Conclu mercredi 4 octobre, le forum Hydrogen Business for Climate à Belfort a rassemblé 40 exposants, venus pour la plupart de la région pour présenter leur expertise dans les technologies liées à cette énergie d'avenir, ou leur capacité à proposer des prestations en diversification de leur clientèle traditionnelle. La preuve par quatre exemples.

 

• Depuis la Nièvre, Oreca fait monter en puissance son moteur à combustion hydrogène

Dans la course à la conception d’un moteur à combustion hydrogène pour la compétition automobile qu’elle a entamée, la société Oreca tient toujours la corde. Les recherches et tests opérés sur le banc d’essais de Magny-Cours (Nièvre) progressent « sans rencontrer de frein particulier », se réjouit Loïc Combemale, responsable technique des projets au sein de l’équipementier. Le but consiste à en valider les résultats courant 2024. « Le principal sujet demeure le comportement du moteur turbo », poursuit le responsable technique. Oreca travaille notamment à définir la bonne température, autour de 180 °C, pour que la boucle d’air se mette en place, ainsi que la montée jusqu’au seuil de 400 °C. Elle annonce avoir atteint l’objectif de puissance de 300 kilowatts qu’elle s’est fixé pour son moteur 4 cylindres 2,2 litres.

La technologie d'Oreca repose sur l’injection directe de l’hydrogène sous forme gazeuse dans la chambre de combustion, et non dans le conduit d’admission. Le banc d’essais installé depuis 2022 sur le technopôle du sport automobile de Magny-Cours y emploie 50 personnes, tandis que le siège de Signes (Var) dédié au châssis compte 300 salariés.

 

 

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• Clhynn veut mettre sa pile à combustible innovante sur le marché en 2025

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Jean-Patrick Corso, le dirigeant et cofondateur de Clhynn l'an dernier, confirme la pertinence des recherches sur la petite puissance, jusqu'à 10 kilowatts. © Mathieu Noyer


Pour sa pile à combustible qui veut bousculer le marché, la jeune société Clhynn de Besançon donne rendez-vous : « 2025 est notre horizon de temps pour la commercialisation », annonce son président Jean-Patrick Corso. La rencontre s’effectuera alors entre le marché et le procédé particulièrement innovant, et breveté, mis au point par Clhynn à partir d’un principe simple en soi : faire produire à la pile son propre hydrogène à partir de l’eau qu’elle génère, en lui ajoutant une substance active solide. Ainsi rendue autonome, la pile n’a pas besoin de réservoir.

Les travaux se poursuivent sur le segment de petite puissance, jusqu’à 10 kilowatt, que la start-up a identifié comme celui de faisabilité pour l’instant. « Il nous oriente vers la mobilité légère : chariots élévateurs, nacelles, véhicules deux et trois roues, drones, etc. Dans un second temps, nous envisageons de nous positionner sur la mobilité lourde », énonce Jean-Patrick Corso, cofondateur de Clhynn avec le chercheur Bernard Gauthier-Manuel (institut Femto-ST), l'inventeur des brevets. Les effectifs progressent doucement, en conséquence des avancées concluantes des recherches et essais. Fondée en mars 2022, la société compte désormais 9 collaborateurs.

 

JR Automation à Besançon prolonge ses succès automobiles

Groupe américain comptant parmi les leaders des systèmes d’automatisations et des solutions robotisées, JR Automation a implanté l’un de ses 24 sites mondiaux à Besançon (Doubs). Cet établissement de 120 personnes trouve dans le développement régional de l’hydrogène un débouché supplémentaire, bien complémentaire de ses domaines de prédilection. « Nous sommes avant tout un fournisseur de l’industrie automobile, équipementiers de rang 1 et constructeurs. Dès lors, l’hydrogène s’inscrit pour nous dans cette filière, nous y sommes présents avant tout dans son volet mobilité », expose Eric Sénebier, ingénieur commercial.

JR Automation a déjà investi avec succès le segment des électrolyseurs et des piles à combustible. Il effectue aussi ses premières incursions dans les applications pour batteries et moteurs électriques. L’électronique-électricité et le médical complètent le portefeuille de clientèle du site en développement : il recrute une vingtaine de collaborateurs, des opérateurs, des techniciens et des ingénieurs.

 

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• Ecobome fait laver plus blanc et haut de gamme

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Eric Boone, le dirigeant de la société de nettoyage en milieu industriel d'Etupes (Doubs), à droite, avec Didier Sylvestre, responsable commercial. © Mathieu Noyer


Expert des équipements de nettoyage en environnements industriels exigeants installé au Technoland d’Etupes (Doubs), Ecobome Industrie ne s'éloigne pas de base pour se développemnt dans l’hydrogène, dans la mesure où les clients de proximité ne manquent pas dans cette filière. « Les gammes dont nous assurons l’importation, l’installation et le service après-vente bénéficient d’une grande réputation pour les prestations en milieu de haute qualité comme les salles blanches. L'hydrogène, qui requiert de tels traitements haut de gamme, vient donc compléter nos références dans l’automobile, l’aéronautique, le médical, le luxe-horlogerie…», relate Eric Boone, le président de la société de 6 salariés.

Celle-ci s’est entièrement orientée vers la propreté industrielle en 2010, pour réaliser l’an dernier un chiffre d’affaires de 2,5 millions d’€. Elle installe par exemple des machines d’aspersion, d’autres à ultrasons ou à ébavurage à haute pression (500 bars). Les dégraissages et autres nettoyages assurés par ses équipements peuvent notamment être effectués en mode hydride, par la combinaison de solvants et de solutions aqueuses lessivielles.

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