EMBALLAGE. L’usine dijonnaise du géant suédois des emballages souples s’équipe, pour 23 millions d’€, d’un nouveau laminoir destiné à produire des contenants dotés de bouchons à vis.

En outre, d’ici trois à cinq ans, le fabricant sortira des emballages entièrement «verts». Explications avec Paul Bousser, P-DG de Tetra Pak France.

L’inventeur suédois de la brique alimentaire réagit à la forte concurrence des emballages en plastique. Jugés par les consommateurs plus pratiques pour leur ouverture et leur fermeture, ils lui grignotent des parts de marché.

L’un de ses cinq plus importants sites mondiaux du groupe Tetra Pak, implanté depuis 40 ans à Longvic, près de Dijon (Côte-d’Or), investit 23 millions d’€ pour produire des emballages souples à vis. Ce développement passe par l’installation d’un nouveau laminoir.

«Sur cette enveloppe, 10 millions seront directement injectés dans l’économie locale», précise Paul Bousser, P-DG de Tetra Pak France (270 millions d’€ de chiffre d’affaires, 550 salariés, 4,2 milliards d’emballages annuels).

Cet homme de 56 ans, diplômé d’HEC, n’est pas un inconnu pour son employeur. Avant de prendre ce poste en juillet 2009, il a fait ses preuves pendant 23 ans dans différentes fonctions à responsabilités, notamment à l’international.

«J’ai travaillé auparavant dans d’autres groupes comme Jacques Vabre, Suchard et j'ai même été le patron d’un PME en Guadeloupe», précise t-il.

Un site stratégique

L’usine dijonnaise exporte 66% de ses produits à l’international, en Europe, Afrique du Nord et dans les pays de l’Est, et réalise l’essentiel de son activité pour les marchés de l’emballage du lait et des jus de fruits.

D’ici 3 à 5 ans, elle ne devrait fabriquer que des emballages «verts».

Si le carton, issu de bois éco-certifiés, est depuis longtemps l’un des points forts écologiques de l’industriel, d’autres matériaux comme le polyéthylène, pour les systèmes d’ouverture et de fermeture, ainsi que l’aluminium, qui isole parfaitement les contenus, posent problème à sa culture toute scandinave.

«Notre R&D, principalement basée à Lund, en Suède, travaille activement à trouver des solutions de remplacement», argumente Paul Bousser. Un partenariat conclu avec un Brésilien devrait ainsi permettre de sortir des bouchons bio-plastique à partir de végétaux (canne à sucre).

En attendant de franchir cette nouvelle étape, l’unité dijonnaise peaufine son excellence opérationnelle. Elle vient de décrocher un JIPM Award délivré par le prestigieux Japan Institut for Product Management et conduit un programme soutenu de world class manufacturing.

Géant dans son secteur, le groupe Tetra Pak (Tetra Laval) réalise dans le monde un chiffre d’affaires de 10 milliards d’euros. Il emploie plus de 20 000 personnes et commercialise 150 milliards d’emballages par an.

Crédit photo: Tetra Pak

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