Ces deux sociétés ont intégré les murs de l'accélérateur d'innovation implanté dans la Cité internationale de la gastronomie et du vin, l'une depuis un an, l'autre depuis quelques semaines. Strivee lance son appli pour coachs sportifs à la conquête du monde, tandis qu'Upper franchit une étape importante dans la commercialisation de sa chaise rehaussée à roulettes pour personnes à mobilité réduite, grâce à un accord national de distribution.
Concepteur d’une appli pour les coachs sportifs, le Dijonnais Strivee s’ouvre à l’international
Les amateurs de crossfit la connaissent forcément : la Canadienne Emma Lawson, 19 ans, fait partie des meilleures de la discipline dans le monde. C’est elle que la start-up dijonnaise Strivee a choisi de sponsoriser pour se faire connaître à l’international auprès des adeptes de cette pratique sportive consistant à enchaîner des exercices en salle, à condition de disposer d'une solide musculature et d'un cardio à toute épreuve.
« Le problème de ce sport vient du fait qu'il n’est pas facile de suivre ses performances ni de se comparer aux autres pratiquants, car en général on s’entraîne toujours avec les mêmes », explique Kevin Boirel, fondateur de Strivee et lui-même adepte du crossfit. Ce contexte lui a donné l'idée de créer un outil de suivi : il a lancé la version 1 de son appli dès septembre 2018.
Kevin Voirel a mûri ce projet pendant six mois au sein du Silicon Valley Center for Entrepreneurship, sous le statut d’étudiant entrepreneur alors qu’il était inscrit à l’IAE (Institut d'administration des entreprises) de Lyon. De retour en France, il passe par l’incubateur de son école avant de s’installer à Dijon, où il bénéficie de l’appui d’organismes d’accompagnement à la création et au développement d'entreprises, tels qu’Initiative Côte-d’Or, Réseau Entreprendre Bourgogne, Bpifrance, l’Agence économique régionale AER-BFC...
Le Covid a eu du bon

« La période du Covid-19 a paradoxalement été bénéfique pour nous, explique Kevin Boirel : puisque les lieux d'exercice étaient fermées, les pratiquants ne pouvaient plus s'adonner à la discipline. Nous avons proposé aux salles de tester cette appli en la soumettant à leurs abonnés. » Une quinzaine ont testé… et une dizaine ont approuvé. Strivee développe une autre version de son appli, destinée cette fois aux coachs sportifs, qui peuvent ainsi vendre des programmes d’entraînement à leurs clients. « Nous contribuons à la professionnalisation du métier de coach. Notre appli permet de gérer jusqu’à 1 000 clients », ajoute le dirigeant.
Leader en France sur ce marché de niche, Strivee compte aussi parmi ses rares spécialistes dans le monde. Kevin Boirel accélère donc le rythme et vise désormais l’international : « Nous avons signé avec deux importants coachs internationaux, aux États-Unis et en Corée du Sud, et nous avons trouvé un partenaire pour nous développer en Espagne. » L’équipe, installée depuis l'automne 2023 au Village by CA de Dijon lui-même hébergé dans la Cité internationale de la gastronomie et du vin, compte actuellement sept collaborateurs, mais cet effectif devrait doubler d’ici à fin 2025. Pour financer ce développement, notamment les investissements marketing, Strivee lancera une levée de fonds de plus d' 1 million d’euros d’ici à la fin de l’année, après en avoir concrétisé avec succès une première de 500.000 euros en 2022. P.Bouillot
Upper organise la commercialisation de sa chaise releveuse

Le Village by CA dijonnais accueille également en cette rentrée les Bisontins d’Upper. La société, incubée depuis deux ans dans la cité comtoise au sein de la structure régionale Deca-BFC, a pris ses quartiers dans ces locaux, tout en gardant un pied à Besançon. Cette étape s’accompagne surtout pour elle d’une montée en charge de son innovation : la chaise Alizée releveuse sur roulettes, conçue pour faciliter la vie des personnes handicapées et des personnes âgées et de leurs aidants, qu’ils exercent en établissements ou à domicile. « Ce fauteuil pèse 18 kilos et se déplace partout, ce qui le rend plus fonctionnel et d’une manipulation bien moins pénible, pour les personnes en perte d’autonomie, que les versions classiques fixes à 60 kilos », relèvent les cofondateurs Clément Blanchard et Yannis Ksantini. Ils ont baptisé leur produit du prénom de l’aide d’un de leurs proches.
« Le concept technique est désormais au point avec une version 3 que nous venons de terminer qui a optimisé des points comme l’inclinaison du dossier et la hauteur réglable des accoudoirs et, in fine, le confort d’utilisation. Nous continuons à travailler à améliorer le design », soulignent-ils. Upper, qui est constituée en société (une SAS) depuis mars 2023, fait appel dans ce cadre au pôle ergonomie-design de l’UTBM (Université de technologie de Belfort-Montbéliard).
Premières productions en série
Mais il n’est plus temps pour la start-up d’attendre une version suivante, car le marché répond. Le prototype testé jusqu’au début de cette année dans cinq Ehpad débouche, en ce mois d’octobre, sur la production d'une première série de 50 exemplaires, en vue d’atteindre en septembre 2025 une capacité de permettant la véritable entrée sur le marché. L’assemblage est désormais réalisé par l’entreprise Art Prog de Haute-Saône, succédant aux sociétés DIB Production à Sennecey-lès-Dijon (Côte-d'Or) et SVE Cosmétique à Rosny-sur-Seine (Yvelines) qui ont été parties prenantes des premiers développements .
Upper passe un cap de commercialisation, par l’accord signé à la fin de l’été avec Bastide : ce distributeur médical intègre « Alizée » à son catalogue et fait accéder l’offre à son réseau de 174 magasins.
Le prix unitaire de 1.250 euros restera à ce niveau, les créateurs travaillent à obtenir pour leur chaise innovante un remboursement par la Sécurité sociale. Sur le plan du financement de son développement, la SAS s’appuie sur sa levée initiale de 400.000 euros conclue notamment auprès de l’association de business angels BFC Angels (*). « Si besoin », une autre interviendra début 2026. M.Noyer
(*) Upper a aussi bénéficié des concours financiers de la région Bourgogne-Franche-Comté, de Bpifrance (bourse de la French Tech) et de la banque CIC. Son innovation a reçu la médaille d’or du Concours Lépine de la Foire de Paris cette année.










.png)







.jpg)







































