Agrandissements, implantations… plusieurs projets éclosent dans les technopoles à Besançon, Temis Microtechnique et Temis Santé. La raréfaction du foncier conduit les élus, les aménageurs et promoteurs à faire preuve d’imagination.


La technopole de Temis Microtechnique à Besançon vient coup sur coup d’offrir un abri définitif à deux entreprises, Sonaxis, fabricant de capteurs ultrasonores et Erdil, éditeur de logiciels de traitement linguistique, jusqu’alors locataires. Dans le même périmètre, le fabricant de dispositifs médicaux Sophysa triple sa surface à 8.500 m2 pour la fin 2022.

Bien qu’il ne corresponde pas au cahier des charges de Temis Microtechnique, qui a été dédié dès l’origine aux technologies de très petite dimension et aux services aux entreprises, l’équipementier automobile espagnol Grupo Antolin a choisi d’y déménager son activité d’éclairages, jusqu'alors dispersée dans plusieurs bâtiments dans l’agglomération de Besançon. C’était la seule zone d’activités capable d’accueillir 21.500 m2 de surfaces bâties sur un terrain de 4,5 hectares.

 

besançon

 

Parmi les derniers dossiers bouclés, sur le volet tertiaire, Bruno Favier, directeur du technopole, cite également l’installation prochaine du cabinet d’audit et d’expertise-comptable KPMG dans un nouvel immeuble de bureaux de 2.300 m2 dont 700 m2 sont disponibles à la location. « Sur les 130 hectares de Temis, il ne reste plus que 6 hectares à commercialiser », précise t-il. Ils se situent le long de la rocade dont 2,2 ha ont été rendus dernièrement constructibles pour donner de la visibilité en attendant la mise à disposition de nouvelles zones d’activités (lire encadré).

Le bilan donne raison à la stratégie de l’agglomération dans les années 2000. Elle s’est obstinée avec justesse à spécialiser le parc d’activités de Temis dans des activités industrielles en lien avec le campus tout proche de la Bouloie, en particulier l’École nationale supérieure de mécanique et des microtechniques (Ensmm).

Avec les services aux entreprises, Temis Microtechnique  compte 140 établissements et 2.700 emplois, sur 140.000 m². Le « cœur du réacteur » demeure la Maison des Microtechniques qui héberge une salle blanche de 850 m² et un incubateur de jeunes entreprises, comme autant de potentielles implantations définitives.

 

5 ha disponibles sur la zone de Temis Santé

bioparc bio innovation
Bioparc et Bio Innovation, deux bâtiments en location sur Temis Santé
pour aider les projets à maturer et les petites entreprises à grandir. © Eric Chatelain


Son jumeau Temis Santé, dans les Hauts du Chazal à proximité du CHU et de l’UFR Médecine-Pharmacie, se remplit lui aussi à un rythme soutenu. Dix ans après les tout premiers mètres carrés commercialisés, environ 5 ha restent disponibles sur un total de onze réservés aux activités médicales et de biotechnologies.

Moins pourvoyeuses d’emploi que les activités de son grand frère, elles émanent d’une cinquantaine de petites entreprises qui emploient un millier de salariés. Les implantations s’appuient sur des locaux d’hébergement en location afin de favoriser la maturation des projets avant qu’ils ne prennent leur envol.  Dernier né début 2021, après Bioparc, Bio Innovation, n’offre plus que 180 m2 disponibles sur ses 4.000 m2. Après VistaCare Medical, et dernièrement Macopharma, le laboratoire en microbiologie Smaltis, hébergé jusqu’alors dans le centre Bioparc, s’y implante sur une surface triplée.

Le fournisseur de cellules sanguines pour la recherche Lymphobank, aujourd’hui dans les locaux de l'Établissement Français du Sang Bourgogne/Franche-Comté (EFS) dont il est issu, devrait aussi rejoindre Bio Innovation. « Si bien que nous lançons les études pour son extension », précise Bruno Favier.

Deux projets d’ampleur sont par ailleurs en route dans le parc d’activités. RD Biotech y construit son usine d’ADN plasmique, 1.200 m2 pour 7 millions d’€. Le Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté bâtit, pour sa part, 7.200 m2 qui abriteront, en 2023, l’Institut de formation aux professions de santé (IFPS) pour une dépense de 24 millions qu’il finance intégralement.

