Des licenciements chez Maty, le bijoutier emblématique de Besançon. Avec le rachat de Bombardier Transport, l’usine Alstom de Reichshoffen mise en vente. La piste d’un repreneur se confirme pour l’usine d’assemblage de la Smart à Hambach (Moselle). Accord direction-syndicat pour l'abondon du plan social chez l’équipementier automobile Flex’N'Gate. Le fabricant finlandais de grues Konecranes supprime 142 emplois en Saône-et-Loire. Une centrale photovoltaïque succède à la centrale nucléaire de Fessenheim. Des vendanges précoces et des résultats incertains. La réorganisation juridique de Saint-Gobain PAM inquiète les syndicats.
• 54 suppressions de postes chez le bijoutier bisontin Maty
« Aucun magasin de Bourgogne-Franche-Comté et du Grand Est, nos fiefs, ne fermera », assure Patrick Cordier, président de Gemafi, l’actionnaire de Maty, après l’annonce le 27 août aux représentants du personnel, d’un projet de PSE (plan de sauvegarde pour l’emploi) qui porte sur 54 suppressions de postes sur un effectif de 450 personnes. Le distributeur bisontin de bijoux ferme 8 de ses 37 magasins dont l’activité est structurellement déficitaire (le choix doit faire l’objet de discussions avec les partenaires sociaux), soit 38 suppressions d’emplois. Les fonctions support du siège, basé dans la zone du Trépillot à Besançon, liées à la gestion des magasins subissent par conséquent un dégraissage de 16 postes.
Ce sont d’abord les mouvements sociaux de la fin de 2019, période de grosses ventes pour Noël, puis les deux mois de confinement qui expliquent la décision des actionnaires réunis au sein de la holding Gemafi de la famille fondatrice Mantion. L’activité de vente à distance – l’historique catalogue de vente et la plus récente boutique en ligne – n’ont pas compensé les méventes en magasins. Au total, sur les neuf derniers mois, Maty annonce avoir perdu les trois quarts de son chiffre d’affaires.
« Le soutien d’un Prêt Garanti par l’Etat ne permet pas de faire face aux effets à court terme de la dernière crise et son remboursement dans les meilleurs délais est compromis sans engager un plan de réorganisation », commente Patrick Cordier. Celui-ci devrait permettre à la société de redevenir bénéficiaire en 2021.
Mais les difficultés de Maty remontent plus loin. La société qui a réalisé un chiffre d’affaires de 60 millions d’€ en 2019 voit celui-ci s’éroder depuis cinq ans et les pertes s’accumuler (3,1 millions en 2018). La direction avance aussi le problème de l’envol du prix de l’or, la matière première de la plus grosse partie de la gamme. L’augmentation de capital réalisée fin 2018 n’a pas suffi à compenser la dégradation des comptes. Le directeur général Olivier Bavais a été remercié. C.P.
• Reichshoffen devra bien trouver un successeur à Alstom

La Commission européenne a donné son feu vert, le 31 juillet, à la fusion entre Alstom et l’entité ferroviaire du canadien Bombardier. Sa décision, conforme aux prévisions, entraîne l’officialisation de la mise en vente de l’usine Alstom de Reichshoffen (Bas-Rhin), le groupe français ayant mis le site alsacien dans la balance de la négociation pour obtenir l’aval de Bruxelles à la naissance du nouveau géant du ferroviaire.
Bien que la direction d’Alstom ait promis de trouver une solution de reprise sans casse sociale, l’inquiétude s’exprime parmi les quelques 750 salariés du site alsacien de fabrication de trains régionaux. Les premiers noms de candidats repreneurs les interrogent : il est question de l'Espagnol CAF (Construcciones y Auxiliar de Ferrocarriles) qui figure parmi les favoris, mais aussi d’outsiders comme le tchèque Skoda et le russe Transmasholding, mais pas du suisse Stadler régulièrement cité par les observateurs. M.N.
La piste d’un repreneur se confirme pour l’usine d’assemblage de la petite citadine biplace Smart à Hambach (Moselle), propriété de Mercedes-Benz (groupe Daimler). Le constructeur allemand a confirmé le 25 août dernier aux représentants des salariés être entré en négociations exclusives pour une durée de six mois avec le groupe pétrochimique britannique Ineos.
Le candidat à la reprise assurerait via sa jeune filiale Ineos Automotive, la montée en cadence de son futur quatre-quatre à motorisation thermique, le Grenadier, parallèlement à la fin de la production en France de la Smart. Sur les 1.600 salariés directs et indirects de Smartville, Ineos conserverait 1.300 emplois jusqu’en 2024.
Le 3 juillet, Daimler avait annoncé son intention de vendre cette usine, un an après avoir décidé de remplacer la fabrication de la petite citadine (délocalisée en Chine) par des Mercedes électriques. Dans un communiqué le jour même, Jean Rottner, président de la Région Grand Est, Patrick Weiten, président du Département de la Moselle et Roland Roth, président de la Communauté d'agglomération Sarreguemines Confluences avaient qualifié cette décision "d'incompréhensible", d'autant que leurs collectivités respectives avaient depuis le début soutenu les investissements du constructeur. P.B.
• Abandon du plan social chez l’équipementier automobile Flex’N'Gate dans le Doubs

