Pour sa cinquième édition ces 26 et 27 novembre, Business Industries Dijon franchit un cap décisif et confirme son installation durable dans le paysage industriel régional, avec un nombre d'exposants en hausse, des préinscriptions en forte progression, et un salon qui, globalement, monte en gamme. Petit tour d'exposants lors de la première journée au parc des expositions.

Business Industries Dijon s'installe durablement dans le paysage industriel régional pour son édition 2025, la cinquième. « Le salon décolle vraiment, il est maintenant solidement inscrit dans le paysage dijonnais », constate Pierre Godfroy, directeur de la communication. Les signes de cette maturité ne manquent pas : près de 180 stands, soit une vingtaine de plus que l’an passé, un niveau d’investissement inédit dans l’embellissement du salon et des stands, avec une montée en gamme assumée, et pour la première fois, l’occupation intégrale du hall 2 du parc des expositions.

Côté fréquentation, la dynamique est tout aussi nette. Avec 500 préinscrits supplémentaires par rapport à 2024, l’organisateur espère franchir cette année le seuil des 3.000 visiteurs, contre 2.500 l’an dernier. Une progression qui s’explique aussi par l’enrichissement du programme, pensé pour attirer aussi bien les professionnels que les jeunes en quête d’orientation. Le salon s’appuie en effet sur l’implication forte d’OPCO 2i et de sa marque Avec l’Industrie, co-organisateurs du forum emploi. Au menu : job dating dédié aux candidats, ateliers pour les demandeurs d’emploi, et une journée entière consacrée aux scolaires dans le cadre du programme national de sensibilisation aux métiers industriels. Une façon d’ouvrir les portes d’un secteur qui recrute massivement mais reste parfois méconnu.

BF

Autre nouveauté stratégique : la refonte de la convention d’affaires, confiée à un nouveau prestataire et qui réunit cette année près de 60 acheteurs — dont huit représentants de Framatome, signe de l’intérêt croissant des grands donneurs d’ordre pour l’écosystème industriel régional. Enfin, Business Industries s’ouvre davantage aux technologies émergentes avec un vaste showroom robotique, co-organisé avec le cluster Robotics Valley. Plus de dix cellules en fonctionnement y illustrent les dernières avancées en automatisation, robotique et intégration de l’IA.

Un plateau TV assure la retransmission de tables rondes industrielles, © Arnaud Morel
Un plateau TV assure la retransmission de tables rondes industrielles, © Arnaud Morel

 

STI Genlis : un nouvel outil industriel pour accompagner l’électrification des équipements

Installée depuis le début de l’année 2024 dans son nouveau site de Genlis (Côte-d'Or), la société STI franchit un cap stratégique. L’entreprise, présidée par Denis Boulinier, a investi un bâtiment de 7.300 m² regroupant siège et unité de production. Conçu selon des standards exigeants en matière de performance énergétique et de responsabilité environnementale, le site illustre les ambitions industrielles de la PME. « Nous avons occupé cette nouvelle surface pour installer des process plus performants et accompagner l’électrification croissante des équipements », explique le dirigeant. L’enveloppe, estimée à 5 millions d’euros HT, a bénéficié à plus de 30 % du soutien de la Région Bourgogne–Franche-Comté et du fonds européen Feder.

Le bâtiment est doté de 786 panneaux photovoltaïques – de fabrication européenne. L’entreprise a également intégré des dispositifs de récupération des eaux et de réduction de son empreinte carbone, dans une logique globale de décarbonation. Cet investissement massif renforce l’attractivité de STI, qui voit affluer de nouveaux clients et revendique une capacité reconnue à industrialiser rapidement des produits complexes. « Nous avons démontré que nous étions capables de livrer nos clients, parfois de grosses usines, en temps et en heure, avec une qualité irréprochable », souligne Denis Boulinier, mettant en avant un travail étroit entre le bureau d’études et les équipes de production.

STI emploie aujourd’hui 45 salariés, dont près des deux tiers de femmes, un ratio atypique dans l’industrie. Certains parcours témoignent d’une politique de formation interne soutenue, à l’image d’une ancienne coiffeuse devenue cheffe de secteur câblage. Après une phase de stabilisation, le chiffre d’affaires 2025 devrait s’établir entre 6 et 7 millions d’euros. La société, qui intervient sur tout le territoire national et recrute en continu, entend accélérer l’an prochain, portée par la montée en puissance de ses nouveaux locaux et par la demande croissante liée à l’automatisation et à la robotisation des équipements. « Nos derniers investissements deviennent un élément déterminant dans le choix de nos clients. Nous sommes pleinement dans cette dynamique », conclut le président.

