Les vêtements techniques du franc-comtois Ayaq arrivent au Japon. Cristallerie de Saint-Louis mobilise 30 millions d’euros pour passer au cristal sans plomb. L'Alsacien OCI Informatique s’étend dans l’Ouest avec l’acquisition d’Apik. Fralsen a six mois pour se sauver à Besançon. Paprec rachète le recycleur de métaux Alsarec. L’électricité hydraulique refait surface au Lac Noir en Alsace.

Franche-Comté

Les vêtements techniques d’Ayaq arrivent au Japon  

Cinq ans après la création d'Ayaq, la marque jurassienne spécialisée dans les habits sportifs d’outdoor, s’exporte au Japon. « Si nous gardons un parti pris européen pour la conception et la fabrication de nos produits, nous avons l’ambition de les diffuser partout où c’est possible », affirme le fondateur Vincent Defrasne. Pour le champion olympique 2006 en biathlon, le choix de ce marché est « stratégique » : « Les Japonais sont de grands pratiquants de sports de plein air, ils aiment les vêtements techniques et les belles matières. En outre, c’est un marché très observé, leader d’opinion », observe-t-il. Huit points de vente permanents ainsi que deux boutiques éphémères ont d’ores et déjà intégré dans leurs rayons une partie de la gamme hiver. Déjà vendue en Suisse et en Autriche, et dans une moindre mesure en Allemagne, au Portugal, en Italie et en Angleterre, Ayaq continue toutefois à réaliser la majorité de son chiffre d'affaires en France. « À terme, notre objectif serait que le Japon mais aussi la Corée du Sud représentent un quart de l'activité », détaille Vincent Defrasne, révélant que ce deuxième pays asiatique devrait voir arriver des vêtements de la marque jurassienne d’ici 2027. En favorisant les transports groupés, en train ou en bateau, Ayaq s’efforce de conserver dans sa politique d’exportation son cap de la limitation  de son empreinte carbone. C.Jourdan

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Lorraine

Cristallerie de Saint-Louis mobilise 30 millions d’euros pour passer au cristal sans plomb

cristal saint louis
La prestigieuse maison lorraine a vu son chiffre d’affaires doubler entre 2019 et 2025. © Saint-Louis / Jonas Marguet

 

 Fondée en 1586 aux confins de la Lorraine et de l’Alsace, la cristallerie Saint-Louis, la plus ancienne de France, négocie un virage historique pour produire du cristal sans plomb. Propriété du groupe Hermès, elle investit 30 millions d’euros sur la période 2025-2028  afin de mettre sa manufacture à Saint-Louis-lès-Bitche (Moselle),en conformité avec les nouvelles valeurs limites d’exposition des salariés au plomb fixées par l’Union européenne. La mise en service d’un deuxième four à bassin d’une capacité de 8 tonnes par jour début 2025 a permis à la firme verrière de 400 personnes de démarrer la production de pièces sans plomb, un oxyde métallique entrant habituellement à hauteur de 24 % minimum dans les recettes des cristalliers. Après des campagnes d’essai, Saint-Louis a intégré des premiers produits sans plomb dans sa gamme de luminaires.

Parmi les grandes maisons du luxe (Lalique, Baccarat, Daum), elle serait la première à avoir réalisé cette prouesse. Le site va poursuivre sur cette lancée en remplaçant à l’horizon 2027 son four à pots, un équipement adapté à la fabrication du cristal de couleur. Enfin, le renouvellement de son premier four à bassin est prévu en 2028, alors que la règlementation européenne entrera en vigueur le 31 décembre de cette même année. Les investissements de Saint-Louis (chiffre d’affaires non communiqué) sont soutenus par le doublement de son activité entre 2019 et 2025, portée par les marchés chinois et japonais. P. Bohlinger

 

Alsace 
OCI Informatique s’étend dans l’Ouest avec l’acquisition d’Apik

La société bretonne Apik d’intégration de solutions de gestion rejoint le groupe alsacien OCI. Comptant 55 salariés, elle réalise un chiffre d’affaires annuel de 5 millions d’euros dans cette activité destinée aux PME et aux ETI, grâce à un portefeuille de 190 clients actifs. Elle est spécialisée notamment dans l’intégration du progiciel (ERP) Odoo. L’acquisition renforce la position d’OCI parmi les principaux acteurs français des solutions de gestion et intégration pour les professionnels. Elle lui assure un maillage complémentaire dans l’Ouest, le Centre et le Sud-Est où se situent les six implantations d’Apik. Basé à Schiltigheim au nord de Strasbourg, le groupe OCI dénombre ainsi 35 antennes et un effectif de 1.400 salariés. Il devrait dépasser le seuil des 300 millions d’euros pour son chiffre d’affaires 2025. M.Noyer

