Fin d'ACI : Fralsen liquidée à Besançon, mais Usiduc sauvée près de Belfort. La consommation de gaz a résisté en 2025 dans le Grand Est. Le site Capsugel de Lonza à Colmar racheté par une fonds britannique. Les entreprises de taille intermédiaire de Bourgogne-Franche-Comté dialoguent avec le conseil régional.Dijon Métropole rejoint le réseau des business angels. Fortwenger Chocolaterie redonne vie aux têtes choco.

Franche-Comté

Fin d'ACI : Fralsen liquidée à Besançon, mais Usiduc sauvée près de Belfort

La déconfiture du groupe industriel lyonnais ACI aura finalement été fatale à sa filiale Fralsen à Besançon (Doubs). L’entreprise qui employait 63 salariés a été placée en liquidation judiciaire le 12 mars, quelques jours après le sort identique réservé à sa maison-mère. Ainsi prend fin une saga industrielle de plus de 60 ans, longtemps centrée sur l’horlogerie dont la fabrication de montres, et qui s’était diversifiée plus généralement vers les microtechniques ainsi que vers la connectique ou les applications pour le luxe et la défense. Le dossier Fralsen n’aura suscité qu’une seule offre de rachat, de la société Clayens de mécanique et plasturgie de précision. Celle-ci proposait la reprise de seulement 9 salariés, déclenchant un avis défavorable du CSE (comité social et économique). La trésorerie était trop à sec pour espérer un sauvetage, rendu compliqué de surcroît par une condition suspensive sur le relèvement des prix de vente de produits à l’ancien propriétaire américain Timex, qui n’a pas été levée. Fralsen rejoint ainsi Vissal et SV Industries au rang des PME franc-comtoises victimes de l’écroulement du groupe ACI de Philippe Rivière. En revanche, Usiduc à Faverois (Territoire de Belfort) a trouvé un repreneur à la barre du tribunal : le fonds d’investissement Ocean Peak Capital. L’activité va donc se poursuivre pour la société qui avait rachetée l'an dernier par ACI avec un effectif de 20 personnes et en compte 15 aujourd’hui. M. Noyer  

 

BF

 

Grand Est

La consommation de gaz a résisté en 2025 dans la région 

natran méthaniseur
Quatre sites de biométhane ont été mis en service dans le Grand Est en 2025, portant le total régional à 131. © NaTran

La consommation de gaz naturel a connu un léger recul de 1 % en 2025 dans le Grand Est (soit un total de 52,3 térawattsheures), de moindre ampleur que les 3 % de baisse observés à l’échelle nationale. « La région suit les tendances nationales, mais de façon amortie », résume Vincent Rousseau, délégué territorial Nord-Est de NaTran, le transporteur de gaz qui a présenté son bilan régional le 12 mars. C’est ainsi que la consommation industrielle ne s’effrite que de 3,6 % (19,6 Twh) au lieu de 7 % au total en France, ce qui pourrait illustrer une plus forte résistance de la chimie, secteur dominant dans la région pour cet indicateur.  « Un certain tassement s’observe depuis trois ans, après les chutes de 2021/22 » signale Vincent Rousseau pour relever de son point de vue un « certain effet » de sobriété énergétique.

Parmi les sources renouvelables du gaz, le biométhane n’a connu qu’une légère progression l’an dernier (quatre stations mises en service), moins marquée que dans un passé récent, du fait notamment de tarifs de rachat moins favorables. La tendance à son déploiement se confirme toutefois sur le long terme, « nous attendons un rebond en 2027/28 comparable à la croissance observée de 2020 à 2023 », prévoit le responsable régional de NaTran. Les 131 sites d’injection en service dans le Grand Est à fin 2025 représentent 19 % de la production nationale de biométhane (capacité de 3 Twh) qui maintient la région au premier rang français. Le développement de cette énergie induit la construction de stations de « rebours », assurant la connexion entre les réseaux de distribution et de transport. Dix d’entre elles doivent s’ajouter aux 4 existantes dans la région, d’ici 2028-29. Au cumul de ses activités, NaTran prévoit d’investir 38 millions d’euros dans le Grand Est cette année. M.Noyer

Alsace
Le site Capsugel de Lonza à Colmar racheté par une fonds britannique

Le groupe chimique et pharmaceutique suisse Lonza a annoncé, le 6 mars, la cession de sa division de fabrication de capsules et ingrédients (Capsules & Health Ingredients, CHI) dont le site de Colmar (Haut-Rhin) forme une entité majeure en France et en Europe. Il va concrétiser dans les prochaines semaines la vente, pour 2,4 milliards d’euros, au fonds d’investissement britannique Lone Star. L’unité de Colmar emploie environ 350 salariés, elle est dédiée à la production, depuis près de 50 ans sous le nom d’origine Capsugel, mais aussi à la recherche-développement qu’elle a renforcée en 2024 par un investissement de 12,5 millions d’euros dans de nouveaux locaux. Par cette transaction, Lonza souligne vouloir se recentrer sur la conception-fabrication pharmaceutique en sous-traitance, en tant que CDMO (Contrat Development Manufacturing Organization), une trajectoire qui l’a amené à reprendre récemment la start-up strasbourgeoise de détection bactériologique Redberry. M.Noyer  

