Frontaliers en Suisse : le patronat français pose sur la table le « rééquilibrage » des règles. De l’IA santé à l’IA tourisme, les savoir-faire du Nivernais DAVI s'affichent sur la Croisette. Le groupe Arenadour investit 1,3 million d’euros sur le pôle thermal d’Amnéville en Lorraine. Le Club des ETI du Grand Est a fait corps chez Socomec en Alsace. Eric Boudier, nouveau président de la CPME Côte-d'Or.


Franche-Comté – Alsace

• Frontaliers en Suisse, le patronat français pose sur la table le « rééquilibrage » des règles

Président du Medef Territoires Franc-Comtois, Emmanuel Viellard a récemment présenté aux chefs d’entreprises nord franc-comtois et  à l’initiative de l’agence économique ADN-FC, les conclusions et propositions définitives de la « Mission flash » qu’il a menée sur le travail frontalier français en Suisse.  « Elle n’a aucune intention de stigmatiser les frontaliers, mais  l’objectif de recréer les conditions « d’égalité des règles du jeu » entre employeurs français et suisses, là où elles ont été dévoyées. Il faut trouver ou remettre en place les mécanismes d’équilibre justes…et arrêter d’être angélique dans la compétition économique », souligne en préambule Emmanuel Viellard, par ailleurs patron du groupe Lisi.

La Mission décèle ainsi des brèches bien ciblées. Concernant la couverture maladie, elle demande à ne plus faire une règle de son extension à tous les membres du foyer (le système Noémie de la Sécurité sociale) mais l’exception pour les frontaliers, ce qu’elle nomme « dé-Noémisation » . « A 2.000 euros en moyenne par an de prestations par salarié, si on retire les plus de 200.000  frontaliers en Suisse, il en ressort une économie de 500 millions d'euros » côté français, relève Emmanuel Viellard. Elle demande aussi de renforcer le contrôle de l’inscription au chômage en France de frontaliers « qui continuent à être indemnisés en allant au bout de leurs droits, tout en ayant retrouvé un emploi en Suisse. » Elle cible aussi le versement mobilité dû par les entreprises et son affectation : « cela pose problème si ça sert à faire un parking de covoiturage pour les frontaliers, alors laissons les Suisses construire ces parkings et les payer » , relate le président du Medef franc-comtois.

La proposition la plus ambitieuse consiste à imaginer une « zone franche » sur une bande frontalière où s’appliquerait une exonération des cotisations patronales de sorte à compenser l’écart favorable à la Suisse. Sa concrétisation paraît peu probable en soi, mais elle permet de poser les termes du débat. L’initiative de cette mission a surgi en même temps que la revendication du ministère du Travail de revoir la règle d’indemnisation chômage dans le pays de résidence et non dans celui de travail. Son montant élevé pour un frontalier ayant travaillé en Suisse et au Luxembourg et sa compensation limitée par les Etats voisins aboutit à un manque de 800 millions d’euros chaque année dans les caisses de l’Unedic, l’assurance-chômage française. M. Noyer

 

log

 

Bourgogne

• De l’IA santé à l’IA tourisme, les savoir-faire de DAVI s'affichent sur la Croisette

davi ia
DAVI a développé une IA nommée EyeLib pour établir des préanalyses ophtalmologiques. © DAVI


DAVI The Humanizer, la deeptech de Varennes-Vauzelles (Nièvre) qui crée des smartbots, a participé pour la troisième année au World Artificial Intelligence Cannes Festival (WAICF) du 13 au 15 février derniers. La société, dirigée par Pascal Arbault, a franchi un nouveau cap dans le domaine de la santé. En lien avec la société suisse MKJ, DAVI a développé une IA nommée EyeLib pour établir des préanalyses ophtalmologiques. Il s’agit d’un agent virtuel formé au langage et au pathos humain dont la technologie repose sur Retorik AI breveté par DAVI. L’outil sera destiné aux ophtalmologiques.

Le tourisme fait également partie des dossiers que Pascal Arbault a emporté sur la Côte d'Azur. Après l’utilisation de sa technologie dans le cadre d’une application smartphone pour les Jeux olympiques de 2024, l’entreprise s’appuie sur ses acquis en matière de tourisme pour « réorienter l’application vers des informations auprès des territoires de l’Ile-de-France et de leurs habitants et indiquer à tout utilisateur, ce qu’il y a à voir, à faire, identifier les commerces de proximité…».

