  1,2 million pour réduire la consommation d’énergie.

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« Lorsque le centre technique basé au siège d’Avignon finalise une nouveauté, c’est nous qui l’industrialisons », précise François Richard, directeur du site.

Ces dernières années, Siniat Ottmarsheim a par exemple sorti une plaque qui peut se poser dans une piscine. Ou encore une plaque considérée comme révolutionnaire, car posable en extérieur de façade tout en demeurant compatible, selon le fabricant, avec tout type de revêtement.

Ce produit est commercialisé en Scandinavie, en Italie et en Grande-Bretagne, mais pas encore en France où il attend - impatiemment - l’avis technique du CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment).

Plus généralement, la résistance au feu et à l’humidité ainsi que la protection acoustique constituent les vecteurs de développement de ces plâtres techniques.

Le gypse provient non pas de carrières, mais d’un process en sortie de centrales thermiques en Allemagne.
Le gypse provient non pas de carrières, mais d’un process en sortie de centrales thermiques en Allemagne.

« La gestion de la qualité de l’air intérieur (lutte contre les composés volatils organiques et les formaldéhydes) est une nouvelle opportunité avec une offre en anticipation des obligations règlementaires, qui place nos clients en position de force pour répondre aux appels d’offres », expose François Richard.

« La filière de construction sèche est un autre axe de développement avec des alternatives à l’enduit par exemple », poursuit-il.

Si l’usine d’Ottmarsheim produit aussi des plaques plus standard selon une quantité qu’elle préfère taire, elle a vocation à développer la part des plaques techniques dont elle communique par contre le chiffre : 1,5 million de m2 annuels, en augmentation constante depuis plusieurs années.

Dans ce but, elle a investi près de 3 millions d’€ cet été, soit un montant substantiellement supérieur à son programme récurrent de modernisation situé entre 500 000 et 2 millions d’€ par an.

30% de plâtre recyclé

Siniat Ottmarsheim se lance aussi dans 1,2 million d’investissements pour réduire sa consommation d’énergie, un projet que la région Alsace a décidé mi-juin de soutenir financièrement.

L'entreprise écoule sa production dans toute l’Europe auprès des artisans et entreprises de plâtrerie, principalement via le négoce.

L’hôpital médian de Trevenans, entre Belfort et Montbéliard, fait partie de ses importantes références récentes.

De gauche à droite : Miloud Hadj, agent commercial Siniat, François Richard, directeur de l'usine d'Ottmarsheim, Jean-Pierre Lavielle, président CCI Sud Alsace Mulhouse et Jacques Droy, directeur général CCI Sud Alsace Mulhouse à l'exposition Made in Sud Alsace en juin.
De gauche à droite : Miloud Hadj, agent commercial Siniat, François Richard, directeur de l'usine d'Ottmarsheim, Jean-Pierre Lavielle, président CCI Sud Alsace Mulhouse et Jacques Droy, directeur général CCI Sud Alsace Mulhouse à l'exposition Made in Sud Alsace en juin.

Plutôt discrète et en tout cas méconnue, Siniat a eu l’occasion de sortir de l’incognito grâce à la CCI Sud-Alsace-Mulhouse qui a exposé ses produits devant son siège tout le mois de juin.

Devant ces plaques d’apparence si pure, il était difficile au passant d’imaginer qu’ils sont fabriqués à partir de 30 % de plâtre recyclé.

« Ce taux d’incorporation est inégalé sur le marché », assure Miloud Hadj, agent commercial pour l’Est. Il est dû à son fournisseur Ritleng, une PME bas-rhinoise qui recycle les déchets selon un processus « unique en Europe ».

La technologie d'origine irlandaise fait ressortir un gypse extrêmement pur (à 98 %) et suffisamment fin (moins d’1,4 millimètre de granulométrie) pour répondre au cahier des charges de Siniat Ottmarsheim. Il se réinjecte donc dans les lignes de production au bord du Rhin.

François Richard, directeur du site d'Ottmarsheim. ©Christian Robischon.
François Richard, directeur du site d'Ottmarsheim. ©Christian Robischon.

L’usine souligne ne pas prélever sur la ressource naturelle : le reste de son gypse provient non pas de carrières, mais d’un process en sortie de centrales thermiques en Allemagne.

Photos Christian Robischon et Siniat.

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