Alstom réinvestit à Belfort, à hauteur de 10 millions d’euros. En Lorraine, le site de production du Renault Master planifie une troisième semaine d’arrêt. JPS Granulats innove en Côte-d'Or pour décarboner la fabrication de ciment. Un duo franco-allemand pour collecter la future écotaxe alsacienne. La Bourgogne-Franche-Comté toujours en force au salon de l’hydrogène. Clhynn accélère l’industrialisation de sa pile à hydrogène chez Station F. L’agence économique régionale devient Grand Est Développement.


Franche-Comté

• Alstom réinvestit à Belfort, à hauteur de 10 millions d’euros

Pour la première fois depuis 2013, Alstom investit lui-même dans l’immobilier pour le développement de son site historique de Belfort. Le groupe de matériel ferroviaire va consacrer 10 millions d’euros à la construction d’un bâtiment de 3.800 m2, dont la longueur de 250 mètres est ainsi dimensionnée pour accueillir une rame complète de train, de sorte à « augmenter la capacité industrielle du site dans l’activité de la préparation à la mise en service commercial des rames à grande vitesse », expose le groupe.

Le bâtiment doit être livré au second semestre 2026. Le groupe en confie la réalisation à la société d’économie mixte locale Tandem, à laquelle la mairie cède, à l’euro symbolique, la parcelle nécessaire d’1,2 ha, située sur une partie d’un parking voisin des actuels ateliers sur le site Techn’Hom. L’investissement s’inscrit dans une dynamique présentée comme favorable au berceau d’Alstom, avec les prises de commande pour les TGV M de nouvelle génération et la reprise des embauches. Alors qu’il était passé sous la barre des 500 salariés directs, Alstom Belfort compte 600 permanents et un effectif total de 800 en incluant intérimaires et prestataires, précise le groupe. M.Noyer

 

 

BF

 

Lorraine

• Le site de production du Renault Master planifie une troisième semaine d’arrêt

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La nouvelle version du Master a été élue « Utilitaire de l’année 2025 » en septembre dernier à Hanovre (Allemagne). © Renault 


La direction de l’usine Renault-Sovab de Batilly (Meurthe-et-Moselle) a annoncé, le 23 janvier à l’occasion d’un CSE extraordinaire, de nouveaux arrêts de production le 7 février et la semaine du 17 au 21 février. Cette décision prolonge les périodes de chômage partiel déjà planifiées précédemment du 6 au 21 janvier puis ce 31 janvier. Après avoir recruté 255 salariés au cumul de 2023 et 2024, le site d’assemblage du Renault Master va donc réadapter sa voilure en 2025. Il emploie 1.890 salariés et 1.160 intérimaires  pour un chiffre d’affaires de 2,47 milliards d’euros en 2023. Sa direction plaide « une phase de transition entre le lancement commercial d’une nouvelle version (Master XDD) et la fin de l’ancien modèle », un véhicule arrêté le 31 juillet dernier car non conforme à la nouvelle norme Euro 7 d’émission de polluants pour les véhicules.

Avec 560 véhicules produits par jour, l’usine reste très en-deçà de ses capacités maximales de 740 modèles quotidiens. Son directeur récemment nommé, Nadjib Zaouche, a convoqué un nouveau CSE extraordinaire ce jeudi 30 janvier. Il devrait aborder la réorganisation de la production et le fonctionnement des trois équipes hebdomadaires. Les représentants des personnels s’attendent donc à une réduction du nombre d’intérimaires. Dominique Leclaire, élu Sud Automobile au CSE de Renault-Sovab, regrette « un lancement commercial mal préparé, avec un Master XDD peu visible sur les routes ». P.Bohlinger

 

BP

 

Bourgogne

• JPS Granulats innove pour décarboner la fabrication de ciment

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JPS Granulats exploite deux carrières en Côte-d’Or ainsi qu’une unité de production de béton à Villers-la-Faye. © JPS Granulats


JPS Granulats, la PME d'une trentaine de salariés en Côte-d'Or dirigée par Olivier Stocker, a élaboré, en partenariat avec sa filiale Calexy, le chercheur marocain Ayoub Aziz (université Mohammed V de Rabat) et le laboratoire Sika Technology AG Suisse à Zürich, une technologie innovante permettant de produire un ciment capable de capturer le carbone et de réduire ainsi l’impact environnemental de la filière cimenterie. Les résidus de béton recyclé (RCP) issus des centrales de béton prêt à l’emploi du groupe en constituent la matière première.

Au cœur du dispositif se trouve un réacteur à haute efficacité, capable de traiter 1,5 tonne par heure, intégrant des technologies avancées de captation du CO2. Le liant alternatif utilisé dans cette méthode est de l’oxyde de calcium, obtenu par décarbonation du calcaire dans un four électrique. L’usine pilote sera implantée à Villers-la-Faye (Côte-d'Or), où JPS Granulats déploie des solutions de réduction de l’impact carbone depuis une dizaine d’années. Le lancement de ce nouveau produit vertueux baptisé « LiantStocker » est prévu au printemps. P.Bouilllot

 

Alsace
Un duo franco-allemand pour collecter la future écotaxe alsacienne

Le très débattu projet d’écotaxe en Alsace, « R-Pass » poursuit son processus de mise en place malgré l’opposition forte du monde économique. Ce 24 janvier, le président de la collectivité porteuse la CEA (Collectivité européenne d’Alsace) Frédéric Bierry a annoncé la sélection de son prestataire : le groupement entre T-Systems filiale de Deutsche Telekom et GEA (Grenobloise d’électronique et d’automatismes) dans l’Isère sera chargé de la collecte. L’élu confirme l’objectif de janvier 2027 pour la mise en place et il annonce une nouvelle procédure de concertation afin de trouver une solution acceptable pour les entreprises et transporteurs locaux, sans entraver le principe de non-discrimination entre les redevables.