Dans le même domaine, mais sur un autre projet en lien avec l’aéroport de Nice-Côte-d’Azur, DAVI travaille sur un projet d’agents d’accueil à la suite d’une réflexion entamée entre les deux structures. Au retour du sud, un chantier conséquent l'attend : l’installation d’un calculateur d’IA avec un projet de centrale solaire. Un projet à 5 millions d’euros qui devrait voir le jour dans trois ans, et qui représente le double du chiffre du chiffre d'affaires annuel (2,5 millions d’euros). S.Dolidze

 

Cessions aquisitions

 

Lorraine

• Le groupe Arenadour investit 1,3 million d’euros sur le pôle thermal d’Amnéville

amnéville
L’établissement de cure du pôle thermal d’Amnéville est le plus fréquenté du Grand Est. © Philippe Bohlinger


En Moselle, le pôle thermal d’Amnéville mobilise une enveloppe de 1,3 million d’euros d’investissement afin de soutenir sa dynamique. L’établissement dont l’exploitation a été reprise par le groupe landais Arenadour en 2021 alors qu’il était menacé de liquidation judiciaire, affiche un bilan de santé honorable. La fréquentation du centre thermal Saint-Eloy, l'établissement de cure le plus fréquenté du Grand Est, a progressé de 8 % pour atteindre 12.105 curistes en 2024. A noter que ce chiffre reste toutefois encore éloigné du record d’avant pandémie de 16.123 curistes en 2019. En parallèlement, les entrées dans les établissements de bien-être Thermapolis et Villa Pompéi ont également augmenté respectivement de 2 % et 4,5 % l’an passé.

Le programme d’investissement concomitant aux travaux entrepris par le bailleur du pôle thermal, la société publique locale Destination Amnéville, va permettre au centre thermal Saint-Eloy d’accueillir en 2025 une nouvelle zone dédiée aux soins de boue et de douche térébenthinée. Un espace pour la mini-cure « jambes toniques », ciblant le traitement des troubles circulatoires, sera également lancé (aérobain et couloir de marche). Du côté de Thermapolis, une rénovation des vestiaires et l'ajout d'un nouveau bassin extérieur de 200m² avec des équipements adaptés aux familles (hydrojets, banquettes à bulles) sont prévus pour l'automne 2025. En raison de ces travaux, Thermapolis sera fermé à partir du 24 février pour une durée de quatre mois. P. Bohlinger

 

BP

 

Grand Est

• Le Club des ETI a fait corps chez Socomec en Alsace

eti
Une trentaine de dirigeants ont été réunis, autour du président du club du Grand Est Georges Lingenheld (au pupitre). © Agence Infra


Simplification administrative, facilitation de l'accès à la commande publique, résilience économique, difficultés de recrutement et lutte contre la pénurie de compétences : à défaut d'être nouveaux, les thèmes de l'étape alsacienne du Tour de France des ETI a confirmé la liste des préoccupations communes des entreprises de taille intermédiaire,
« qui sont celles du coin, ayant grandi » a rappelé le président du Club des ETI Grand Est Georges Lingenheld, pour souligner leur ancrage territorial combiné à leur ouverture internationale.

La trentaine de dirigeants parmi les 85 adhérents régionaux ont participé, le 6 février,  à la rencontre organisée à Benfeld (Bas-Rhin) chez Socomec, le groupe familial d'équipements électriques industriels de 4.400 salariés. Ces entreprises régionales sont engagées dans le plan national de promotion-reconnaissance des ETI et d'accompagnement dans leurs transitions, « Stratégie Nation ETI », copiloté par l'Etat et le mouvement des entreprises de taille intermédiaire (Meti). Quant au programme « ETIncelles » de soutien aux PME dont la croissance les fait approcher des seuils de l'ETI (250 salariés, chiffre d'affaires de 50 millions d'euros), il intègre 12 sociétés du Grand Est sur son total national actuel de 197. M.Noyer

 

Mouvements

 

• Eric Boudier, nouveau président de la CPME 21

cpme
Eric Boudier (à gauche) succède à Geoffroy Secula. © Deborah Levy


Eric Boudier, qui vient de céder l'entreprise de métallerie portant son nom à Chenôve, prend la succession de Geoffroy Secula (Bourgogne Recyclage) à la présidence de la CPME Côte-d’Or. A l’occasion de l'assemblée générale tenue à l’Opéra de Dijon ce mardi 18 février, il a souligné, dans son discours d’intronisation, son « engagement pour être un président d’ouverture. L’heure est à l’union des forces. » Le nouvceau président a également souligné « la solitude du dirigeant » :  lui qui est passé de la TPE à la PME connait toutes les étapes de la structuration d’une entreprise.

Eric Boudier préside également le SASTI (Service d’accompagnement socio-professionnel des travailleurs indépendants) Bourgogne-Franche-Comté qui apporte un soutien aux travailleurs indépendants en difficulté. « Conseils sur les sujets économiques, administratifs, sociaux, nous agissons pour 2.500 à 3.000 bénéficiaires : pour moi c’est important d’être aux côtés de ceux qui ont des difficultés », expose-t-il.  A 62 ans et après avoir dirigé sa société pendant 28 ans, la présidence de la CPME 21 qui compte 850 adhérents, soit la deuxième plus importante de France, lui offre donc un nouveau challenge. D. Levy

Commentez !

Combien font "2 plus 4" ?