L'équipementier automobile américain Flex’N'Gate évoquait la crise du Covid-19 pour justifier le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) qu’il voulait mettre en oeuvre principalement à Audincourt, dans le Pays de Montbéliard (Doubs). Le projet annoncé en juillet prévoyait 48 suppressions de postes, principalemnt de cadres, sur un effectif de 780 dans cette usine franc-comtoise de pare-chocs. Les sites de Burnhaupt-le-Haut, (Haut-Rhin) et de Marines (Val-d’Oise) étaient concernés respectivement par la suppression de 3 et 8 postes.
Mais ce PSE ne sera pas exécuté, conséquence d'un dialogue social rondement mené sous la houlette de l'UNSA (Union Nationale des Syndicats Autonomes) qui avait déja obtenu la réduction, fin juillet, le nombre de suppressions de postes à 35 à Audincourt. Le 31 août, 4 organisations syndicales sur 5 (sauf la CFDT) et la direction ont apposé leur signature sur un projet de réorganisation qui troque les licenciements contre de l'activité partielle de longue durée (APLD) pendant 24 mois. Ce dispositif financé en partie par l'Etat pour maintenir l'emploi après la crise du Covid permet aux salariés de toucher une rémunération à 84% du salaire net.
Les syndicats ont aussi plaidé avec succès le gel provisoire de l’intéressement, et non plus sa suppression, jusqu’à la fin de 2021. C.P.
• Le fabricant finlandais de grues Konecranes supprime 142 emplois en Saône-et-Loire

Le 20 juillet, une majorité des salariés du fabricant de grues mobiles Konecranes, à Saint-Vallier (Saône-et-Loire), a adopté un plan social actant la suppression de 116 emplois sur 142. Seule une activité de pièces détachées va subsister.
Avant le vote du plan social, le préfet de Saône-et-Loire Jérôme Gutton avait, dans un communiqué daté du 6 juillet, appelé solennellement le groupe finlandais qui avait repris le site à Terex en 2017 « à sauvegarder l’activité et laisser prospérer les chances d’une reprise. »
Il avait également indiqué avoir saisi le procureur de la République de Chalon-sur-Saône car Konecranes n'a procédé à aucune recherche de repreneur, ce qui est contraire à la loi dite Florange, alors que sa décision remontait au mois de février 2020. Selon le syndicat Sud industrie, la fabrication est délocalisée en Chine. C.P.
Tryba Energy, société détenue par le fondateur du fabricant de portes, fenêtres et volets du même nom, a annoncé cet été son projet d’une centrale photovoltaïque à Réguisheim (Haut-Rhin). La commune d’implantation se situe à quelques kilomètres de la centrale nucléaire de Fessenheim débranchée depuis le 30 juin, ce qui ne doit rien au hasard : le projet est lauréat de l’appel d’offres de la Commission de la régulation de l’énergie (CRE) visant à favoriser la transition énergétique du territoire de Fessenheim par la création de 300 mégawatts photovoltaïques alentour.
Le dossier de Tryba Energy porte sur une puissance de 21,28 MW pour la production annuelle de 26.600 mégawattsheure, au moyen de 47.000 panneaux. Représentant 16 millions d’€ d’investissements pour une mise en service visée en 2022, il est réalisé en association avec l’allemand Badenova, énergéticien du Pays de Bade voisin, déjà actif de ce côté-ci du Rhin comme actionnaire du fournisseur d’énergie de la région de Guebwiller (Haut-Rhin), Caléo.
Au titre de l’après-Fessenheim, trois autres projets photovoltaïques sont en gestation, dont deux sous l’égide du groupe Engie et de l’énergéticien de Colmar Vialis. M.N.
• Des vendanges précoces dans tous les vignobles de Bourgogne-Franché et du Grand Est