 

L’agrandissement en hauteur

microtech
Microtech, dans le parc Temis Microtechnique, sera surélevé d’un troisième niveau pour augmenter sa surface de 450 m2. © Traces Ecrites


La raréfaction du foncier conduit les aménageurs et promoteurs à faire preuve d’imagination. S’ils ne peuvent s’agrandir à l’horizontale, les bâtiments vont donc prendre de la hauteur. Aktya Immobilier d’entreprise, filiale de la société d’économie mixte Sedia, a lancé les études de faisabilité de l’extension de trois de ses bâtiments. Microtech, dans le parc Temis Microtechnique, que vient de quitter son locataire Sonaxis, sera surélevé d’un troisième niveau. Les anciens locaux de Vix Technology, sur la même zone, seront quant à eux démolis pour construire des ateliers et bureaux sur trois ou quatre étages.

À Temis Santé, où elle héberge la medtech FCI Production, spécialisée dans les outils de chirurgie ophtalmique, Aktya fera construire un niveau supplémentaire. « Densifier les parcelles par des extensions à la verticale est techniquement tout à fait réalisable, même si c’est plus coûteux qu’une construction neuve sur un terrain nu. Microtech, par exemple, portera une structure légère, en bois ou en métal », commente Fabrice Koeller, directeur général adjoint de Sedia.

 

Salon Industrie Dijon

 

L’agrandissement en hauteur est l’une des directions données par le Schéma des Zones d’Activités Économiques (ZAE) adopté en mai par les conseillers communautaires, en cohérence avec la loi Climat et Résilience qui vise zéro artificialisation à l’horizon 2050. Depuis 15 ans, l’activité économique bisontine consomme 10 ha de terrains par an. D’ici 2030, le rythme devra se réduire de moitié. « Les chefs d’entreprises sont assez réceptifs à ce discours », assure Nicolas Bodin, vice-président à l’économie, à l’artisanat, au commerce, à l’insertion et à la transition écologique à Grand Besançon Métropole.

institut de formation
Le Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté construit sur Temis Santé 7.200 m2 qui abriteront, en 2023,
l’Institut de formation des professions de santé (IFPS), sous la signature de l’architecte Jean-Michel Buron. © Traces Ecrites
Dans les nouvelles zones d’activités, aménager autrement

plan temis
Temis Microtechniques et Temis Santé (photo) sont conçus sur le même modèle : une communauté universitaire et de recherche, des entreprises aux activités qui lui sont liées, Temis Santé proposant en plus des logements. © Traces Ecrites

Fin 2021, le foncier disponible sur les zones d’activités économiques (ZAE) de l’agglomération de Besançon était de 18 ha. Cette pénurie annoncée a déclenché un nouveau Schéma des Zones d’Activités Economiques (ZAE) adopté en mai par les conseillers communautaires. 29 zones à vocation économique d’une surface de 225 ha sont identifiées dans les documents d’urbanisme des communes de l’agglomération. Toutes ne verront pas le jour, chacune devra passer au crible du Schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires (SRRADET) du conseil régional et du Schéma de cohérence territoriale (SCoT) de l’agglomération, tous les deux révisés en 2024 ainsi que du PLUi (plan intercommunal d’urbanisme) en cours d’élaboration. 

À court et moyen terme, 71 hectares sont identifiés : les Champs Chevaux à Saint-Vit (19,5 ha), sous réserve du résultat des études archéologiques ; Les Champs Pusy à Pelousey (3,7 ha) ; l’extension de Cheneau Blond à Saône (8 ha), sous réserve d’une évolution de la programmation vers une dominante mixte (industrie-artisanat-commerce de gros-logistique) et au vu des études hydrogéologiques ; Gennes (0,6 ha) ; Portes de Vesoul à Besançon (5 ha) et Marchaux-Chaudefontaine (34 ha), dont la commercialisation devrait débuter à la fin de l’année 2025. 19 autres hectares sont en attente du résultat d'études pré-opérationnelles : Besançon-Franois (10 ha) qui serait le prolongement de Temis Santé ; Les Andiers-Thise (4 ha) et Pouilley-Pelousey (4,7 ha).

Une longue liste qui peut sembler à l’encontre du postulat de départ, économiser le foncier. « Mais on aménagera autrement », assure Nicolas Bodin. Parmi les pistes engagées, la construction en hauteur avec des bureaux en mezzanine au-dessus des ateliers, mais aussi des parkings et des salles de réunion mutualisées, des restaurants interentreprises… L’élu promet une « co-construction » des règles d’aménagement avec les acteurs de l’immobilier et les entreprises.

Commentez !

Combien font "6 plus 9" ?