Née en avril 2021, la société française connaît une croissance fulgurante grâce à son positionnement sur le recyclage de bouteilles de PET, lui-même stimulé par la règlementation européenne sur l’augmentation de l’incorporation de matière recyclée. Aloxe vient d’inaugurer à Messein près de Nancy la plus grande unité de « rPET » de France, (50.000 tonnes par an), son tremplin vers le leadership européen de la spécialité.
Ce bébé-là a grandi très vite. En moins de trois ans d’existence, Aloxe s’est hissé au rang des recycleurs de PET (polyéthylène téréphtalate) les plus significatifs en France et au-delà. Sa capacité annuelle sera portée dans quelques mois à 120.000 tonnes et son effectif atteint 200 collaborateurs au cumul de ses différents sites, pour un chiffre d’affaires prévu à 45 millions d’€ en 2023.
Sur ces bases, la société revendique le statut de « leader européen indépendant » pour la production de PET rigide d’origine recyclée ( le « rPET ») et à usage principalement alimentaire, la spécialité sur laquelle l’ont positionnée les deux fondateurs, Clément Lefebvre et Arnaud Piroëlle. En s’inspirant de la Bourgogne pour donner à leur entreprise un nom sans rapport avec son activité : ces deux amis de longue date ont « fait mémoire » d’une bouteille d’Aloxe-Corton partagée pour sceller leur alliance.
Mais sur le plan opérationnel, c’est à la Lorraine qu’échoit le statut de territoire-clé. La percée d’Aloxe a reposé, à son origine, sur le rachat de Lorraine Plast Recycling (LPR), pionnière du rPET localisée à Vézelise au sud de Nancy (Meurthe-et-Moselle). Son personnel, une vingtaine de collaborateurs, possédait une expertise sans égal. « Les salariés ont une vista exceptionnelle, que l’on pourrait comparer au « nez » des parfumeurs : à vue d’œil, ils sont capables de distinguer les différents types de granulés plastiques qu’on leur tend dans une poignée de main », admire Mathieu Bajolet, directeur d’Aloxe France et transfuge de Vézelise.
En revanche, la taille de l’installation (12.500 tonnes par an) a été jugée insuffisante face au potentiel du marché. Les dirigeants d’Aloxe ont décidé de changer de braquet, mais sans s’éloigner, afin de garder l'effectif de LPR et de le renforcer de nouvelles embauches. Ils ont trouvé à Messein à l’ouest de Nancy, à 20 kilomètres de Vézelise, le terrain disponible pour leur ambitieux dessein : construire une nouvelle usine de 50.000 tonnes par an, la plus grande de France de sa spécialité. L’investissement s’est élevé à 25 millions d’€, grâce à quelques aides (Ademe, Bpifrance) et aux emprunts bancaires, et au soutien de l’actionnaire majoritaire d’Aloxe, le fonds américain Ara Partners ciblant des projets de développement durable.
Un emplacement idéal par rapport aux circuits d'approvisionnement et de vente
Inaugurées en novembre, les lignes de Messein emploient 48 personnes, dont une trentaine d’embauches. Grâce à la combinaison de la décontamination - par polycondensation « sous azote » garante de bonne qualité finale - et de l’extrusion, elles produisent des granulés plastiques à partir du recyclage mécanique de paillettes broyées de bouteilles, en vue de reformer des bouteilles, d’autres emballages alimentaires ou pour des applications dans la cosmétique ou la pharmacie.
Le site, selon les dirigeants, est « parfaitement placé géographiquement » pour à la fois capter les gisements de matière première et revendre le produit de leur transformation dans un périmètre constitué de la France, de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne, du Bénélux, de la Suisse et d’une partie du sud de l'Europe.
« L’unité de Messein a été définie d’emblée à l’échelle du continent : par sa taille et par la chaîne de valeur dans laquelle elle s’inscrit, en synergie avec nos autres implantations, la Pologne (Gdynia) et l’Italie (Presenzano dans la région de Campanie non loin de Naples) qui nous amènent à notre cadence totale de 120.000 tonnes par an. Le projet Aloxe, il faut vraiment le lire comme européen », appuie Clément Lefebvre. D’autant plus que l’Union européenne justifie les prétentions de la jeune société. La directive SUP (Single Use Plastics) de 2019 impose à l’échéance de 2025 la proportion de 25 % de recyclé dans les bouteilles, puis 30 % en 2030.
Le recycleur français compte bien être le principal bénéficiaire de la montée en puissance, pour le plus grand bien de Messein. Au total de ces implantations, il annonce la perspective de 300 emplois et d’un chiffre d’affaires bondissant à 220 millions d’€ en 2025.
Le profil du binôme fondateur a son importance dans la définition de l’identité d’Aloxe et, selon lui, dans la force qui en résulte. Il a scellé l’alliance du recyclage et de la chimie.
Clément Lefebvre compte près de 25 ans de carrière entre la fondation d’une PME, Tridex, et des postes de responsabilité chez Veolia dont, en dernier lieu de 2017 à 2020, la direction mondiale de la branche plastiques. Tandis que son associé vient du groupe BASF. « Arnaud apporte la maîtrise de la fabrication de matière industrielle qui constitue le socle de notre projet », souligne son associé.





























.png)










.jpg)


















