Le transporteur-logisticien familial met en service, dans son entrepôt de Dambach-la-Ville, une solution ultra-automatisée de gestion de pièces et produits pour l’expédition. Basée non loin à Benfeld, l’ETI électrique Socomec expérimente cette innovation. Mais celle-ci a vocation à servir d’autres clients. Elle vient prolonger les développements récents de capacités de Jung, en Alsace et ailleurs.
Deux fleurons de l’économie du centre de l’Alsace, à capitaux familiaux l’un et l’autre, unissent leurs compétences pour progresser sur la voie de l’industrie et de la logistique 4.0. Socomec, la société de solutions électriques pour les professionnels à Benfeld (Bas-Rhin), a accepté d’endosser le rôle d’expérimentatrice d’un nouveau dispositif de stockage très largement automatisé, qui est mis en œuvre par Jung Logistique à Dambach-la-Ville, une vingtaine de kilomètres plus au sud.
Ce « Miniload », composé de trois robots et actionné par six opérateurs, a été inauguré vendredi dernier 20 septembre, dans la cellule dédiée à Socomec au sein du vaste entrepôt de 30.000 m2 du transporteur-logisticien. Celui-ci a consacré un investissement de 3,5 millions d’euros à son développement et son installation, dans lesquelles Socomec a joué un rôle actif, à ce stade de prototype grandeur nature.
Les premiers échanges entre les deux ETI (entreprises de taille intermédiaire) remontent à début 2022, lorsque l’entreprise d’équipements électriques avait fait part à son prestataire depuis alors cinq ans d’aller plus loin et plus vite dans le fonctionnement de sa supply chain, « selon des objectifs d’augmentation de l’automatisation et de l'adaptation aux attentes croissantes de livraisons sur-mesure de la part de nos clients », rappelle Martin Jubert, directeur supply chain de Socomec.
La réponse prend la forme, schématiquement, d’un profil spécifique de WMS (Warehouse Management System), en mesure de traduire les échanges de données entre le client et son logisticien en un guidage vers le bon bac au milieu d’une véritable forêt. Pas moins de 20.376 emplacements empilés sur 19 niveaux sont réservés à ces petites caisses, pour la mise en œuvre d’automatismes qui contrastent avec les racks traditionnels accessibles par chariots élévateurs entreposés en face d’eux également pour les besoins de Socomec . « La montée en puissance s’opère, de sorte à atteindre à la fin de l’année la cadence attendue de 2.000 commandes quotidiennes », précise Martin Jubert. Une réduction de 10 % des coûts de distribution est attendue de cette nouvelle organisation.
Dans les faits, l’ETI de Benfeld mobilisera environ la moitié des capacités du « Miniload », conçu et produit par l’entreprise Mecalux. Le Bourguignon Savoye était sur les rangs et figurait en short list. Sa consoeur a été retenue comme « celle qui présentait le mieux les caractéristiques d’une offre globale, essentielles pour nous : pour cette première, qui concerne de surcroît une installation faite pour durer 15 à 20 ans, nous ne voulions pas d’un scénario où les maillons de la chaîne seraient disséminés entre plusieurs prestataires et se renverraient la balle en cas de problème », insiste Nicolas Hirtz, directeur logistique du groupe Jung.
Celui-ci a volontairement surdimensionné son nouvel outil, dans le but d’y attirer d’autres utilisateurs : « Nous avons engagé leur prospection qui peut concerner nos clients et ceux qui ne le sont pas encore », relève Michel Walter, président du groupe.
Une première plateforme en Belgique et l’obtention du contrat Kronenbourg

De par sa configuration, le Miniload s’adapte bien à une logistique de type « picking » qui transforme la massification d'entrée en un multiplicité des colis, de petite dimension (plus de 50 kilos dans le cas des produits Socomec) au stade de l’expédition. De quoi susciter l’intérêt « d’industries variées, et aussi de l’e-commerce », avance Paul Jung, directeur général.
Le transporteur-logisticien familial mise fortement sur la pépite technologique qu’elle fait fonctionner à Dambach-la-Ville pour prendre le virage de la numérisation de son activité. Celle-ci ne va pas substituer les robots aux humains, selon Jung, mais « faire évoluer les postes vers davantage de profils de techniciens, chargés de tâches moins pénibles », estime Michel Walter.
Elle doit continuer à placer Jung sur les chemins de la croissance qu’elle a empruntés depuis sa fondation et particulièrement cette dernière décennie. Ils l’ont propulsé à un chiffre d’affaires annuel de 100 millions d’euros (à parité aujourd’hui entre le transport et la logistique, celle-ci progressant en proportion) pour l’exploitation de 400.000 m2 sur 12 sites en France, dont 9 en Alsace. Dans quelques semaines, une seconde implantation franchira les frontières de l’Hexagone après le Grand-Duché du Luxembourg, direction la périphérie de Bruxelles, à Bornem : Jung y achève la construction d’une plateforme de 20.000 m2 pour le compte et dans l’enceinte de son utilisateur, le pharmacien-chimiste Lonza-Capsugel qu’il sert déjà par ailleurs.
Quant à l’effectif, il grimpe à 700 salariés avec le « renfort » d’une équipe de 80 personnes depuis le début de cette année : à l’occasion de son renouvellement, le contrat de la logistique de la brasserie Kronenbourg à Obernai (Bas-Rhin) est passée du groupe américain XPO à l’Alsacien indépendant Jung, qui signe là une belle référence à quelques kilomètres de son siège de Sélestat.

Le dynamisme intact et la force d’anticipation des mutations de son métier dont fait preuve le groupe Jung sont d’autant plus méritoires qu’il n’a pas été épargné par les drames. Son emblématique patron Christophe Jung est décédé en décembre 2022 à 61 ans des suites d’une longue maladie, lui qui avait transformé en 35 ans la PME de 25 personnes fondée par son père Gérard (présent à l’inauguration de ce 20 septembre) en l’ETI d’envergure qu’elle est aujourd’hui, par une vague ininterrompue de croissances organique et externe. Neuf mois plus tard, François-Xavier Szczebara, qui avait rejoint le groupe depuis quelques années pour structurer son développement logistique, est à son tour décédé, subitement.
Surmontant les chocs, l’entreprise s’est réorganisée en faisant appel à ses cadres et aux héritiers. Michel Walter jusqu’alors directeur général est devenu président, Nicolas Hirtz a été nommé à la tête de la logistique et les enfants de Christophe, Virginie et Paul Jung, ont pris de concert la direction générale et sont entrés au conseil de surveillance.
…Pour Socomec, cap sur le milliard
A désormais plus de 100 ans, le cap ayant été franchi en 2022, Socomec se porte toujours à merveille. Son appareil industriel de fabrication d’onduleurs, armoires, gros interrupteurs et autres ensembles électriques ayant été mis à jour par plusieurs investissements structurants, en premier lieu au siège de Benfeld, l’entreprise explore avec volontarisme les voies des réseaux intelligents, du stockage de l’énergie (avec un centre de recherches dédié ouvert depuis quelques mois près du siège à Nordhouse) et des diverses solutions pour son efficience.
Ses chiffres-clés grimpent en conséquence. Il comptabilise désormais 4.500 effectifs dans le monde. Il a porté son chiffre d’affaires à 843 millions d’euros en 2023 dont plus des trois-quarts hors de France, « et nous confirmons l’échéance de l’année prochaine 2025 pour atteindre le milliard d’euros », annonce son président Ivan Steyert, à la tête de la quatrième génération de la famille fondatrice.






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