La biotech bourguignonne Inventiva sécurise 250 millions d'euros pour son essai clinique et étend sa trésorerie. L’usine Swap d’aliments végétaux en voie de fermeture dans le Bas-Rhin. Les véhicules électriques Stellantis à Mulhouse seront des Peugeot. BFC Angels prévoit un rebond de son activité d’investissement en 2026. SGT étend ses capacités de préformes PET à Chalon-sur-Saône. La fin pour le charcutier alsacien Maurer-Tempé, 112 emplois supprimés.

Bourgogne

La biotech Inventiva sécurise 250 millions d'euros pour son essai clinique et étend sa trésorerie 

La biotech Inventiva à Daix (Côte-d'Or), qui développe un candidat médicament pour le traitement de la stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique (« MASH », alias maladie du foie gras), a annoncé ce 2 juin une optimisation globale de sa structure financière, combinant dette et levée de fonds, afin de pouvoir concrétiser ses prochaines étapes cliniques et réglementaires. L’opération inclut un financement obligataire de 130 millions d'euros (avec une tranche conditionnelle de 20 millions) auprès des fonds anglo-saxons BlackRock et Claret Capital, remplaçant son prêt auprès de la Banque européenne d'investissement (BEI) et étendant son échéance jusqu’en 2030, et une offre d’ADS (American Depositary Shares) de 120 millions de dollars  (environ 110 millions d'euros) sur le Nasdaq, réservée aux investisseurs américains. Elle intègre également le rachat à décote de 40% de 60% des bons de souscription BEI. Grâce à ces opérations, Inventiva, qui avait dû supprimer la moitié de son effectif d'une centaine de personnes l'an dernier,  prolonge sa trésorerie jusqu’au premier trimestre 2028 et confirme la publication des résultats de la phase III d'études cliniques de son produit à fin 2026, suivie d’un éventuel dépôt réglementaire au premier semestre en vue d'une autorisation de mise sur le marché. A.Morel

 

banque pop banniere pub

 

Alsace

L’usine Swap d’aliments végétaux en voie de fermeture 

umiami
Le concept de Swap de produits végétaux alternatifs à la viande n'a pas franchi le cap de l'industrialisation. © Swap

La liquidation judiciaire prononcée le 19 mai dernier envers la société Swap (anciennement Umiami) devrait sonner le glas de l’unité de production de Duppigheim (Bas-Rhin) qu’avait ouvert, début 2024, cette start-up française de produits alimentaires végétaux moyennant un un investissement de 38 millions d'euros aidé pour un tiers par les pouvoirs publics et l'ambition d''employer 200 personnes sur place.  La justice commerciale a accordé une poursuite d’activité jusqu’au 30 juin qui laisse ainsi un petit espoir de sauvetage. De source proche du dossier, l’ancien dirigeant jusqu’à l’an dernier, Tristan Maurel, travaille à un projet de reprise mais « la réussite de celui-ci semble compromise », eu  égard à la situation financière de Swap. La société avait choisi le Bas-Rhin pour transformer son concept de produits végétaux (à base de soja) de substitution à la viande en une réalité industrielle, à savoir une usine qui emploie aujourd’hui 47 personnes (sur un effectif total de 70) dans l’ancien site des soupes Knorr qui a fermé en 2021. « L’idée est novatrice mais arrive sans doute encore trop tôt sur le marché et a été lancée selon un concept marketing non abouti », observe ce suiveur du dossier, qui pointe également le changement de management de 2025 marqué par le remerciement de Tristan Maurel, « qui a fait perdre la mémoire du projet »,avec sa dimension de reconversion d’une friche. Dès lors, l’agence de développement économique Adira indique travailler d’ores et à déjà à trouver une nouvelle destination au bâtiment, vaste de 14.000 m2. M.Noyer

Alsace
Les véhicules électriques Stellantis à Mulhouse seront des Peugeot

Le groupe Stellantis a officialisé, ce 2 juin, la conversion de son usine de Mulhouse (Haut-Rhin) à la fabrication de voitures électriques à partir de 2029 au moyen d’un investissement d’1 milliard d’euros, confirmant ainsi l’annonce préalable d’Emmanuel Macron du 26 mai à l’occasion du plan d’électrification du pays. Deux éléments de précision sont apportés. D’une part, les véhicules concernés seront au nombre de trois et de marque Peugeot. D’autre part, ils seront assemblés à partir de la nouvelle plateforme Stella One du constructeur. Ces informations sont positives pour l’avenir de long terme de l’usine de 4.500 salariés permanents et temporaires, par le fait que Peugeot figure au premier rang de la nouvelle stratégie du géant automobile en tant que marque de niveau mondial et que l’infrastructure de fabrication désignée est la plus récente et la plus moderne, alors que le site alsacien travaillait selon la plateforme EMP2 devenue désuète.
De plus, les véhicules seront situés dans le « segment C », le principal du marché automobile dont il concentre environ 30 %. C’est celui des 3008 et 5008 de l’usine de Sochaux qui bénéficie aussi par ricochet de l’investissement, étant concernée par les 10 % d’enveloppe orientés vers d’autres sites que Mulhouse et, via le centre de Belcahmp, à la moitié du milliard débloqué consacré à la R & D. Mais Mulhouse forme bien le « destinataire final unique » de l’investissement, a souligné le patron de Stellantis Antonio Filosa, venu confirmer le projet sur place le 2 juin avec les ministres Roland Lescure (Economie) et Sébastien Martin (Industrie). M.Noyer

