Fin de parcours pour le pôle de compétitivité Build & Connect du Grand Est. Le Lorrain Gris group reprend son homologue Laser Alsace Production. L’application de covoiturage Ynstant se développe à Nevers. L'Alsacien Technichauffe (génie climatique) racheté par le groupe Ceme. L'équipementier sanitaire Kramer vise les 50 millions d’euros. Depuis Dijon, Les Intrépides soignent les réseaux sociaux.
Grand Est
• Fin de parcours pour le pôle de compétitivité Build & Connect
Le pôle de compétitivité du Grand Est pour la construction Build & Connect cesse ses activités. Son président, Cédric Simonin, l’a annoncé dans un message aux 215 adhérents et autres partenaires extérieurs, dans le prolongement de la liquidation judiciaire de l’association porteuse, Fibres-Energivie le précédent nom d’affichage du pôle. Le jugement a été rendu le 27 février par le tribunal d’Epinal (Vosges). Situation rare, la fermeture d’un tel pôle de compétitivité résulte, selon Cédric Simonin, de la baisse combinée des trois ressources de Build & Connect. « Liée en particulier à la crise du BTP, elle a aboutit à ne plus pouvoir couvrir les charges », expose-t-il. Par rapport au budget annuel qui se situait « autour de 700 000 euros d’un exercice à l’autre », les contrats de R&D, suscités par les entreprises et qui pesaient 40 % ont diminué, de même que les subventions publiques. Le nombre d’adhérents, et leurs cotisations associées, n’avait baissé que de manière modérée par rapport aux 230 des dernières années.
« Nous avons pris une décision difficile, mais responsable : celle de dire stop. Il ne servait à rien de continuer à dépenser de l’argent public en l’absence de perspective de redressement dans les prochains mois », déclare Cédric Simonin. Une hypothèse de sauvetage aurait pu consister à intégrer Build & Connect à l’agence régionale d’innovation et développement Grand E-Nov, mais selon le président de Build & Connect, « elle n’était pas juridiquement réalisable », le pôle « relevant avant tout de l’Etat ». Celui-ci avait renouvelé sa labellisation à Build & Connect l’an dernier. Le pôle semblait toutefois à la recherche d’un second souffle, plusieurs de ses sujets de prédilection étant désormais passés dans le commun des entreprises comme la maquette numérique BIM ou la décarbonation du bâtiment. Et il avait du mal à se relancer après le départ en retraite, fin 2023, de son emblématique directeur général Jean-Luc Sadorge. La liquidation affecte un effectif de 13 salariés, Cédric Simonin identifie « trois-quatre reclassements » d’ores et déjà entrepris. M.Noyer
Grand Est
• Le Lorrain Gris group reprend son homologue Laser Alsace production

Le fabricant lorrain de rondelles techniques et composants mécaniques Gris group s’agrandit. L’entreprise basée à Lesménils (Meurthe-et-Moselle) vient d’annoncer l’acquisition de Laser Alsace Production (LAP), une PME de 30 salariés (8 millions de chiffre d’affaires en 2024) spécialisée en découpe laser et tôlerie pour les marchés de l’industrie, des travaux publics, ou encore du machinisme agricole. « Grâce à l'expertise de LAP, nous diversifions nos activités et renforçons notre position sur le marché », s’est félicité Gris group dans un communiqué. Les ateliers de LAP à Rosheim (Bas-Rhin) sont notamment dotés de machines lasers de découpe de tubes, de presses plieuses et de systèmes de soudure manuelle et robotisée.
Cette acquisition marque un premier pas dans la réalisation de l’objectif de Gris group de doubler son volume d’activité sur les cinq prochaines années à partir de 55 millions d'euros réalisés en 2024. L’entreprise de 260 salariés dirigée par Céline Gris avait réalisé une première opération de croissance externe en 2012, en rachetant la société Umformtechnik à Lisi Automotive (Territoire de Belfort). Cette acquisition lui avait notamment ouvert le marché allemand. La filiale implantée outre-Rhin compte aujourd’hui 100 salariés, tandis que le site de Lesménils emploie 160 personnes. P. Bohlinger
Bourgogne
• L’application de covoiturage Ynstant se développe à Nevers