Denis Boulinier, STI Genlis, © Arnaud Morel
Denis Boulinier, président de STI Genlis, © Arnaud Morel

 

ARDPI : un scanner 3D sur mesure pour les environnements les plus contraints

 L’entreprise dijonnaise ARDPI, spécialisée depuis seize ans dans les machines spéciales de mesure et de contrôle, enrichit cette année son offre d’une innovation majeure : Evoscan, une brique technologique développée en interne et désormais intégrée à plusieurs de ses équipements. « Les industriels nous demandaient depuis longtemps une solution capable de scanner dans des environnements contraints. Aucun capteur du commerce ne répondait aux exigences de précision, d’encombrement ou de masse », explique Frédéric Badon, directeur général (ci-dessous). De cette demande est né un capteur de profilométrie entièrement sur mesure, associé à un algorithme de traitement de nuages de points permettant de générer un modèle 3D complet. L’Evoscan se compose d’un capteur optique, d’une mécanique adaptée aux contraintes opérationnelles et d’un boîtier de commande embarquant une licence logicielle propriétaire. Conçue pour intervenir dans les zones difficiles d’accès, cette technologie est aujourd’hui utilisée dans la métallurgie, le secteur de l’énergie ou encore le contrôle d’usure sur des pièces critiques. « Nous apportons une réponse sur mesure à des problèmes que personne n’arrive à résoudre avec des capteurs standards », résume le dirigeant.

Cessions aquisitions

ARDPI s’appuie sur un modèle original, renforcé depuis la création d’un groupe en 2021 structuré autour de quatre entités : ARDPI Ingénierie, cœur de métier historique, ainsi que les filiales ARDPI Biotech, ARDPI Energy et ARDPI Air & Security. La holding active, dirigée par Laurent Occhini et Frédéric Badon, regroupe les fonctions support – six personnes – et détient 100 % des sociétés opérationnelles. L’ensemble emploie aujourd’hui 30 salariés, au service d’une clientèle très diversifiée en France comme à l’international. Ce groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 4,8 millions d'euros en 2024, un niveau qui devrait être reconduit en 2025. Les recrutements se poursuivent « doucement mais sûrement », selon le directeur général, tandis qu’un projet immobilier est engagé pour réunir les activités actuellement réparties sur trois sites. L’entreprise cherche aujourd’hui un emplacement à Dijon pour accueillir ce futur bâtiment, dont la livraison est envisagée à l’horizon 2026-2027.

Frédéric Badon, ARDPI, © Arnaud Morel

 

Cecem : le « couteau suisse » industriel de Genlis mise sur l’ingénierie utile et sur mesure

 À Genlis (Côte-d'Or), la société Cecem cultive depuis 25 ans ans une philosophie simple : concevoir des machines sur mesure qui répondent à des besoins concrets, souvent là où aucune solution n’existe. Dirigée par Sébastien Collin, la SARL s’est imposée comme un partenaire de confiance pour les industriels en quête d’ergonomie et d’amélioration des conditions de travail. « Notre objectif est d’inventer des équipements utiles, simples, et qui améliorent le quotidien des opérateurs », résume le dirigeant. Avec cinq salariés et un chiffre d’affaires compris entre 600.000 euros et 1 million d’euros  d'un exercice à l'autre, Cecem intervient dans des secteurs très divers, même si la pharmacie – notamment Urgo – et l’agroalimentaire constituent deux pôles clients majeurs. L’entreprise revendique une approche pragmatique, axée davantage sur le confort des équipes que sur la seule productivité. « Les entreprises veulent garder leurs salariés : améliorer les postes de travail est devenu prioritaire », observe Sébastien Collin. Ce positionnement lui vaut une clientèle fidèle qui revient « parce que le travail est bien fait », essentiellement acquise par le bouche-à-oreille.

istratech

Cecem se définit volontiers comme le « couteau suisse de l’industrie. » L’entreprise conçoit entre 2 et 10 machines par an, souvent des projets complexes, et traite près de 200 affaires annuelles, du petit aménagement ponctuel à l’équipement complet. Elle intervient aussi sur des dispositifs sensibles, comme les bancs de test développés pour la SNCF afin de vérifier la conformité mécanique et sonore des avertisseurs de chantier. « Nous aidons souvent les clients à formuler leur cahier des charges. Et nous privilégions des solutions simples, là où de grandes structures complexifient pour vendre du SAV. Nous, au contraire, cherchons à le limiter », insiste le dirigeant. Adossée à un solide réseau de sous-traitants – chaudronneries, ateliers mécaniques et fournisseurs locaux –, la PME fait de la conception son cœur de métier. Elle réfléchit aujourd’hui à franchir un cap en développant de petites séries, seule voie pour sécuriser son activité dans la durée. Un recrutement est également envisagé dans ce cadre. « Notre force, c’est notre polyvalence et notre capacité à inventer utile. À présent, il nous faut consolider notre modèle tout en restant fidèles à cet esprit », estime Sébastien Collin.

