Face à la saturation de l'offre de locaux sur la zone Temis, l'agglomération engage le processus pour remettre des mètres carrés disponibles, une mission confiée à Aktya, la société patrimoniale locale. Ce gain de surfaces privilégie la modération de la consommation foncière, un sujet âprement débattu par les élus de Grand Besançon Métropole. La majorité d'entre eux a tranché en faveur du développement économique à l'occasion de la délibération de décembre dernier sur le document de cadrage de long terme : le schéma directeur des zones d'activités économiques a été révisé de sorte à mettre 24 hectares supplémentaires dans le circuit.
Besançon fait pousser les surfaces pour son économie. Entre la programmation ferme d’extensions sur les pôles Temis et la révision à la hausse des hectares de zones d’activités à aménager, la communauté urbaine Grand Besançon Métropole (GBM) a donné, en fin d’année dernière, un coup d’accélérateur à ses disponibilités d’immobilier d’entreprise.
Les deux filières voulues phares de l’agglomération concentrent l’attention de la collectivité : biotechnologies et microtechniques. « Avec l’objectif de tisser les liens un peu nouveaux entre elles, ou du moins qui se rendent plus visibles, entre le travail sur la « matière » - les cellules, les molécules – et les outils de précision qu’il requiert », analyse Nicolas Bodin, vice-président à l'économie de GBM.
C’est ainsi qu’un deuxième immeuble « Bio-Innovation » va s’ériger sur le pôle Temis Santé, représentant 2.800 m2 signés du cabinet Patriarche et appelés à soulager l’offre, dans le contexte où le Bio-Innovation 1 fait le plein de ses 3.900 m2 me souvent à avec des occupants comme l'Etablissement français du sang et les start'up Smaltis, Med'Inn'Pharma ou Cellquest. Comme souvent à Besançon, le groupement d’entreprises publiques locales formé par Territoire 25 l’aménageur, Sedia BFC la société d'écononmie mixte et Aktya la société patrimoniale est à la manœuvre pour le compte de la collectivité.
« L’objectif consiste à garder un bâtiment d’avance pour la demande future », résume leur directeur général délégué Bernard Bletton. En l’occurrence pour les biotechs, il faudra se montrer quelque peu patient, puisque le dépôt de la demande de permis par Aktya, en décembre dernier, enclenche un processus qui aboutira à la fin de cette année au démarrage du chantier et à sa livraison un an plus tard. Au terme d’un investissement de 8 millions d’euros, Bio-Innovation II sera prêt à accueillir laboratoires et sociétés en émergence du biomédical, des biotechnologies et des thérapies innovantes.
Des surélévations proposées à FCI

Les entreprises plus avancées dans le chemin vers la production auraient, elles, vocation à rejoindre un voisin « Bio-Production » qu’Aktya met à l’étude pour un total de 6.000 m2 en deux tranches. Toujours à Temis, dans le secteur Microtechnique cette fois-ci, 3.500 m2 doivent émerger fin 2026 pour les bureaux d’études et les TPE de la filière grâce au bâtiment (8 millions d’euros) conçu par l’agence AACT+, à proximité du bien-nommé « Microtech » qui a été étendu en novembre dernier de 410 m2, non au sol mais en surélévation d’un étage des deux niveaux existants.
La méthode d’agrandissement par le haut est également proposée à la medtech FCI, pour 1.500 m2 pour ses projets jusqu’en fin 2026, en fonction des décisions qu’elle prendra concernant le développement de ses bureaux et/ou ses ateliers. « Elle constitue notre réponse sur Temis à l’enjeu de la limitation de la consommation foncière qu’induit le ZAN (zéro artificialisation nette) », souligne Bernard Bletton.
Or les trois lettres qui – souvent – fâchent posent un défi à l’échelle de l’ensemble des zones d’activités économiques (ZAE) de l’agglomération franc-comtoise. Par rapport à d’autres territoires, elles l'exacerbe par un double effet : « technique » du fait de l’affectation déjà conséquente des potentiels à l’immobilier d’entreprise sous toutes ses formes – dont les pôles commerciaux, le très vaste de Châteaufarine à l’ouest et ceux d'Ecole-Valentin au nord et Chalezeule au nord-est - ...et politique, comme sujet de friction de la coalition exécutive entre partisans du « plus » et du « moins. »

Sur ce plan, le conseil communautaire du 19 décembre dernier a marqué une victoire des premiers, même si plusieurs des élus de cette catégorie auraient souhaité aller encore plus loin. L’actualisation du schéma des ZAE âprement scellé en mai 2022 fait passer le foncier dédié à de telles zones de 90 à 114 hectares. Les « gains » de terrain s’opèrent à Mamirolle par 8,7 ha d’une deuxième tranche de la zone du Noret (hôtesse par exemple du sous-traitant horloger Corium Développement), à Saint-Vit pour 11,3 ha des zones Belles ouvrières et Foulottière et par l’extension de 4 hectares de la ZAE Marchaux-Chaudefontaine (38 ha au lieu de 34).
De plus, la nouvelle mouture accélère le tempo, dans la mesure où les 19 hectares jusqu’alors situés en phase d’études (*) passent à celui de l’opérationnel en rejoignant les 71 hectares déjà classés priorité 1 (**). Le calendrier, pour autant, avancera au rythme des planifications publiques qui n’est pas celui d’une Formule 1. « Aucune opération ne sortira concrètement avant la fin du mandat », rappelle Nicolas Bodin.
Le plan de développement d’Aktya ne s’arrête pas à Temis. Compte tenu de l’expansion géographique opéré par la Sem patrimoniale et ses sœurs Territoire 25 et Sedia BFC en Haute-Saône et au Jura où les entreprises publiques locales se sont adossées à elles, la carte de ses projets s’étend. Parmi eux, figure la reconversion de la friche SNDR à Dole pour 12.000 m2 (permis déposé cet hiver), celle Paget de 3.000 m2 à Morez ou encore la création d’un hôtel d’entreprises orienté horlogerie et microtechniques à Morteau (Doubs) pour 2.500 m2.
A Besançon même, un cumul de 30.000 m2 de locaux vacants est confié à Aktya, notamment l’ancien site Antolin ayant précédé le déménagement de l’équipementier automobile espagnol sur Temis et désormais aussi la plateforme logistique Easydis fermée cet automne du fait des difficultés de sa maison-mère, le distributeur Casino.
En parallèle, Aktya s’attèle avec intensité à la rénovation de son patrimoine. « Sa moyenne d’âge atteint 20 à 30 ans, le temps est donc venu de le réhabiliter », souligne Bernard Bletton. C’est ainsi qu’un programme de 13 millions d'euros est engagé pour la moitié des 155.000 m2 propriété de la Sem. Il sera financé en quasi-totalité par les fonds propres d’Aktya qui dégage 300.000 à 500.000 euros de bénéfices annuels de ses recettes locatives, situées à 13,5 millions d’euros en 2024.
(*) Besançon-Franois (10 ha), Les Andiers-Thise (4 ha), Pouilly-Pelousey (4,7 ha)
(**) Champs-Chevaux à Saint-Vit (19,5 ha), Marchaux-Chaudefontaine (34 ha), Portes de Vesoul à Besançon (5 ha), Champ Pusy à Pelmousey (3,7 ha), Cheneaublond à Saône (8 ha), Gennes (0,6 ha)





.jpg)









.png)











