Franche-Comté

Fralsen a six mois pour se sauver à Besançon  

Fralsen
L'entreprise de micro-précision avait été rachetée par ACI à l'Américain Timex il y a à peine un an.© Fralsen

Entraînée dans la déconfiture de son propriétaire le groupe lyonnais ACI, l’entreprise Fralsen de Besançon bénéficié d’une période de redressement judiciaire de six mois, accordée la semaine dernière par la justice commerciale. Elle dispose ainsi du délai qui doit lui permettre de trouver un repreneur, local de préférence, en succession d’ACI dont la liquidation devrait être prononcée dans les prochains jours. Celui-ci avait repris à l’automne 2024 au groupe américain Timex la PME bisontine, spécialiste de la mécanique de précision (micro-injection,  micro-usinage, décolletage…) qui compte 68 salariés, contre 75 à sa reprise. L’effondrement du groupe ACI de Philippe Rivière a déjà fait comme victimes en Franche-Comté les sociétés SV Industries et Vissal à Saint-Vit (Doubs) dont les 35 salariés vont perdre leur emploi par leur liquidation et elle menace l’usineur Usiduc à Favernois (Territoire de Belfort, 20 salariés) qui avait été repris il y a quelques mois seulement.  M.Noyer

 

Cessions aquisitions

 

Alsace

Paprec rachète le recycleur de métaux Alsarec 

Le groupe de traitement de déchets Paprec annonce l’acquisition prochaine d’Alsarec, recycleur et câbles et métaux à Rosenau (Haut-Rhin) où il emploie 21 salariés pour un chiffre d’affaires annuel de 47 millions d’euros résultant de la valorisation de 11.000 tonnes. Cette opération dans le sud de l’Alsace devant prendre effet début 2026 vient compléter le maillage du groupe français pour son pôle « Ferrailles et Métaux » réparti en une trentaine d’agences pour un chiffre d’affaires annuel supérieur à 500 millions d’euros, soit environ 1 million de tonnes traitées chaque année. « L’intégration d’Alsarec permettra d’accompagner nos clients industriels à la recherche de partenaires solides », souligne David Dias, directeur général des activités de spécialités de Paprec. Le groupe de 18.000 salariés (chiffre d’affaires de 3,5 milliards d’euros en 2024) a également acquis dans le même temps un recycleur suisse de l’agglomération de Bâle, Multimetall qui affiche également une activité annuelle de 11.000 tonnes.  M.Noyer

Alsace

L’électricité hydraulique refait surface au Lac Noir 

lac noir
Le Lac Noir à Orbey (Haut-Rhin) serait alimenté par une station de transfert d'énergie par pompage depuis son voisin en amont le Lac Blanc. © Besoindr

Annoncé par la préfecture du Haut-Rhin fin novembre, le rachat par l’Etat à la commune des sites du Lac Noir et du Lac Blanc à Orbey relance le projet d’une centrale hydroélectrique au pied des Vosges. Inscrit dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) nationale, il consiste à créer un transfert d’énergie entre les deux plans d’eau (Lac Blanc en amont, Lac Noir en aval) grâce à une station dédiée (Step, station de transfert d’énergie par pompage), selon un modèle modernisé par rapport à une installation comparable d’EDF qui avait fonctionné depuis les années 1930 jusqu’à la fin du XXème siècle. Celle-ci a été mise hors service en 2012. L’entrée dans le jeu de l’Etat doit permettre de désigner un nouveau concessionnaire,  pour une installation dont la puissance serait prévue entre 50 et 70 mégawatts. L’appel d’offres pour la concession devrait être lancé courant 2026. D’ores et déjà , un candidat s’est  déclaré, le duo formé du distributeur d’énergie Vialis de Colmar (Haut-Rhin) et du Suisse Alpiq, expert en centrales hydrauliques  en milieu de montagne. « Nous saurons ainsi bâtir une offre conjuguant ancrage locale et savoir-faire international », argumente Benoît Schnell, directeur général de Vialis. M.Noyer

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