Sébastien Collin, Cecem, © Arnaud Morel
Sébastien Collin, gérant de Cecem, © Arnaud Morel

 

Ardec Industries accélère sa diversification et investit dans ses sites francs-comtois

 À la tête du groupe Ardec Industries, qui fédère aujourd’hui sept filiales – six en Franche-Comté et une à Pau (Pyrénées-Atlantiques) – Éric Jeanningros poursuit une stratégie combinant croissance organique et acquisitions ciblées. « Notre enjeu majeur est la diversification, afin de réduire notre dépendance à l’automobile », explique le directeur général. Le groupe de 240 salariés pour un chiffre d'affaires annuel d'environ 40 millions d’euros affiche une légère croissance régulière portée par l’aéronautique et la défense, tandis que l’automobile – à la part encore proche de 40 % dans son activité – évolue plus modestement. « Nos usines sont implantées depuis quarante ans dans l’aéronautique et la défense. Cette continuité, associée à la modernisation de nos moyens de production, renforce notre capacité à saisir les marchés de demain », assure le dirigeant.

Ardec Industries, organisé en structure de sous-traitance industrielle, s’appuie sur un savoir-faire historique : l’usinage et la transformation de composants en décolletage, fraisage ou frappe à froid. Ses unités de production, parfois dédiées à la grande série, sont fortement automatisées, un choix stratégique permettant de rester compétitif face à l’Asie. Certaines filiales, comme Le Décolletage Jurassien ou APM, réalisent ainsi près de 80 % de leur production à l’international, contribuant à un taux global de 40 % d’exportations, principalement vers l’Europe, l’Amérique du Sud et les États-Unis.

L’année écoulée a été marquée par deux opérations structurantes : l’agrandissement de 1 800 m² du site Meca-Forging à Rioz (Haute-Saône), spécialisé dans la frappe à froid, et l’extension de 800 m² de Precijura à Champagnole. La diversification passe aussi par de nouveaux marchés : composants pour la cosmétique – notamment des lests pour bouchons de parfums –, innovations dans les broches, connectiques pour bornes de recharge électrique ou encore éléments destinés au bâtiment. « Dans ces trois secteurs, nous sommes sur des ruptures technologiques : des pièces auparavant fabriquées par d’autres procédés, que nous industrialisons grâce à Mecaforging », souligne Éric Jeanningros. Le recrutement constitue un autre enjeu majeur. Le groupe recherche en permanence notamment des conducteurs de machines en usinage ou en frappe à froid . 

Éric Jeanningros, ARDEC Industries, © Arnaud Morel
Éric Jeanningros, directeur général d'Ardec Industries, © Arnaud Morel

 

Selva renforce son ancrage industriel à Chalon-sur-Saône et anticipe une croissance soutenue

Sous-traitant historique de l’électronique professionnelle, Selva poursuit son développement en Bourgogne grâce à la montée en puissance de son site de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire). L’entreprise, qui conçoit et fabrique des cartes électroniques pour une large variété de secteurs – environnement, agriculture, automobile, médical ou encore défense – compte aujourd’hui 180 salariés répartis entre la ville de Saône-et-Loire et Vallet, près de Nantes, son site historique. « Nous sommes positionnés sur des marchés très divers, mais l’aéronautique représente un enjeu majeur, notamment grâce à notre certification EN 9100 », souligne Benjamin Cornu, commercial au sein du groupe depuis sept ans. Selva demeure une société familiale, détenue depuis quarante-cinq ans par la famille Poitevineau et dirigée par David Hériaud. Avec un chiffre d’affaires annuel d’environ 20 millions d’euros, elle enregistre une légère progression et affiche une visibilité solide pour les années 2026-2027. Sa clientèle est majoritairement française.

preventalis

Le site de Chalon, repris il y a douze ans, constitue un pôle stratégique pour les marchés de Bourgogne, Côte-d’Or et Auvergne–Rhône-Alpes. Il a été agrandi il y a deux ans, permettant à la PME de déployer de nouveaux moyens de câblage fortement robotisés, adaptés à la production de petites et moyennes séries. L’investissement a également amélioré le confort de travail des équipes, renforçant l’attractivité du site. « Nous assemblons l’ensemble des cartes que nous produisons et nous disposons d’expertises poussées en contrôle qualité, en tests et en intégration. De plus en plus de clients nous confient l’intégration complète de leurs cartes dans les appareils finis », précise Benjamin Cornu.

L’un des atouts différenciants de Selva reste son bureau d’études interne, capable de concevoir des cartes électroniques sur cahier des charges, un savoir-faire très recherché. L’entreprise déploie par ailleurs un effort important de formation à la norme IPC, qui fixe les critères d’acceptabilité des assemblages électroniques. Afin d’accompagner sa croissance, Selva a récemment créé un poste de chargé d’affaires, renforçant encore la proximité avec ses clients. 

Benjamin Cornu, commercial chez Selva, © Arnaud Morel
Benjamin Cornu, commercial chez Selva, © Arnaud Morel

Commentez !

Combien font "5 plus 8" ?