Le travail va notamment porter sur le tarif. Pour l’instant pressenti à 0,15 euro du kilomètre, il pourrait évoluer vers une grille modulaire en fonction des horaires. R-Pass doit s’appliquer à quelque 200 km de routes ex-nationales reprises par la CEA dont la plus grande partie de la portion alsacienne, non concédée de l’A 35. T-Systems est le prestataire du péage poids lourds en Belgique. M.Noyer

 

Bourgogne-Franche-Comté

• La région toujours en force au salon de l’hydrogène

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RH2 (Rétrofit Hydrogène) à Auxerre (Yonne) fait partie des exposants dans le pavillon collectif de la Bourgogne-Franche-Comté au salon HyVolution, ces jours-ci, du 28 au 30 janvier. © Sabrina Dolidze


Rendez-vous national majeur de l’hydrogène qui s’ouvre ce 28 janvier à Paris, le salon « HyVolution » voit la participation à nouveau importante de la Bourgogne-Franche-Comté, avec 11 entreprises faisant stand commun. Le conseil régional confirme ainsi ses convictions quant au caractère porteur de la filière, bien que son contexte du moment soit moins favorable, s’agissant de trouver notamment son marché sur la mobilité et à continuer à bénéficier à même hauteur des soutiens de l’Etat. « La région dispose d’un ADN industriel qui lui permet d’être aujourd’hui une place forte de l’hydrogène en Europe grâce à la mobilisation des acteurs, et notamment de la recherche, depuis vingt ans », souligne la collectivité qui a engagé 100 millions d’euros pour l’accompagnement de la technologie et des projets ces dernières années.

La collectivité, son agence de développement économique AER-BFC et la CCI Bourgogne-Franche-Comté coaniment le pavillon collectif, que rejoignent jusqu’à ce jeudi Adhex Technologies, Buracco, Clhynn, le centre FCLab, Fluidexpert, Four Data, Hivelix, Mincatec Energy, RH2 (Rétrofit Hydrogène), Sundyne et Synops. M.Noyer

 

Cessions aquisitions

 

Franche-Comté

• Clhynn accélère l’industrialisation de sa pile à hydrogène chez Station F

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Récompensée de plusieurs prix internationaux pour sa technologie de pile à combustible autonome en hydrogène, la start-up du Doubs Clhynn a remporté la finale mondiale du concours Clean Tech organisée à Verge en Californie. © DR


Parmi les exposants à HyVolution, Clhynn, née en 2022 à Besançon (Doubs) dans le but d’industrialiser une pile à combustible autonome en hydrogène, lvient d’intégrer le Moove Lab. Cet accélérateur des start-up de la mobilité, piloté par Mobilians (ex CNPA - Centre national des professions de l’automobile) est installé sur le célèbre campus de Station F à Paris. Accompagnée pendant 6 mois, la jeune pousse profitera des services de mise en réseau du plus gros incubateur de start-up de la planète. Après avoir expérimenté l’accélérateur « Néo – start-up industrielles » de Bpifrance et remporté plusieurs prix internationaux, elle pourra faire valoir les atouts de sa technologie de rupture qui s’affranchit du besoin d’infrastructures de distribution de l’hydrogène.

Sa cible : les industriels de la mobilité, partenaires du Moove Lab, et les investisseurs du monde entier gravitant autour de Station F. Après avoir levé 1,5 million d’euros en 2023, la deeptech cherche en effet « entre 6 et 10 millions d’euros », indique son dirigeant Jean-Patrick Corso, afin de financer la création d’une usine « entre Besançon et Belfort ». En attendant de produire en série, la start-up de 17 salariés, a démarré la fabrication de piles de puissance modeste, jusqu’à 10 kilowatts, dans son laboratoire-atelier de L’Isle-sur-le-Doubs (Doubs). « Il s’agit de co-développements avec des fabricants d’équipements pour la mobilité légère, terrestre, aérienne et maritime », précise le président de Chlynn. E.Prompt

 

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Grand Est

• L’agence économique régionale devient Grand Est Développement

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La réorganisation et le changement de nom s'accompagnent d'un nouveau logo. © Grand Est Développement


Grand e-Nov + change de nom. L’agence régionale d’accompagnement à l’innovation et aux projets des entreprises, née en 2018, se rebaptise Grand Est Développement et adopte un nouveau logo en conséquence. Le conseil régional et la CCI Grand Est, dont elle relève, entendent ainsi mieux marquer son ancrage au service des politiques économiques régionales dans toute leur variété et offrir une « grille de lecture claire aux financeurs, partenaires et bénéficiaires. »

L’agence de 90 salariés se réorganise ainsi en quatre activités identifiées par un mot qui suit le terme Grand Est Développement : Solutions pour porteurs et offreurs de projets de transformation (numérique, environnementale…), Accompagnement au service de l’innovation des entreprises dans le prolongement des 600 projets soutenus depuis sept ans, Territoires sur les sujets d’attractivité, de renouvellement du foncier… et International. Concernant ce thème emblématique des investissements étrangers, l’agence revendique l’accompagnement, depuis ses débuts, de 110 projets qui ont cumulé 6 milliards d’euros d’investissements et la création effective ou à venir de 6.800 emplois. M.Noyer 

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