Bourgogne-Franche-Comté

Les entreprises de taille intermédiaire dialoguent avec le conseil régional 

Club ETI BFC
Jérôme Durain, président de la Région, et Arnaud Marthey, président de l’Agence économique régionale, aux côtés des représentants du Club des ETI de Bourgogne-Franche-Comté, dont son président Vincent Martin, d’Olivier Lluansi, professeur au CNAM, d’Alexandre Montay, délégué général du Mouvement des ETI, et d’Olivier Rietmann, président de la Délégation sénatoriale aux entreprises. © DR

Le club des entreprises de taille intermédiaire (ETI) de Bourgogne-Franche-Comté, créé l’an dernier, a reçu le 11 mars le président de Région, Jérôme Durain, ainsi que le président de l’Agence économique régionale (AER-BFC), Arnaud Marthey, pour un échange autour des problématiques spécifiques à ces sociétés. A cette occasion, Olivier Lluansi, professeur du CNAM et auteur en 2024 de Réindustrialiser, le défi d’une génération, a rappelé les principales conclusions du rapport Produire et travailler en France – mode d’emploi qu’il a remis en juin 2025 au Mouvement des ETI (Meti) : 15 leviers pour relancer l’industrie et « créer 450 000 emplois à 10 ans », dont beaucoup ne coûtent rien ou rapporteraient beaucoup à l’État, comme la libération du foncier ou la simplification administrative. Alexandre Montay, délégué général du Meti, a insisté sur la nécessité d’un statut protégeant les entreprises de taille intermédiaire et d’une fiscalité adaptée. Les deux élus invités ont, pour leur part, assuré les chefs d’entreprises intermédiaires du soutien de la Région et de l’AER sur leurs besoins en matière d’emploi et de foncier, en rappelant l’engagement public en faveur des filières, notamment du nucléaire. Le club régional des ETI, présidé par Vincent Martin, le président du groupe de travaux public Roger Martin, fédère actuellement 20 des 96 ETI dont le siège se situe en Bourgogne-Franche-Comté, ce qui représente un chiffre d’affaires cumulé de 5 milliards d’euros et 22.000 salariés. P.Bouillot

 

preventalis

 

Bourgogne

Dijon Métropole rejoint le réseau des business angels

Dijon Métropole vient de choisir d’intégrer l'association BFC Angels de financement des projets de création, d’innovation et de développement de jeunes entreprises à l’initiative d’investisseurs privés, les « business angels. »  L’intercommunalité souhaite ainsi apporter une contribution de plus à l’attractivité et au développement économique du territoire. Elle vise notamment la stimulation des projets dans les filières de la santé et du numérique, pour lesquelles elle pilote ou accompagne les dossiers de nouveaux bâtiments dédiés : le « Sully Santenov » autour du cluster santé Santenov ( 9.100 m2 prévus en 2028) et le Technov de 6.000 m2 disponibles fin 2027 pour le numérique, premier dossier de la nouvelle SEM immobilière Dijon Bourgogne Business Building. M.Noyer  

Alsace

Fortwenger Chocolaterie redonne vie aux têtes choco  

Fortwenger choco
Le site de Molsheim (Bas-Rhin) va produire 20.000 boîtes de têtes choco cette année. © Fortwenger Chocolaterie

Pour la saison de Pâques 2026, Fortwenger Chocolaterie à Molsheim (Bas-Rhin) lance une nouvelle gamme de têtes choco baptisée « Les P’tites Têtes. » Après plus de 18 mois de développements et de tests, l’entreprise, qui emploie aujourd’hui 25 salariés, est parvenue à mettre au point le process industriel de cette recette à base de meringue et gaufrette enrobées de chocolat (anciennement appelées têtes de nègre). Elle va en produire 20.000 boîtes, déclinées en quatre références - chocolat au lait, chocolat noir, chocolat au lait et bretzel, chocolat noir et coco - vendues en grandes surfaces et dans les neuf boutiques Fortwenger en Alsace et à Paris. Le lapin à succès de 2025  « Dubaï Style » inspiré de la tendance mondiale autour du chocolat à la pistache, revient cette année, accompagné d’un lapin saveur framboise et d’un troisième saveur caramel au beurre salé. Le groupe alsacien Fortwenger, fabricant de pains d’épices, qui a repris l’ancienne chocolaterie Cémoi en 2023, poursuit la transformation de son site de Molsheim. Un projet de 3 millions d’euros, qui comprendra un parcours immersif autour de la fabrication, des ateliers pédagogiques, un magasin d’usine et un espace de dégustation ouvert au grand public. L’ouverture est prévue en 2027. J.Giorgi

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