Du pain d’épices au chocolat, Fortwenger avance ses nouveaux pions. Deux ans après la reprise du site industriel de la chocolaterie Cémoi à Molsheim, le groupe alsacien, connu pour la fabrication du petit gâteau alsacien, a obtenu en mars dernier le permis pour moderniser les bâtiments de son nouveau site et l’orienter vers le tourisme industriel. L'investissement s'inscrit dans un programme de 4,5 millions d'euros pour la relance de la production.


A la reprise du site Cémoi à Molsheim en septembre 2023, Steve Risch, le président-directeur général de Fortwenger, avait annoncé un plan d’investissement de 2,5 millions d’euros en sa faveur sur trois ans. Finalement, le montant atteindra presque le double. « On sera plutôt à 4,5 millions d’euros. Le nouveau bâtiment me coûte plus cher que prévu », admet-il.

Au sein de ce programme, le dirigeant concentre actuellement ses efforts sur la transformation de l’ensemble des locaux qui se situent en face de la production, le long de la route en entrée de la prospère ville entre Strasbourg et le massif vosgien. Le chantier doit démarrer en juillet prochain par la démolition des surfaces existantes. Les travaux de construction neuve et de réaménagement prendront la suite jusqu’en juin 2026, et l’ouverture au public est attendue en octobre ou novembre 2026. Ce projet, estimé spécifiquement à 3 millions d’euros, comprendra un magasin d’usine et un salon de thé, une école du chocolat pour des ateliers pratiques de confection et de peinture sur la savoureuse substance, ainsi qu’un parcours immersif permettant aux visiteurs de découvrir toutes les étapes de la fabrication.

 

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Le nouveau bâtiment s’étendra sur 2.000 m2 et il s'accompagnera de la création d’une dizaine d’emplois (chocolatiers, vendeurs, animateurs…). Il sera relié à la production par un tunnel et un toboggan façon « Charlie et la chocolaterie. » « Je veux faire quelque chose de ludique et d’interactif », prévient Steve Risch. Le dirigeant vise 50.000 visiteurs par an. L’objectif lui paraît réaliste sachant que, sur le même concept, le Palais du pain d’épices à Gertwiller (Bas-Rhin) fief de l’entreprise plus que bicentenaire enregistre chaque année 70.000 entrées.

 

Un tournant stratégique

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Le succès commercial du moment, à quelques jours de Pâques, est inattendu dans sa teinte et son inspiration : le lapin vert Dubaï Style, fruit de l'imagination d'une partie du personnel qui a conçu une recette à la pistache. © Julie Giorgi


Le local de production actuel de 6.000 m2 de l’ex-Cémoi emploie 22 salariés. Un investissement d’un million d’euros a déjà été réalisé en 2024 pour l’achat d’une ligne dédiée aux gaufrettes et bretzels en chocolat. L’objectif consiste aussi à sortir des têtes de choco (appelées anciennement têtes de nègre), des confiseries à base de meringue et des gaufrettes enrobées de chocolat. Mais pour l’instant, les tests des nouveautés n’ont pas été totalement concluants.

D’ici un an, le patron de Fortwenger prévoit également de conscarer 500.000 euros à la rénovation des machines et d'ajouter une ligne de production supplémentaire qui porterait le total à quatre, « dans une usine capable d’en accueillir six », précise-t-il.

Depuis plus un mois, l’usine de Molsheim tourne à plein régime en prévision des fêtes de Pâques ce week-end. La star cette année est pour le moins inattendue : il s'agit du lapin Dubaï Style, comopsé de chocolat blanc, d'une crème pistache et d'éclats de crêpe dentelle. Cette idée de recette de couleur verte a été proposée par des salariés du site...et elle n'a pas manqué de faire le buzz sur les réseaux sociaux. D’abord sortie en édition limitée de 900 pièces et très vite parvenu en rupture de stock, la production de ce lapin a été relancée en dix jours. L’objectif est d'en produire 100.000 pièces jusqu'à Pâques.

 

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Pour y parvenir, l’usine tourne exceptionnellement le samedi et six salariés de l’unité de pain d’épices de Gertwiller sont venus prêter main forte à Moslheim. Loin de constituer un coup ponctuel, « cette innovation marque un tournant stratégique », sourit Steve Risch, qui se voit déjà produire des pères Noël Dubaï Style pour la fin de l’année ! L’an dernier, la chocolaterie Fortwenger avait réussi à se faire une place dans les rayons de la grande distribution grâce au lapin du Racing, un partenariat conclu avec le Racing Club de Strasbourg pour trois ans. Cette année, ce sont donc les petits animaux verts qui pourraient rafler la mise.

 

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Steve Risch, le président-directeur général de Fortwenger, orchestre le développement du groupe dans et hors du pain d'épices, en concentrant notamment ses efforts sur la modernisation-extension jusqu'en 2026 du bâtiment à Molsheim (Bas-Rhin) de la division chocolats née de la reprise de Cémoi à l'automne 2023. © Fortwenger

 

 De l'atelier de 1768 à un groupe du XXIè siècle

L’origine de Fortwenger remonte à 1768. Aujourd’hui, l’entreprise est devenue un groupe qui emploie 200 salariés et a réalisé en 2024 un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros (+15% par rapport à 2023). En 2025, Fortwenger prévoit un à deux millions supplémentaires. Cette année, le site de production de pain d’épices à Ensisheim (Haut-Rhin) a bénéficié d’un investissement de 500.000 euros pour une extension de 1.000 m2. Les travaux doivent s’achever en juin prochain. L’usine s’étendra désormais sur 5.000 m2.

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