En Bourgogne, on n’avait pas vu cela depuis 2003, le fameux été caniculaire. Les vendanges ont démarré dès le 13 août dans le sud du vignoble, le Mâconnais et peu de temps après, dans les vignes à crémant. Les premières observations font état d’un résultat hétérogène, certains raisins ayant grillé sous le soleil parfois sur une même grappe, constate le Bureau Interprofessionnel du Vin de Bourgogne (BIVB). Mais poursuit-il à mi-vendange, « il y a matière à un très beau millésime classique pour les vins rouges. » Pour les blancs, la profession ne se prononce pas encore. Moins précoces, les vendanges vont s’étaler sur un mois.
En Alsace aussi, les vendanges ont été précoces. Elles ont démarré le 24 août pour le crémant et commenceront le 3 septembre pour les vins tranquilles, soit entre neuf et onze jours plus tôt qu'en 2019, selon l’Association des viticuteurs d'Alsace (AVA). Dans son ensemble, le vignoble est sain avec un degré de maturité variable selon les terroirs.
Des postes de vendangeurs sont encore disponibles sur le site de Pôle Emploi. En Côte-d’Or, dans l’Aube et en Haute-Marne, les bénéficiaires du RSA peuvent cumuler leur salaire de vendangeur et leur allocation de solidarité.
Tandis que le débat sur les rendements est toujours ouvert en Alsace, loin de faire l’unanimité, en Champagne, viticulteurs et négociants ont trouvé un compromis le 18 août alors que démarraient les vendanges avec deux semaines d’avance sur la moyenne décennale. Le rendement 2020 est fixé à sur 8.000 kilos à l’hectare, ce qui représente un potentiel de 230 millions de bouteilles. Mais surtout, les opérateurs se sont mis d’accord sur un principe de tirage et de rémunération en fonction des performances constatées sur les marchés en 2020.
Pour ne pas alourdir les stocks du négoce (80% des ventes), une partie du rendement de la future vendange sera tirable en bouteilles dès le 1er janvier 2021 et payable aux échéances habituelles. L’autre partie ne pourra être mise en bouteilles qu’à compter du 1er janvier 2022. Le paiement des volumes dont le tirage est reporté interviendra le 5 février 2022.
En raison de la crise sanitaire, la mévente de 100 millions de bouteilles de champagne, surtout à l’étranger, représente un manque à gagner de 1,7 milliard d’€ (à comparer avec le chiffre d’affaires record de 2019, 5,05 milliards d’€). C.P.
• La réorganisation juridique de Saint-Gobain PAM inquiète les syndicats

La direction de Saint-Gobain PAM à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle) a évoqué le 22 juillet en comité social et économique son projet de réorganisation juridique. L’entreprise qui emploie 2.000 personnes dans le Grand Est, envisage de filialiser son activité dans le secteur du bâtiment représentée par ses usines de Bayard (Haute-Marne) et de Telford (Royaume-Uni).
Cette branche serait dissociée de l’activité canalisations, le cœur de métier de Saint-Gobain PAM.
La fabrication de canalisation serait quant à elle réorganisée juridiquement par zones géographiques : Chine, Brésil, EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique). Les syndicats craignent une vente à la découpe de l’entreprise, dans un contexte où sa maison-mère, le groupe Saint-Gobain, ne fait pas mystère de sa recherche d’un « partenaire » pour son entité lorraine. P.B.





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