Nommé Valerius, un nouveau site industriel se développe sur l'emplacement de l'ancienne usine Konecranes, fermée en 2021 à Saint-Vallier près de Montceau-les-Mines. Toujours en cours, la mutation aura nécessité un investissement de 6 millions d’euros, dont 1 million de subventions en échange d’éco-conditions. Les 170 emplois recréés à ce jour, en attendant d'autres, dépassent déjà les suppressions de l'unité du groupe finlandais.
Ceci n’est plus une friche. De façon méthodique, la communauté urbaine Creusot Montceau et son bras armé économique la Société d’économie mixte pour la coopération industrielle en Bourgogne (SEMCIB) ont réussi à transformer l'ancienne usine Konecranes en un site industriel pertinente. La mission n’était pas simple en ce lieu à Saint-Vallier (Saône-et-Loire) étendu sur 14 hectares dont 28.000 m² de bâtiments, à l’abandon depuis le désengagement de la société finlandaise Konecranes fin 2020 et la fermeture effective de son usine de grues mobiles, quelques mois plus tard. Six millions d’euros auront été investis au total pour la réindustrialisation de la zone, qui s’est effectuée par étapes.
Dès 2021, la communauté urbaine et la SEMCIB mandatent l’Établissement public foncier Doubs-Bourgogne (EPF Doubs-BFC) qui opère l’acquisition du site pour 2 millions d’euros. Ce « porteur provisoire » comme il se nomme, rachète du foncier qu’il rétrocède ensuite aux collectivités qui peuvent ainsi procéder à l’achat du site au compte-gouttes.
Progressivement, la SEMCIB a racheté le site. Elle a débuté le processus par les bâtiments de bureaux dès 2022, mais celui-ci s’est surtout accéléré en 2024. Aujourd’hui, il lui reste à prendre possession de 13.000 m² de bâtiments soit un peu moins de la moitié du total, une étape prévue en fin de l’année sur un terrain de 6 hectares comprenant une forêt. Le site se nomme aujourd’hui Valerius, nom d’un général romain à l’époque des Gaulois qui a donné naissance à la commune de Saint-Vallier.
Le montage en lien avec l’EPF Doubs-BFC a permis une implantation progressive d’industries. Ainsi, dès octobre 2022, la société aujourd'hui dénommée Corail SM, s’est installée dans 8.000 m² d'ateliers. Elle régénère des engins porte-conteneurs électriques.
Puis, c’était au tour de Novium, constructeur de machines de travaux ferroviaires électriques de rejoindre Valerius, avant Navya Mobility. Cette société qui travaille sur le rétrofit de navettes électriques autonomes avait connu des déboires. Rachetée en 2023 à la barre du tribunal par Gaussin à hauteur de 51 %, elle a subi les conséquences de la déconfiture du groupe franc-comtois de véhicules logistiques jusqu'à sa liquidation fin 2024. Mais elle a pu se pérenniser en passant à 100 % dans le giron de son autre actionnaire, le Japonais Macnica. Corail Tunnelier résulte également du feuilleton Gaussin : elle constitue la suite de la filiale Metalliance. Elle est attendue sur Valerius cette année encore, par son déménagement partiel de son site voisin une partie de Génélard. L’entreprise fabrique des engins mobiles pour des tunnels. Les différentes filiales Corail devraient ainsi rassembler 180 emplois sur place à la fin de l’année, pour 22 personnes chez Navya (dont 10 recrutements) et 25 chez Novium.
Une réappropriation concertée de l’espace industriel

Au fur et à mesure, les entreprises se répartissent l’espace de façon concertée entre elles. Chacune est autonome du point de vue énergétique. La communauté urbaine ne prévoit pas d’augmentation du loyer des entreprises pour ne pas perturber l’écosystème en place. C’est un pari réussi pour le président de la SEMCIB Jean-Claude Lagrange : « nous comptons aujourd’hui déjà plus d’emplois (170) que ceux qui ont été perdus (142, Ndlr), au moment de la fermeture de Konecranes ». Au-delà de cette réussite, les perspectives conjointes de développement des quatre sociétés dans le domaine électrique en lien avec les transports n’auront pas échappé à Yves Séguy, préfet de Saône-et-Loire : « cette réindustrialisation nous permet de résoudre l’équation des mobilités, à travers des créneaux porteurs d’avenir », a-t-il déclaré lors d'une visite des lieux ce 10 juin.
De futurs investissements en vue

Dans le cadre du contrat du dispositif Territoires en Action 2022-2028 signé entre la région Bourgogne-Franche-Comté et la communauté urbaine, Valerius devrait bénéficier d’une subvention d’un million d’euros. Dans ce but, il devra répondre à des objectifs environnementaux : limiter l’imperméabilisation des sols, gérer les déchets de chantier, aménager les espaces et protéger les écosystèmes.
La première phase de travaux, déclenchée en conséquence cette année, comprend notamment le dévoiement des réseaux de gaz et d’électricité, le désamiantage de certaines constructions et la sécurisation des flux de personnels et visiteurs. La seconde qui se déroulera jusqu’en 2027 devrait davantage changer la physionomie des lieux. Elle vise la création et le réaménagement de bureaux, la végétalisation des espaces, l'installation de bornes de recharge, la gestion des eaux pluviales et l'amélioration du confort thermique des bâtiments.
Pour continuer à respecter l’écoconditionnalité et l’objectif du zéro artificialisation nette, il n’y aura pas de nouveaux bâtiments ou de nouveaux bureaux reconstruits.







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