L’entreprise créée en 2015 par les groupes franc-comtois Ardec et Camelin tourne à plein régime. Meca-Forging vient d’agrandir les surfaces de son usine de Rioz et d’acquérir de nouvelles machines : une presse supplémentaire et des outils de reprise et usinage. Elle entretient ainsi un savoir-faire qui, pour certaines de ses composantes, est unique en Europe.


Meca-Forging, la société créée en 2015 par le groupe jurassien Ardec Industries (*) et son homologue bisontin Camelin Décolletage (**), est en train de se forger une belle réussite. Etabli à Rioz (Haute-Saône), ce sous-traitant spécialisé dans la frappe de pièces complexes a plus que doublé son chiffre d’affaires depuis 2020. « Nous sommes passés de 2,5 millions d’euros avant la crise sanitaire à un exercice qui devrait friser les 7 millions d’euros en 2024 », indique Jérôme Papy, le directeur du site.

Pour faire face à cette croissance spectaculaire, le bâtiment de 2.000 m2 construit il y a neuf ans par la société d’économie mixte Action 70 vient d’être agrandi de 1.750 m2. L’investissement, d’un montant de 4 millions d’euros, comprend également l’acquisition d’une troisième presse et de machines de reprise et d’usinage des pièces de frappe, comme des taraudeuses. Grâce à ces nouveaux moyens qui accroissent la productivité, l’usine de 28 salariés pourra bientôt arrêter de travailler le week-end.

 

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Le succès de leur filiale commune valide le choix des deux industriels franc-comtois qui l'ont fondée d’investir dans un métier extrêmement technique et très capitalistique. Cependant, il leur aura fallu être patients et constants dans leurs engagements financiers avant d’en récolter les fruits. Le rodage a en effet été long : « deux ans et demi de développement et de travail préalable ont été nécessaires sur les process et la matière première, constituée du fil bobine de gros diamètre », relate Jérôme Papy.

 

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Les productions de la PME sont principalement destinées à l'industrie automobile. © Laurent Cheviet


L’activité de Meca-Forging s’articule autour de deux presses de frappe de 220 tonnes. Au rythme de deux unités produites à la seconde, ces engins façonnent des pièces techniques grâce à l’agencement savant de plusieurs dizaines d’outils, élaborés en interne, ce qui rend leur réglage particulièrement complexe.

 

Alternative au décolletage

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Meca-Forging façonne des pièces complexes par des procédés de forgeage qui recourent notamment à une presse à mi-chaud exceptionnelle, elle ne connaît que quatre équivalents dans le monde. © Laurent Cheviet


Réservée au travail de l’acier ordinaire, la première machine fonctionne à froid. La seconde chauffe l’inox, matériau plus dur, à 400°C pour en faciliter la déformation. Installée en 2016, cette presse de frappe à mi-chaud était « à l’époque la première en Europe, souligne le dirigeant. Aujourd’hui, il n’y en a que cinq au monde. » Attendue fin octobre, la livraison d’une deuxième machine de ce type permettra d’assurer la continuité de la production inox en cas de problème et d’accélérer le développement de nouvelles références.

Une fois maîtrisé, ce forgeage offre une alternative à l’usinage par décolletage pour la fabrication en très gros volumes, à partir de 250.000 unités annuelles. La PME met en exergue les atouts des cadences de production, présentées comme « 10 à 20 fois supérieures », de l'économie de matière première (évaluée à 50 %) et d'une moindre consommation d’énergie (différentiel de 20 à 30 %). « Notre stratégie consiste à accompagner nos clients dans la transition de l’usinage vers la frappe sur des types de pièces que nous sommes les seuls à pouvoir industrialiser en Europe », explique Jérôme Papy.

 

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Le récent investissement de 4 millions d’euros comprend également l’acquisition d’une troisième presse et de machines de reprise et d’usinage des pièces de frappe, comme des taraudeuses. © Laurent Cheviet

 

Réalisant 70 % de son chiffre d’affaires à l’export, l’usine haut-saônoise travaille principalement pour l’industrie automobile, « de la Chine au Mexique. » Fournisseur de rang 2, le site de Rioz équipe les véhicules de dix constructeurs en supports de sonde pour les systèmes d’échappement ou en vis sans fin de sièges électriques. Meca-Forging, qui devrait livrer 20 millions d’unités cette année, a également mis au point des applications pour le secteur du bâtiment.

 

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Jérôme Papy, ci-dessus affairé au réglage d'une presse, dirige le site de 28 salariés. © Laurent Cheviet
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L'entreprise bénéficie de l'expertise et de la maîtrise technique des sociétés qui sont à son origine, Ardec Industries et Camelin Décolletage. © Laurent Cheviet


(*) Basé à Champagnole (Jura), le groupe Ardec Industries compte cinq autres filiales (Le Décolletage Jurassien, Précijura, Décolletage du Bas Jura, Microtec et APM). Il emploie au total 220 salariés pour un chiffre d’affaires de 38 millions d’euros en 2023.

(**) Installé à Besançon (Doubs), Camelin Décolletage Industries réunit 64 salariés pour un chiffre d’affaires de 23 millions d’euros, selon l’annuaire BFC Industries.

 

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