Le fabricant de biscuits Fortwenger qui a racheté le site industriel de la chocolaterie Cémoi à Molsheim (Bas-Rhin) en juin dernier, non loin de son propre siège, en a entamé la modernisation. Sur les 2,5 millions d’€ annoncés pour les trois ans à venir, un million vont être dépensés début 2024 afin d'installer une ligne de production de têtes de choco.
Les pères Noël, les Saint-Nicolas et les rennes en chocolat ont désormais pris place à côté des bredalas (les petits biscuits alsaciens typiques) et des pains d’épices dans les boutiques Fortwenger et, en ce moment, dans les chalets des marchés de Noël. Ils proviennent de la chocolaterie de Molsheim (Bas-Rhin) anciennement Cémoi, qui tourne à nouveau depuis septembre dernier.
L'entreprise Fortwenger, basée à Gertwiller (Bas-Rhin) dont elle contribue au surnom de « capitale alsacienne du pain d’épices », a en effet racheté le site en juin dernier au Belge Sweet Products qui cherchait à se séparer de l’unité alsacienne et faisait ainsi planer la menace de sa fermeture définitive. L’effectif est passé de 22 à 24 salariés et comme la saison des fêtes de fin d’année bat son plein et que celle de Pâques se prépare déjà, les ateliers de production comptent actuellement 40 personnes avec les effectifs temporaires.
Construit en 1980, et anciennement chocolaterie-confiserie Mosser, le site de Molsheim est spécialisé dans les moulages traditionnels de sujets en chocolat peints à la main. Mais ce savoir-faire artisanal qn’était pas en adéquation avec la stratégie de Cémoi, plutôt axée sur le premier prix et les marques de distributeurs.
Pour le mettre au contraire en valeur, Fortwenger a choisi de présenter les produits dans un emballage transparent. L’un des premiers investissements du repreneur a consisté en l’achat d’un robot permettant de poser des cales en carton sur la machine à ensacher, de façon à faire tenir les sujets en chocolat dans l’emballage. « La priorité aujourd’hui est de faire du beau et du bon », témoigne Arnaud Vial, le directeur du site. L’entreprise a également investi dans de nouveaux moules et de nouvelles recettes, notamment un chocolat crispy (croustillant). L’usine produit 14 références pour cette première saison de Noël sous pavillon Fortwenger.
Désaisonnaliser l’outil de production
© Julie Giorgi
Le prochain investissement, d’un montant d’1 million d’€, sera l’achat d’une ligne de production de têtes de choco (appelées anciennement têtes de nègre), des confiseries à base de meringue et gaufrette enrobées de chocolat. Le nombre de ses fabricants se réduit fortement en France. « Le retour aux anciens produits, c’est un peu notre ADN. C’est pour cette raison que j’ai choisi de relancer cette production », explique Steve Risch, le PDG de Fortwenger. Le nouvel équipement sera opérationnel en avril 2024.
D’autres références, comme les roses des sables, pourraient être fabriquées à Molsheim. Steve Risch souhaite aussi faire évoluer l’outil de production dans le but de le désaisonnaliser, et implanter une boutique et un espace ludique (école du chocolat ou musée) sur environ 1.000 m2, dans les deux ans à venir. Le permis de construire devrait être déposé d’ici à six mois.
L’ensemble de ces projets font partie du plan d'investissement de 2,5 millions d’€ sur trois ans, présenté par Fortwenger au moment de la reprise. Un projet de faire revivre la marque Mosser Chocolaterie avait aussi été annoncé, « mais cela va prendre du temps », tempère Steve Risch.
La priorité consiste d’abord à remettre l’usine sur les rails de la rentabilité. La chocolaterie de Molsheim peut compter sur l’expérience et la force de vente de son repreneur. Les produits estampillés Fortwenger Chocolaterie sont vendus en grande distribution, en ligne, dans le réseau des sept boutiques alsaciennes, et à l’export. Fortwenger prévoit de réaliser un chiffre d’affaires de 30 millions d’€ en 2023. Avec le renfort de la chocolaterie, la PME de Gertwiller emploie aujourd’hui 160 salariés.



















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