L'opérateur historique des télécommunications a fait de Belfort son pôle interrégional de recherche-développement sur les dernières générations de débit. L'équipe de 76 personnes n'a pas d'équivalent en Bourgogne-Franche-Comté et dans le Grand Est.
Comme souvent en la matière, le bâtiment ne paye pas de mine. Ni ne laisse pas soupçonner la somme de technologies qui se cache derrière sans façade sans âme. A Belfort, au cœur du Techn’Hom, Orange fait phosphorer les 76 têtes bien faites (*) de son « 5G Lab. » Des locaux hérités des ères Bull et même DMC auparavant, récemment rénovés, qu’une visite du préfet du Territoire de Belfort Raphaël Sodini en octobre dernier ont permis de dévoiler .
Ici, on planche depuis 2021 sur l’intelligence artificielle, « l’ingénierie de la connaissance », la maintenance prédictive de données radio, et petit à petit sur le véhicule « connecté et autonome », pour ne retenir que les termes compréhensibles en français courant et non phagocytés par les anglicismes.
L'Orange 5G Lab belfortain n’a pas d’équivalent ailleurs en Bourgogne-Franche-Comté ni dans le Grand Est, ce qui le fait rayonner sur les deux régions administratives. Et il ne compte que huit homologues en France. Un privilège attribué au réseau d’enseignement supérieur, au tissu industriel, mais auquel ne fut pas étranger, pour les fonctions précédentes du local dans les années 1990, la présence d’un certain Jean-Pierre Chevènement au ministère des bonnes vieilles PTT d’il n’y a pas si longtemps.
Les thèmes de travail peuvent concerner les préoccupations immédiates que tout un chacun confronté, dans tous les sens du terme, aux connexions haut débit. Un espace reproduction d’un appartement teste les box actuelles et à venir afin de vérifier leur capacité à bien propager la 5G à toutes les pièces. « Nous nous tournons aussi vers les jeunes, par l’animation d’ateliers de super-codeurs en classes de 5ème », précise Virginie Bez, directrice des relations avec les collectivités.
Mais les « cibles » principales de ce fablab particulier concernent les professions et les collectivités. « Un thème fort est le flux vision », expose Bobby Ramsoondur, directeur adjoint du site. Il s’agit, en synthèse, de la récupération de données radio sur des types de déplacements de personnes plus difficilement comptabilisables de façon classique : la déambulation dans des rues marchandes à l’instar d’une expérimentation à Dijon, la fréquentation de manifestations sans billetterie (le festival annuel de musique universitaire Fimu de Belfort), etc. Ceci en s’appuyant sur l’émission des smartphones des individus.
« On peut imaginer de compter des manifestants ? », ne manque pas d’interroger Raphäel Sordini. Halte-là, au risque d'entrer en conflit avec le respect des libertés et des données individuelles. « Nos travaux sont strictement encadrés par la CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés), sur ce que nous pouvons faire…et ce que nous ne pouvons pas », pose Bobby Ramsoundur. Une autre application concrète des recherches belfortaines concerne le « slicing », à savoir l’aménagement de « tunnels de communication » prioritaires lorsque les réseaux menacent de saturer : par exemple pour les forces de l’ordre lors des prochains JO de Paris.
Une porte vers l’industrie 4.0
et de Bobby Ramsoondur, à sa gauche. © Mathieu Noyer.
« Smart city » et santé figurent aussi au menu. Wifi, 5G, propagation des ondes radio dominent ainsi dans les actions du site belfortain. Ils intéressent au plus haut point aussi les entreprises. « L’amélioration de la gestion de leurs flux représente un enjeu majeur du passage à l’industrie 4.0 », rappelle Olivier Rouget, directeur des projets innovants du groupe en Bourgogne-Franche-Comté.
Merem à Saône (Doubs) est ainsi un pilier des relations avec l’Orange 5G Lab belfortain. Le fabricant de cartes électroniques est passé avec son concours à la 5G pour les communications de son process, notamment la maintenance prédictive, selon un niveau de sécurisation qui doit lui permettre de se prémunir contre les aléas.
A son exemple, une cinquantaine de start-up et entreprises font appel aux compétences de l’équipe Orange. C’est à la fois beaucoup ou peu. « Sans doute ne sommes-nous pas assez connus », estime Olivier Rouget. Une invitation à pousser les portes bien qu’anonymes au Techn’Hom.
(*) Les 76 collaborateurs de l'Orange 5G Lab font partie des 282 salariés du groupe situés dans le Territoire de Belfort et de l'effectif de 1.494 CDI (contrats à durée indéterminée) en Bourgogne-Franche-Comté, complétés actuellement de 36 CDD et 106 alternants.














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