Bourgogne-Franche-Comté

BFC Angels prévoit un rebond de son activité d’investissement en 2026 

BFc Angels
Pierre Vieillard préside l'association régionale d'investisseurs. © Arnaud Morel

Après une année 2025 marquée par un rythme d’investissement au ralentil’association d’investisseurs BFC Angels espère des perspectives nettement plus favorables pour l'année en cours. Réunis en assemblée générale le 28 mai, les membres du réseau régional de business angels ont précisé avoir étudié une trentaine de dossiers au cours de l'exercice écoulé, débouchant sur deux décisions d’investissement pour un montant total de 150.000 euros.qui sera débloqué de façon effective en 2026. BFC Angels, qui finance environ 10 % des projets qui lui sont présentés, accompagne actuellement trois nouvelles levées de fonds en cours de finalisation, dont deux en partenariat avec Défense Angels, dont le réseau est désormais le représentant officiel en Bourgogne-Franche-Comté. « 2026 sera une belle année », souhaite confirmer le président Pierre Vieillard, qui table sur plus de 500.000 euros investis. Depuis sa création en 2004, BFC Angels a investi près de 10 millions d’euros dans 74 sociétés. Son portefeuille compte aujourd’hui 21 participations actives. Si 26 sociétés accompagnées ont été liquidées, les 17 sorties réalisées ont généré un montant supérieur aux pertes enregistrées. Le réseau poursuit par ailleurs son développement avec l’arrivée de trois nouveaux partenaires majeurs - le crédit-bailleur immobilier BatifrancDijon Métropole et la Banque Populaire Bourgogne Franche-Comté - venus compenser la baisse des subventions régionales. BFC Angels investit également dans la montée en compétences de ses membres, avec des formations consacrées cette année à l’intelligence artificielle, tant pour les usages généraux que pour l’analyse des dossiers d’investissement. A.Morel

 

Cessions aquisitions

 

Bourgogne  

SGT étend ses capacités de préformes PET à Chalon-sur-Saône

SGT, le spécialiste français des préformes de bouteilles en PET, va doter son usine de Fragnes- La Loyère (Saône-et-Loire) d’une troisième ligne d’extrusion et  décontamination. Opérationnel fin 2027, l'investissement va faire passer la capacité locale de 12.000 à 28.000 tonnes, soit un peu plus d’un doublement, faisant du site bourguignon ouvert en 2015 le plus important de l’entreprise, devant l’usine historique de Rézé (Loire-Atlantique) productrice annuelle de 16.000 tonnes. Le montant du projet n’est pas révélé, « des éléments restant à finaliser », selon SGT. « Face à une demande en constante évolution et à un cadre réglementaire de plus en plus exigeant, le groupe SGT anticipe les enjeux du marché en sécurisant une chaîne d’approvisionnement locale, fiable et de haute qualité, expose-t-il dans un communiqué. Il se donne ainsi les moyens d’accompagner ses clients dans leur transition environnementale.» La matière première, le polyéthylène téréphtalate, est issue soit de source vierge, soit du recyclage de bouteilles. Le nouveau projet inclut un système de décontamination à installer en 2028 pour les paillettes recyclées qui doit en améliorer la couleur et réduire la consommation d’énergie nécessaire à leur transformation. Le groupe SGT (Société Générale des Techniques) emploie plus de 900 salariés dans 14 unités en France, en Algérie et en Europe, dont une quarantaine dans celle du Grand Chalon. M.Noyer

 

BF

 

Alsace

La fin pour le charcutier Maurer-Tempé, 112 emplois supprimés 

Tempé production
La liquidation de Maurer-Tempé clôt 150 ans de production de charcuterie dans le Haut-Rhin. © Maurer-Tempé

Le dernier sursis accordé pour le sauvetage de Maurer-Tempé n’aura pas suffi à sauver Maurer-Tempé. L’entreprise de charcuterie industrielle, deuxième plus importante d’Alsace avec ses 112 salariés à Kingersheim (Haut-Rhin)n a été placée en liquidation judiciaire ce 3 juin, quatre semaines après sa mise en redressement judiciaire. Les industriels susceptibles de la reprendre en sont restés à des marques d’intérêt, « dans un contexte de marché difficile », relate Laurent Riche, président de l’agence de développement économique alsacienne Adira. Une seule offre a été présentée, dépourvue de consistance. Ainsi disparaît le transformateur après 150 ans d’existence précisément. Il avait connu un dépôt de bilan en 2018 pour rebondir sous forme coopérative par une Scop (société coopérative de production).

Dans un « dernier communiqué officiel » diffusé ce 4 juin, son président-directeur général Mathieu Rouillard rappelle que la structure était parvenue à relancer le chiffre d’affaires, passé en sept ans de 21 à 27 millions d’euros « avec 30 millions d’euros atteignables » et qu’après deux exercices très déficitaires (3,2 millions d’euros de pertes cumulées) de 2022 à 2024, elle avait réalisé un léger bénéfice de 33.000 euros l’an dernier. Mais l’effet des crises précédentes a laissé une « situation de trésorerie devenue critique, qui ne permettait pas d’obtenir une longue période d’observation », reconnaît-il. Les associés s’étaient déclarés prêts à renoncer au modèle Scop au profit d'un dossier de reprise solide. M. Noyer 

Commentez !

Combien font "4 plus 5" ?