Le salon des microtechniques Micronora fait son retour depuis ce mardi et jusqu’à vendredi 27 septembre au parc des expositions Micropolis de Besançon (Doubs). Près de 800 exposants sont réunis, dont une belle délégation d’entreprises de Bourgogne-Franche-Comté venues présenter leurs savoir-faire dans les domaines de la précision, la miniaturisation et l’intégration des systèmes complexes. Focus sur quelques exemples


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Vermot-Automation met de l’intelligence dans les vieilles mécaniques

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Dans le cadre du « zoom » sur les applications des microtechniques intelligentes, Christophe Pagnier, directeur de Vermot-Automation à Valdahon (Doubs), expose le résultat de la transformation d’un tour à cames des années 1950 en une machine de décolletage 4.0 : il est bluffant ! © EdwigePrompt


Voilà qui détonne dans un salon tourné vers l’innovation : une machine-outil datant des années 1950 trône au centre de l’animation phare de Micronora 2024, le « zoom » consacré aux microtechniques intelligentes. La présence de ce vénérable tour à cames illustre l’activité principale de Vermot-Automation, une entreprise de Valdahon (Doubs) spécialisée dans le « rétrofit » des machines de décolletage, à savoir leur rénovation-modernisation,  : à côté de cette vieille Tornos M7, le visiteur découvre la même en version 4.0 avec gestion numérique, interface tactile et connexion au réseau de télémaintenance.

« Le rétrofit permet d’augmenter significativement la capacité de production, en la faisant passer de 8.000 à près de 20.000 tours/minutes, et d’améliorer le suivi de la productivité tout en conservant la robustesse et la fiabilité de la mécanique », explique Christophe Pagnier le patron de la TPE de 4 salariés. Celle-ci se concentre sur la dimension numérique en partenariat avec des sous-traitants mécaniques comme le Suisse Robert & Schneider SA. Près de mille de ces machines augmentées ont déjà été installées chez des décolleteurs de l’arc jurassien franco-suisse et de la vallée de l’Arve, en Haute-Savoie.

 

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• Percipio Robotics se branche aussi sur la photonique

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Représentée au salon par Charlotte Quesnel et Jean-Christophe Villain, ingénieurs, Percipio Robotics développe des robots pour le micro-assemblage à Besançon (Doubs). © EdwigePrompt 


Également présente sur l’espace « zoom » avec une plateforme de micromanipulation et son jumeau numérique lauréat d’un Micron d’Or (lire ci-dessous), la société d’intégration robotique Percipio Robotics, est une habituée du salon biennal des microtechniques. Basée elle-même à Besançon, cette spin-off de l’institut de recherche Femto-St dévleoppe l'expertise du « micro-monde » : elle conçoit, depuis 2011, des systèmes innovants pour le micro-assemblage, en utilisant des pinces de son invention dédiées à la manipulation de composants miniatures, « jusqu’à 5 micromètres » précise Charlotte Quesnel, ingénieure mécatronique.

Avec une quarantaines de salariés – soit un effectif doublé en 6 ans – l’ancienne start-up se rapproche aujourd’hui du fonctionnement d’une PME, même si la recherche représente toujours une part importante de son activité. Ses robots de micro-assemblage équipent déjà des entreprises de l’horlogerie, de la micro-électronique et du médical. Depuis peu, elle développe également des applications destinées à l’assemblage de composants en fibre optique pour la photonique, la technologie de la lumière.

 

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• Hainbuch France lance un micro-mandrin

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Venus de Perrigny (Jura), Aurélia Audard et Stéphane Gauby présentent les solutions de serrage pour l’usinage développées par la firme allemande Hainbuch. © EdwigePrompt


Mandrins, systèmes de serrage complets, dispositifs de changement manuel de tête de serrage…Hainbuch France, filiale d’un groupe familial allemand de 850 salariés, commercialise depuis Perrigny, près de Lons-le-Saunier (Jura), des solutions de serrage pour les machines d’usinage (tournage, fraisage, rectification cylindrique) conçues et fabriquées par sa maison-mère.

A l’occasion de Micronora, elle met en avant son nouveau micro-mandrin à goupille pour les très petits diamètres, de 5,6 à 15,6 mm, « très efficace sur le serrage des petites pièces » assure Aurélia Audard, assistante marketing, qui promet une installation rapide, en moins d’une minute, et donc « plus de temps à pouvoir consacrer à la production. »

Si les fonctions commerciales mobilisent la majorité des 17 employés, Hainbuch France dispose également d’une petite unité de production : cinq opérateurs sont chargés d’adapter les produits de la marque allemande aux besoins spécifiques des usineurs. Ces clients se recrutent principalement dans les secteurs de la mécanique générale, l’horlogerie, l’aéronautique et le médical.