Ynstant, réseau de covoiturage, compte plus de 1.300 inscrits depuis son démarrage au mois d’octobre. Lancelot Salomon, co-fondateur de la start-up se réjouit de cette implantation locale « Nous sommes très satisfaits de cette évolution et très contents de la rencontre avec Nevers Agglomération qui est très réactive et portée sur l’innovation », déclare-t-il. L’expérimentation a été mise en place en juin l’année dernière suite à un appel à projets lancé par l’Agence de l’innovation pour les transports et l’EIT Urban mobility en vue de créer un réseau de covoiturage dans l’agglomération nivernaise. L’EIT a soutenu le projet à hauteur de 50 000 €.
Créée en 2022 par Lancelot Salomon et Théophile Adenot, la start-up parisienne compte 10 salariés. Elle signe avec Nevers son deuxième contrat avec une collectivité, après le syndicat francilien des transports Ile-de-France mobilité.. À Nevers, Ynstant travaille avec le réseau de transport local Tanéo bien qu’aucune convention n’ait été signée entre eux. Tanéo habille l’extérieur de ses bus avec des informations sur la plateforme de covoiturage, tandis que Ynstant transmet des communications sur le réseau de bus. Ces avancées positives vont permettre à la start-up de faire progresser son offre en améliorant la messagerie interne et en sécurisant davantage les profils utilisateurs. Le prix du trajet actuellement à 3 euros fixe pourra être revu par la suite suivant la distance parcourue. L’algorithme et le matching passager suivant les trajets envisagés sont également en cours de réflexion. S. Dolidze
Technichauffe (génie climatique) racheté par le groupe Ceme
Le groupe français Ceme de génie électrique et climatique annonce l’acquisition de la PME alsacienne Technichauffe. Basée depuis 2007 à Benfeld (Bas-Rhin) où elle a été créée par Jean-Marie Lang, Technichauffe emploie 55 salariés pour un chiffre d’affaires réalisé de 14 millions d’euros en 2024. Cette croissance externe va permettre à Ceme « d’étendre notre couverture géographique en CVC (chauffage-climatisation-ventilation) sur l’Alsace et le Grand Est, régions où nous n’avions pas encore d’implantation sur ce métier », précise Jean de Vauxclairs, président de Ceme, dans un communiqué. Ce groupe d’un millier de salariés, résultant notamment de sept reprises depuis 2001, est par contre installé à Nancy pour le génie électrique, une prestation que sa nouvelle filiale alsacienne de génie climatique va ainsi pouvoir ajouter à son offre, relève son directeur général Laurent Lang. M. Noyer
Bourgogne-Franche-Comté et Grand Est
• L'équipementier sanitaire Kramer vise les 50 millions d’euros

L’objectif d’atteindre un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros dès 2026 est brandi par le groupe de mobilier sanitaire lorrain Kramer, à l’occasion de la présentation de son bilan 2024. Pour la société basée à Etain (Meuse), l’exercice dernier s’est soldé par un chiffre d’affaires de 36 millions d’euros globalement stable, la croissance de 5,5 % dans la robinetterie (sur un marché en recul de 6,4 % souligne la direction) contrastant avec la baisse de 6,7 % dans la céramique sanitaire (- 11,2 % pour le marché).
Cette seconde spécialité est celle dans laquelle évolue l’unité Jurassienne de Céramique Française de Damparis (Jura) résultant du rachat du site Jacob Delafon fin 2021. Sa maison-mère vise pour elle l’obtention du label Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV) déjà détenu par la filiale de robinetterie de luxe Horus en Alsace (chiffre d’affaires de 5 millions d’euros l’an dernier). Propriété de la famille dirigeante Rodriguez, Kramer emploie 180 personnes (200 visés en 2025) pour la production de 650.000 pièces de robinetterie et de 90.000 appareils sanitaires en 2024. M.Noyer
Bourgogne
• Depuis Dijon, Les Intrépides soignent les réseaux sociaux

Fondée en 2020 par Lucas Coignet qui a été rejoint en 2022 par Hugo Bulle, l’agence de communication Les Intrépides soigne les posts sur les réseaux sociaux. Active dès ses débuts sur LinkedIn et désormais également sur Instagram, l’agence accompagne les TPE-PME et les commerçants locaux dans leur communication globale. « Au départ, j’ai fait cela pour m’amuser pendant le Covid parce qu’on était enfermés chez nous. Je vendais des accessoires de sports en ligne », rappelle Lucas Coignet. Aujourd’hui, l'entreprise compte huit salariés et plus de 100 clients essentiellement en Bourgogne-Franche-Comté.
Quelques références des Intrépides : Instamania principalement pour le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, Linkcrew pour tous les dirigeants et les entreprises sur Linkedin, Shark la structure de création de contenus pour les réseaux sociaux qui fait notamment du « snack content », comprenez des créations de courtes vidéos incarnées la plupart du temps par les dirigeants ; et enfin le Studio, pour la création de moyenne et grosse production (site internet et pub TV, 3D, vidéo) mais aussi des logos et des chartes graphiques. « Notre ambition est d’être dans une croissance raisonnée et de développer notre pôle IA. Notre valeur ajoutée reste la capacité de marketing et les compétences profondes et ancrées avec toutes ces années d’expérience », estime le dirigeant-fondateur. D.Levy


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