La PME, dernière spécialiste française des produits d'apports pour le soudage et la brasage, a ouvert un espace de formation à ces techniques spécifiques, à usage interne et externe. Elle compte en particulier parfaire les connaissances de ses distributeurs professionnels, maillons clés de ses développements dans ses marchés de base, tandis qu'elle-même travaille à sa diversification, dans le nucléaire et la défense où son offre doit aider à atteindre aux métaux leur indispensable qualité.
Préserver les compétences dans le soudage spécial et les faire fructifier. Cette double préoccupation a motivé Selectarc à ouvrir un espace de formation à côté de ses ateliers de Grandvillars (Territoire de Belfort). La PME de 140 salariés, dernier fabricant français de métaux d’apport de soudage et brasage, a terminé d’aménager, l’automne dernier, les 150 m2 de salles et surtout d’installations d’essais en réel dans lesquels son propre personnel, ses partenaires et les utilisateurs finaux peuvent apprendre ou cultiver leur maîtrise de la technique.
Ces surfaces ont passé leur « épreuve du feu » le 10 décembre en accueillant la sélection interrégionale de la compétition « Les Meilleurs Soudeurs de France », sorte de championnat national du métier, dont la finale se déroulera à Vierzon (Cher) en juin 2025. Vingt-cinq candidats de Bourgogne-Franche-Comté et du Grand Est sont passés par les fourches caudines du jury.
Hors d’événements particuliers comme celui-ci, le nouvel espace poursuit le but principal de former les distributeurs de Selectarc. A ce réseau national de revendeurs de petite taille (5 à 15 salariés chacun en général) de matériels de soudage, chaudronnerie et tuyauterie, l’entreprise nord franc-comtoise attribue un rôle croissant dans son plan de développement. « Ils constituent nos relais de plus en plus importants dans leur bassin d’évolution respectifs, de l’ordre de 100 à 150 km à la ronde », souligne Jean-François Petitet. Selectarc souhaite densifier quelque peu ce maillage formé aujourd’hui de 20 implantations : « il nous en manque un peu, dans le nord de la France surtout. Avec 25 partenaires, nous pourrions couvrir l’intégralité du territoire national, élargi à des zones limitrophes comme la Belgique et la Suisse romande », relate le responsable.

Leur mission consiste à aider Selectarc à consolider ses positions dans son cœur d’activité, le brasage pour le second œuvre du bâtiment représentant la source principale du chiffre d’affaires situé à 45 millions d’euros en 2024, dont 55% à l’export, une proportion en baisse de 5 points sur un an. Mais aussi à l’accompagner dans sa percée auprès de nouveaux marchés, très techniques : l’aéronautique, la défense et le nucléaire. Ce trio représente aujourd’hui un chiffre d’affaires cumulé de l’ordre de 4 millions d’euros.
Certification pour le nucléaire

La focalisation sur le nucléaire a franchi un préalable important en 2024 : l’obtention, au début de l’été, de la certification spécifique de la filière, l’Iso 19443. « Exigeante avec un degré d’audit sans commune mesure avec l’Iso 9001 que nous détenons également, elle nous conforte pour nous placer en fournisseur de rang 1 et pour capter la kyrielle de sous-traitants via nos revendeurs », expose Jean-François Petitet. La PME de 110 salariés compte en effet dans sa clientèle EDF, Framatome, ou encore Fives Nordon. Elle a consacré son entrée dans cet univers par son intégration depuis deux ans au Gifen, le Groupement des industriels français de l’énergie nucléaire.
L’adhésion imminente à une association similaire, le Gican (groupement des industries de construction et activités navales), matérialise les ambitions de Selectarc dans l’industrie navale civile et militaire, de même que la PME a intégré en décembre dernier au groupement homologue pour l’industrie de la défense en générale, le Gicat.
Ces initiatives s’inscrivent nécessairement dans un temps plus long, qui se mesure en décennies. La société de Grandvillars est par exemple impliquée dans les études en vue de la construction de la nouvelle génération de porte-avions dont la livraison est attendue en 2038, de même que dans les étapes préparatoires des nouveaux sous-marins lanceurs d’engins, avec Naval Group. A un donneur d’ordre du calibre de celui-ci, elle compte administrer la preuve que ses produits d’apport de soudage permettront de fabriquer la très haute qualité d’acier requise pour la coque de tels futurs navires et engins.


















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