 

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• Pichon et L.Omega recrutent dans l’électricité industrielle

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Nouveaux venus à Micronora, Sylvain Morange et Adam Sahli présentent les activités dans l’électricité industrielle de Pichon SAS à Sens et Auxerre (Yonne) et de L.Omega à Longvic (Côte-d’Or).
© EdwigePrompt


C’est l’une des nouveautés de cette édition : un village aux couleurs de la région Bourgogne-Franche-Comté a été aménagé pour accueillir spécifiquement les petites entreprises. Parmi ces nouveaux exposants figurent L.Omega et Pichon SAS deux sociétés appartenant au même dirigeant, l'ingénieur en électrotechnique Mustapha Sahli. La première, spécialisée en électricité industrielle et automatismes, a été fondée à Longvic (Côte-d’Or) en 2008. Implantée à Sens et Auxerre (Yonne), la seconde, experte en bobinage – une compétence qui se perd - et motorisation électrique, a été rachetée à la famille Pichon en 2021.

Ces deux PME qui emploient chacune une vingtaine de salariés pour un chiffre d'affaires annuel de 3 millions d’euros ne manquent pas de commandes dans la maintenance et la réparation des systèmes d’entraînements électriques. « Comme nous intervenons pendant les fermetures d’usine, les plannings pour l’été 2025 sont déjà complets et ceux de Noël suivant commencent à se remplir. Des petites structures, souples et réactives comme les nôtres, deviennent rares », souligne Sylvain Morange, responsable technique chez Pichon. L’entreprise icaunaise, comme son homologue côte-d’orienne, recherche actuellement quatre électromécaniciens afin de compléter son équipe.

 

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• Diamatec élargit ses compétences avec la reprise d’ODS

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Après l’intégration de la société francilienne ODS, Jérôme Thévenot, président de Diamatec à Oiselay-et-Grachaux (Haute-Saône), lancera bientôt une nouvelle gamme d’outils diamants pour l’industrie.
© EdwigePrompt


Cet été, Diamatec, le spécialiste de l’outil diamant pour l’industrie d’Oiselay-et-Grachaux (Haute-Saône), a repris ODS (ex Outils Diamant), une TPE de 4 salariés à Saint-Leu-la-Forêt (Val-d’Oise) placée en liquidation judiciaire. « Nos deux entreprises étaient déjà partenaires depuis quatre ans. Nos procédés sont identiques, mais ODS a développé une véritable expertise dans la fabrication de forets et de disques, alors que nous présentons un profil plus généraliste », indique Jérôme Thevenot, le président de Diamatec.

La PME de 20 salariés a rapatrié en Haute-Saône les outils et les savoir-faire de la société francilienne dont le fondateur, Djamel Kadi, a également déménagé en Franche-Comté afin de partager ses « recettes » de poudres métalliques avec ses nouveaux collègues. « Ses liants sont meilleurs que les nôtres ! Cet enrichissement croisé va donner lieu à quelques nouveaux produits », se réjouit Jérôme Thevenot. En 2021, Diamatec avait déjà racheté un fournisseur, le négociant en outils diamant Adamax à Saint-Héand (Loire). L'an dernier, elle a réalisé un chiffre d'affaires de 2,5 millions d’euros.

 

Des Microns d’Or… et d’Argent

Les récompenses remises traditionnellement aux « innovations les plus pertinentes présentées pour la première fois » dans le cadre de Micronora évoluent. Pour gagner en lisibilité, le nombre de catégories a été ramené à trois - machines et biens d’équipement, composants et sous-ensembles microtechniques, systèmes intelligents et logiciels – et des Microns d’Argent s’ajoutent désormais aux Microns d’Or, ainsi que des mentions spéciales.

Les Microns d’Or ont ainsi été décernés aux Bisontins SilMach pour le micromoteur « cœur silicium » et Percipio Robotics pour le jumeau numérique et au Lyonnais Chiron pour le centre d’usinage Micro5. Les Microns d’Argent sont revenus conjointement aux sociétés ArminkVP MedTech aux Fins (Doubs) pour leur stylo de tatouage et à l’Allemand Nidec pour son système de contrôle qualité appliqué aux presses d’emboutissage. Enfin, une mention spéciale a été attribuée à machine baptisée Quartz Géode de Laser Cheval à Marnay (Haute-Saône).

La Banque Populaire Bourgogne-Franche-Comté accompagne ces trophées de chèques de 2.000 euros (Microns d’Or) et 1.000 euros (Microns d’Argent).

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