L’agglomération de Metz accroît son rayonnement dans l'enseignement supérieur grâce au lancement, ces derniers mois, de trois instituts, en photonique, logistique, ainsi qu’en énergie et matériaux. Ces centres de formation et de recherche ont été portés par les sites locaux de CentraleSupelec, d’Arts et Métiers et par le laboratoire en génie informatique productique et maintenance (LGIPM) de l’Université de Lorraine.
C’est une petite revanche relative sur l’histoire. L’annexion de la Moselle par l’Empire allemand, entre 1871 et 1918, avait en effet stoppé net l’essor universitaire de son chef-lieu Metz. La création ces derniers mois de trois instituts de formation et de recherche incarne la volonté de l'agglomération de rattraper le temps perdu tout en venant concurrencer sa voisine et rivale Nancy qui concentre les deux-tiers des étudiants lorrains.
Dotée d’une véritable université depuis 1970 seulement, la préfecture de Moselle estime avoir perdu de l’influence suite à la fusion en 2012 de celle-ci et de son école d’ingénieurs Enim dans une vaste Université de Lorraine. A ce titre, Marc Sciamanna, vice-président délégué à l’enseignement supérieur de Metz Métropole, rappelle combien « l’enseignement supérieur demeure un espace de compétition majeur » et à quel point la création d’instituts autorise à « dépasser les cadres classiques, à profiter d’un mode de gouvernance agile et d’un esprit collaboratif pour nous pousser à travailler avec Strasbourg et Paris ».
L’élu messin est également le scientifique qui a porté sur les fonts baptismaux, en février 2024 l’Institut de photonique, un consortium d’acteurs publics et privés piloté par le campus CentraleSupélec de Metz et associant pour une durée de cinq ans l’entreprise GDI Simulation, l’agence régionale Grand Est Développement, la société de transfert de technologies (Satt) Sayens, ainsi que les universités de Haute-Alsace, de Lorraine, de Luxembourg, de Troyes et de Strasbourg. « La photonique, autrement dit la science relative à la lumière, constitue une technologie d’avenir qui va révolutionner notre quotidien tout en apportant des réponses aux grands défis de société et aux enjeux de transitions dans la santé, le numérique, l’écologie, l’énergie, etc. », poursuit le directeur de l’institut.
Quinze ans d'efforts ont été nécessaires pour faire émerger ce nouvel établissement sur les fondements d’une chaire en photonique à CentraleSupélec. La dynamique à l’œuvre (collaborations industrielles, création de nouveaux diplômes, etc.) va également conduire à la construction d’un bâtiment de plus de 2.000 m² à l’horizon 2027. Ce nouveau lieu, qui mobilise 9,6 millions d’euros d’investissement, sera dédié à la formation, à la recherche et à la diffusion de la connaissance scientifique, de quoi offrir « une belle vitrine des savoir-faire du Grand Est en photonique, alors que la Bretagne ou l’Aquitaine sont en avance sur nous », analyse Marc Sciamanna.
Arts et Métiers s’adosse à ArcelorMittal et Vinci Energie

Un autre établissement a été lancé à Metz en 2024 par le campus Arts et Métiers cette fois, en association avec ArcelorMittal Global R&D du groupe sidérurgique, et Vinci Energies. La vocation du jeune Institut « Matériaux et énergies : cycle vert de la métallurgie » est pour sa part davantage focalisée sur la formation. Il va s’appuyer sur la 3ème année du programme « Grande école » d’Arts et Métiers pour ouvrir à la rentrée prochaine un parcours d’ingénieurs experts sur ces thématiques.
L’institut proposera également un bachelor en alternance dès 2026, afin de former des techniciens capables de porter la transition énergétique et environnementale. La Banque des territoires (groupe Caisse des dépôts) a apporté une aide de 565.000 euros à ce projet totalisant 1,1 million d’euros d’investissement, afin que les formations puissent notamment s'organiser « autour d’une usine école spécifiquement acquise pour expérimenter les enjeux des matériauxn de l’énergie et du cycle vert de l’acier », livre Cyril Mangin, directeur territorial Moselle à la Caisse des dépôts.

Le ruban du nouvel Institut en innovation logistique (I2L) de Metz sera coupé le 30 septembre prochain par Bernard Charlès, président de Dassault Systèmes, éditeur de logiciels en conception 3D, spin-off de Dassault Aviation. Cette personnalité du monde de la technologie incarne l’ambition affirmée de la direction de cet établissement de promouvoir « une nouvelle génération d’écoles d’ingénieurs, résolument tournée vers les transitions industrielle, écologique et numérique. »
Ses nouveaux locaux de 3.600 m² situés sur le Technopole de Metz ont accueilli une première promotion d’une quarantaine d’étudiants dès la rentrée 2024. Ils marquent l'aboutissement d’un chantier initié en 2019 par Nidhal Rezg, l’ancien directeur du Laboratoire spécialisé en génie informatique, production et maintenance (LGIPM) de l’Université de Lorraine à Metz. Désormais directeur de l’I2, il vise les 300 élèves ingénieurs à terme . Fondée par une association, la nouvelle école est soutenue par des acteurs locaux et nationaux des transports et de la logistique parmi lesquels Amazon, FM Logistic, Transalliance, Heintz Transport, Habit, Virtuo, Altrans, Tech 3D, Stef, Dassault Systemes, mais aussi l’UEM (Usine d’électricité de Metz) et le groupe de construction Demathieu Bard.
















































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