Afin de maintenir sa présence en France en général et dans la capitale comtoise en particulier, le groupe familial espagnol a rassemblé ses activités dans un site unique qu’il s’est fait construire sur la zone Temis. Dotée d’un centre R&D, cette nouvelle « usine 4.0 » produit des éclairages pour l’intérieur des automobiles.


« C’est un succès pour ce territoire et pour la France entière ! »
Olivier Becht, le ministre délégué chargé du Commerce extérieur, pouvait afficher sa satisfaction, ce vendredi 10 novembre, lors de l’inauguration à Besançon de « l’usine de dernière génération » d’Antolin, l’un des équipementiers automobiles de rang mondial avec son chiffre d’affaires de 4,45 milliards d’€ en 2022 et son effectif de 24.000 salariés réparti dans 25 pays.

 

Antolin pièces
L’usine de Besançon du groupe Antolin fabrique des systèmes d’éclairage de l’habitacle des véhicules
(plafonniers, éclairage du tableau de bord…) pour une centaine de marques automobiles. © Edwige Prompt


L’enthousiasme gouvernemental a été partagé à juste titre par les élus locaux présents – Anne Vignot pour Grand Besançon Métropole et Jean-Claude Lagrange pour la région Bourgogne-Franche-Comté. Car le groupe espagnol, détenu à 100 % par la famille Antolin, a bien failli transférer en Allemagne la production de solutions d’éclairage intérieur qu’il avait développée dans le Doubs depuis 2012 : ses activités étaient éclatées entre huit bâtiments différents qui ne répondaient plus aux exigences de productivité d’un marché à fort besoin d’innovation.

Le maintien d’un total conséquent de 400 emplois était donc en jeu. Dans ce but, le Grand Besançon et la région ont mobilisé leurs opérateurs et partenaires financiers, de façon à pouvoir proposer à Antolin l’aménagement d’un site unique, sur une parcelle de 4,3 hectares à Temis, le technopole dédié aux microtechniques. Le projet a représenté un coût de 34 millions d’€.

 

1,5 million d'€ d'aides publiques et un portage immobilier sur-mesure

Antolin logistique
L’activité logistique était auparavant répartie dans trois bâtiments séparés par une rue. Aujourd’hui, Antolin dispose
d’un seul entrepôt de 5.000 m2 sur 10 mètres de haut et il automatise ses mouvements de stocks. © Edwige Prompt


Le volet immobilier  concentre environ les deux-tiers de ce montant. Il a été porté par ABCA, une société créée spécialement par la société d’économie mixte immobilière Aktya (*),  le crédit-bailleur Batifranc, la Caisse des dépôts/ Banque des territoires et deux établissements bancaires. Autant d'acteurs qui avaient déjà uni leurs compétences ces dernières années pour monter l'immobilier des nouvelles usines Forvia/Faurecia au Technoland du Pays de Montbéliard.

La construction du nouveau bâtiment d'Antolin, une « usine 4.0 » de 21.000 m2, a été confiée à GA Smart Building. Engagé dans une location de longue durée (20 ans), l’industriel a financé le solde de l'investissement - soit l’équipement du site de production et d’un centre de recherche et développement - avec l’aide de l’État et de la région pour 1,5 million d’€.

 

bpop_BFC _106 art vivre et partager

 

Fin 2022, après environ un an de travaux, les 370 salariés jusqu'alors répartis dans sept implantations bisontines ont pu intégrer leur nouveau lieu de travail à Temis. Les 19 presses à injection, les deux lignes semi-automatisées d’électronique, l’atelier d’outillage, l’entrepôt logistique et les 50 lignes d’assemblage de produits finis se retrouvent désormais sous le même toit. Seuls les 30 salariés de l’atelier de découpe sont restés dans leurs locaux de Thise, en périphérie de la ville, en raison du bruit généré par leurs machines.

 

Antolin visite ministre Becht
« L’usine 4.0 » a été présentée à Olivier Becht (au centre) ministre délégué chargé du Commerce extérieur, par les dirigeants
du groupe familial espagnol dont (à sa droite) la vice-présidente Marie-Hélène Antolin, fille du fondateur. © Edwige Prompt


Le niveau des savoir-faire locaux, notamment dans le découpage de précision, a d’ailleurs pesé dans la décision du groupe Antolin de s’ancrer durablement en Franche-Comté. « C’est une vieille technologie, mais qui permet de faire la différence », soulignait fièrement vendredi le responsable de l’atelier outillage, pendant la visite qui a précédé l’inauguration officielle.

 

« L’une des plus grandes entreprises en éclairage pour l’habitacle »

Antolin a été créé dans les années 1950 à Burgos, au nord de l’Espagne, par deux frères, José et Avelino. Spécialisé dans le développement et la fabrication de composants installés à l’intérieur des voitures, le groupe a pour clients les principaux constructeurs automobiles (Stellantis, Volkswagen, Renault-Nissan, etc.) et il équipe 600 modèles de véhicules.

Aujourd’hui dirigé par les enfants des deux fondateurs, Ernesto et Marie-Hélène Antolin, il se présente comme le leader mondial de la production de pavillons (toits) et comme « l’une des plus grandes entreprises en éclairage pour l’habitacle. »

L’usine de Besançon se concentre sur les éclairages intérieurs (plafonniers, éclairage du tableau de bord, éclairage d’ambiance…) et l’électronique. Elle réunit des compétences en optique, injection, électronique et découpage. L'an dernier, elle a réalisé un chiffre d’affaires
d’environ 90 millions d’€.

 (*) membre de la « grappe » d'entreprises publiques locales comprenant également Sedia-BFC, Territoire 25, PMIE (Pays de Montbéliard Immobilier d'Entreprises) et des sociétés en Haute-Saône (Action 70) et dans le Jura (Expansion 39 et SPL Grand Dole).

Commentez !

Combien font "6 plus 1" ?