Le Landais Arenadour, nouveau propriétaire du pôle thermal d’Amnéville (Moselle), prépare sa réouverture prévue le 21 février. En caressant l’ambition de renouer avec les niveaux de fréquentation d’avant pandémie grâce à de nouveaux soins. L’enjeu est de fidéliser une clientèle locale : 92% des curistes de Saint-Eloy (l’une des trois cures de la station) sont domiciliés dans les départements de la Moselle et de Meurthe-et-Moselle.


Un sac transparent contenant leurs nécessaires de soins à la main, les curistes rejoignent la cure Saint-Eloy d’Amnéville (Moselle) après avoir stationné leurs véhicules sur le vaste parking de la Cité des loisirs. Sortie de terre dans les années 1980 sur un ancien crassier sidérurgique, cet espace ludique de 400 hectares en pleine réhabilitation a été popularisé par son zoo ou encore sa salle de concert Galaxie.
Les thermes conventionnées pour des pathologies rhumatismales et des voies respiratoires/ORL demeurent les plus fréquentées du Grand-Est. La région n’est pourtant pas sous-dotée en la matière, avec huit établissements au compteur et un neuvième attendu en 2023 à Nancy.


Jeannie Wermeille effectue sa seconde cure en rhumatologie à Amnéville, après un premier essai concluant en 2020. Cette Messine apprécie de pouvoir intégrer ses deux heures de soins quotidiens dans son emploi du temps. Romain Giorgetti, responsable marketing chez Arenadour, propriétaire de l’établissement, détaille cette spécificité. « A Amnéville, la pratique de la cure thermale est différente des autres stations. Ici, les curistes intègrent leurs dix-huit jours de soins thermaux dans leur emploi du temps habituel, contrairement à une cure de vacances. Ainsi, 92% des curistes de Saint-Eloy sont domiciliés dans les départements de Moselle et de Meurthe-et-Moselle », explique-t-il.

 

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La cure Saint-Eloy est intégrée au pôle thermal d’Amnéville qui comprend également deux centres de bien-être et de loisirs, la Villa Pompéi et Thermapolis. Les trois établissements ont pris un accent chantant en mars dernier suite à leur reprise par Arenadour, un groupe de 500 collaborateurs basé à Dax (Landes). Si les chiffres de fréquentation 2021 ne sont pas au beau fixe, restrictions sanitaires obligent, le nouveau propriétaire affiche de solides ambitions.

« Le groupe Arenadour s’inscrit dans un temps long, à l’image des soins thermaux dont le bénéfice pour les patients ne se mesure que dans la durée », pointe Michel Baqué, président d’Arenadour, une entreprise détenue par le groupe SRS (Sagesse Retraite Santé). L’an passé à Amnéville, la fréquentation a été équivalente à 40% de l’exercice record de 2019. Cette année-là, 580.000 personnes avaient fréquenté les trois établissements du pôle thermal.


Quatre nouveaux soins en rhumatologie

 

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Romain Giorgetti, responsable marketing d’Arenadour et Bertrand Morette, directeur d’exploitation de la cure Saint-Eloy, présentent un prototype de douche pénétrante, l'un des nouveaux soins de la saison prochaine.
© Philippe Bohlinger


Le spécialiste du thermalisme qui totalise six établissements avec hébergement dans les Landes et gère les thermes d'Allègre-les-Fumades (Gard) compte améliorer la cure Saint-Eloy « par touches successives. » Quatre nouveaux soins en rhumatologie devraient être lancés au fil de la saison 2022 sous réserve de l’accord de l’Assurance Maladie. Il s’agit de douches « térébenthinées » (un mélange d’eau thermale chaude et de composants issus du pin des Landes), d’étuves locales pieds et mains, de vapeurs thermales dirigées et de douches pénétrantes.


« Dans le contexte de pandémie, il est plus difficile de développer les soins sur les parties respiratoires (7% de la fréquentation des thermes), car ces derniers sont restreints notamment en raison des risques liés à la vaporisation », éclaire Bertrand Morette, directeur d’exploitation de la cure Saint-Eloy.

 

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Parallèlement, Arenadour va aménager une nouvelle salle de repos, adossée à une tisanerie dans la partie « premium » de son établissement. Cette partie offre aux curistes un confort supplémentaire moyennant un dépassement du tarif Sécurité Sociale. Bertrand Morette présente une cabine de massage de cette catégorie dans laquelle l’établissement utilise désormais un baume d’eau thermale produit pour Arenadour : « Ce baume permet un soin sec, ce qui est plus agréable par rapport aux massages avec infusion d’eau thermale. D’une manière générale, notre adossement à un groupe thermal nous fait bénéficier de synergies et d’un savoir-faire. »

La Société d’exploitation des thermes d’Amnéville qui totalise 250 salariés a également engagé la formation de 15 nouveaux agents, en vue de remplacer des départs en retraite. L’entreprise recrute également des kinésithérapeutes pour la saison prochaine.

« Nous souhaitons reprendre en 2022 les navettes qui avaient été arrêtées suite au premier confinement », complète Bertrand Morette.  Ce service vise à améliorer le confort des curistes et limiter l’autosolisme (le fait d’être seul dans sa voiture). Enfin à la reprise de la saison thermale, le 21 février, les cures du soir seront à nouveau proposées pour les actifs et les scolaires de 17h à 21h. De quoi offrir l’opportunité aux Lorrains de prendre davantage soin de leur santé et de leur bien-être, dans le climat anxiogène suscité par la pandémie de Covid-19.

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